RécréationViande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

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Dou2
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Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par Dou2 » mar. 11 janv. 2011, 11:23

Petit prologue: grâce à un mélange action/burlesque/dialogues particulièrement bien équilibré, c'est probablement mon épisode préféré. J'espère que vous allez vous amuser en le lisant au moins autant que je me suis amusé à l'écrire... ;)

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Chapitre 9 : Boucherie !

Comme des idiots…
Ils se sont fait avoir comme des fichus débutants !
Délestés de leurs armes, Micheline et Bibi se tiennent debout au milieu du salon de Mirko, tenus en joue par quatre gugusses aux physiques surréalistes. Ils font face à un colosse triomphant qui s’est présenté comme étant une certain Grizzli et qui pérore en tripotant sa barbe broussailleuse de Viking:
- J’vais pas vous l’cacher : j’suis vachement déçu ! Notre employeur nous a fait tout un speech plus flippant que l’intégrale d’ « Alien » sur les terreurs qu’ont devait attraper et on s’retrouve à piéger trois crétins pires que les Charlots en Espagne.
- Il faut croire que même avec le plus créatif talent du monde, on ne peut pas éblouir son public à tous les coups, rétorque Micheline plus par réflexe que par réel intérêt mais surtout pleinement consciente du fait que tant qu’elle parle, elle est vivante.
- Tu fais bien de la ramener, la grosse vache ! Surtout toi ! Vu comment on m’avait bassiné avec la fameuse Fouine, je m’attendais à voir AU MOINS Nikita en personne ! Et keske j’trouve ?! Une barrique de graisse toute moche enfoncée dans une salopette comme le Jason de Vendredi XIII. T ‘aurais presque un air de famille avec Tenaille si on te rasait la boule, glousse le Monstre en désignant la Bird tondue et bodybuildés à l’air mauvais qui le flanque. Seule femme dans le groupe des Apaches, elle affiche piercings et tatouages immondes sur une carcasse rendue obscène par des muscles hypertrophiés la rendant à peine moins impressionnante que son monumental barbu de chef.
- T’es pas avare de comparatifs cinématographiques, le Biker ! lâche Bibi qui réfléchit au meilleur moyen de se débarrasser des cinq horreurs qui les entourent.
- Ouais le cinoche c’est mon truc. Tiens ben justement toi l’flingueur, vu ta réputation de terreur solitaire, je t’imaginais un peu à la Eastwood, tu vois ? Mais attention, période Spaghetti. Genre le grand sec nonchalant avec un regard mystérieux qui transpire pas alors que les autres ruissellent autour. Et j’vois quoi ? Un mélange entre Galabru jeune et un Tom Hanks du pauvre sans la lueur de talent dans l’œil qu’aurait abusé du pâté…
- Ca me désole de te décevoir à ce point pour notre première rencontre, gros sac ! répond Bibi. J’aurais su que t’étais cinéphile, j’aurais mis un chapeau et des bottes pis j’me serais remis à fumer le cigare. J’aurai aussi troquée mon soufflant devenu pour une fois trop moderne pour un gros six coups à l’ancienne. Histoire de trouer proprement ta face de cul.
- T’es un sacré comique, flingueur ! Et je t’accorde que t’en as quand même une sacré paire dans le froc à oser me causer comme tu l’fais alors que t’es du mauvais coté du calibre. Profites en bien paske ça risque de pas durer des masses…
- Ah non ?
- Héééé non. Vous connaissez notre spécialité, les amoureux ?
- Les critiques de film dans les Cahiers du Cinéma ? tente Micheline.
- Raté. Même si j’aurais bien aimé. Mais faut l’avouer, j’préfère mater les péloches que chroniquer à cause que j’écris moyen. Non en fait, notre truc, c’est la boucherie.
- Ca explique l’odeur de pieds de porc… nargue Bibi en s’adressant seulement à sa chérie sur un ton de confidence.
- T’es vraiment un rigolo mais tu devrais quand même un peu faire gaffe, Flingueur !!! sourit méchamment Grizzli en continuant de tripoter ses longs poils de menton. Donc pour en revenir à not’ propos, si un type veut qu’un autre type disparaisse très salement et que ça fasse bien peur aux autres, c’est nous qu’on appelle.
- Clair ! Je vois vos tronches débarquer, j’ai peur ! insiste Raoul malgré les yeux au ciel de Micheline qui commence à craindre une réaction déplaisante.
- Mais mieux qu’des mots : les preuves ! L’autre truc tout recroquevillé dans le coin là, c’est une œuvre à nous par exemple ! se marre le Monstre en désignant Mirko, apathique et tremblant dans son fauteuil. Attention, hein ! Là comme ça, on voit qu’une loque mais c’est trois jours de boulot à la pince et à la cisaille ! Quand on peut, on fait pas dans le moderne mais plutôt dans le médiéval ! Y a un coté artisanat qui motive plus avec une scie manuelle qu’un truc électrique…
- A part moi ! Mais c’est pas souvent qu’on me laisse jouer, précise l’espèce d’obèse improbable à la coupe mohican verte et orange qui se tient derrière le chef des Apaches et qui lance un petit signe de la main presqu’embarrassé à Bibi et Micheline.
Sapé de lambeaux de cuir épais et de morceaux de métal anarchiquement disposés sur son torse et ses jointures, il fait penser aux Punks qu’on trouvait dans les séries Z italiennes post Mad Max des années 80.
- Et vous êtes ? s’enquiert Bibi le sourcil dressé comme s’il s’agissait d’un recrutement d’entreprise.
- Tronçonneuse, M’sieur ! répond le Crêté, fièrement.
- Logique… cligne de l’œil Bibi, complice.
- Dîtes voir mon cher Grizzli, ça nourrit son homme votre petit Business? s’intéresse Micheline poliment.
- Y a des hauts et des bas, la Grosse, répond Grizzli. Mais quand on aime son métier, c’est pas facile de se recycler, tu vois… Et je sais de quoi j’parle : j’ai commencé comme équarrisseur sur des bœufs dans un abattoir des Vosges ! Mais c’était lassant, les bestioles. Les gens c’est bien plus motivant. Ca pleure et ça supplie, les gens !
- Heu… Grizzli ? interrompt un gigantesque noir sec comme un clou de charpentier.
- Ouais keskia, Hachoir ? T’vois pas que j’cause avec ces messieurs/dames là ?
- Ben c’est pour l’arabe avec ses pansements… On en fait quoi ?
- Ah ouais, l’arabe…
Grizzli se retourne vers Bibi.
- Dis donc, Flingueur, entre-nous, l’est pas un peu spécial ton pote ?
- M’en parle pas ! Mais c’est pas mon pote ! Je précise vu que tu m’as l’air un poil malcomprenant.
Le barbu repart de son rire gargantuesque puis s’adresse à ses camarades en souriant joyeusement :
- Sans rire les mecs, c’est pas la première fois qu’on trouve un gus à qui on braque trois calibres dessus et qui nous saute sur le chignon au lieu de lever les mains ? Il est drôlement courageux, l’Arbi !
- Vu le résultat, moi j’dirai qu’il est complètement abruti, murmure Bibi sur un ton de confidence étudié. Mais c’est toi qui tient le pétard…
- T’es vraiment trop, toi !!! explose encore de rire Grizzli. Pis finalement, t’as quand même un coté Eastwood. Bon pour la gueule c’est vraiment râpé, mais coté mec qui se la joue cool en toutes circonstances, t’assure des caisses.
- Seulement en face de loosers… grince le tueur au Magnum sans pour autant se départir de son sourire jovial.
- Ca va me faire de la peine quand on va te faire du mal. Sincèrement. J’pense que quelque part, je t’ai à la bonne. C’est con de se la faire arracher quand on a une langue aussi bien pendue, menace tout aussi jovialement le Viking à poils.
- T’auras qu’à te la faire greffer ensuite, ça te changera de ta langue de veau, gros sac !
- Et moi, Chef ? insiste Hachoir tout fébrile en se dandinant comme s’il souhaitait aller aux cabinets. Je fais quoi avec l’arabe, moi, Chef ?
- Rhaaa mais tu gonfles à la fin avec ton arabe, Hachoir, ***** ! Bon déjà, il est mort ou il est pas mort ?
- Ben il saigne partout de la tête et après le coup que tu lui as collé sur la cafetière, je dirai qu’il est mort.
- Bon ben alors s’il est mort, pourquoi donc que tu me fais chier ?
- Ben c’est des fois qu’il soit pas complètement mort, chef. Genre juste la tête canée mais le reste qui marche toujours. Comme les canards.
- Ecoute Hachoir, prends un peu les décisions !
- Quelle décision, chef ?
- Mais j’en sais rien moi… Fais un truc ! Tiens, t’as qu’à l’égorger ! De toute façon, il fait pas partie du contrat alors t’en fais bien ce que tu veux. Ou si tu veux donner dans le Gore, éventre-le. Mange-le même si ça t’amuse mais BORDEL, laisse-moi causer avec mon pote tranquillou ! Ah pis tiens, tant que tu y es, dépose donc Mirko dans sa chambre au passage : il me fait de la peine à être là, tout triste.
- Bon ben d’accord alors… repart Hachoir après avoir déposé le mutilé sur son épaule comme un sac à patates, visiblement encore plus ennuyé qu’à son arrivée.
- Attends Hachoir, beugle Sécateur, un petit maigrichon tondu et couvert de tatouages tribaux voire résolument nazis y compris sur le visage. Si on en mange des morceaux, je viens !!! Je peux, Grizzli ?
- Ouais mais je veux pas l’entendre gueuler s’il est pas claqué ! Vous le saignez d’abord avant de le bouffer. T’es pas chez mami ici, Séca, et y a sûrement des vioques qui pioncent vu le standing de la résidence alors tenez-vous correctement, ça changera !
- Ouais c’est promis, s’éclipse Sécateur, tout content.
- Des vrais gosses, sourit Grizzli à ses hôtes, ses grosses pattes d’assassin écartées devant lui. Faut les excuser…
- Penses-tu, rétorque Micheline. C’est communicatif autant de joie de vivre.
- Même mort, je ne suis pas convaincu que Farid soit super enthousiaste de voir débarquer ces deux là, s’interroge Bibi. Surtout que le deuxième souhaite le becter. Note qu’il est pas dégoûté le mec : croquer « la Pierrade » - même s’il est précuit - faut être quand même drôlement à la ramasse !!!
- Je confirme. C’est un peu le problème avec Sécateur… On voit bien qu’un mec assez givré pour se tatouer une Svastika sur le front a des idées assez radicales sur les choses. Holocaustiques, j’dirais !
- Sauf que ça se dit pas, précise Bibi, puriste.
- Ouais enfin ce que je veux dire c’est que lui et Tenaille, c’est des cons de fachos et que des fois c’est chiant dans l’travail. Mais attention ! Grand artiste avec son outil, le Séca ! Tiens, les doigts – pieds et mains – sur Mirko, c’est le petit Sécateur tout seul ! Pour la quéquette je suis plus trop certain. Je crois bien que c’est moi qui l’avais arrachée à la main mais je n’en donnerai pas ma bite à couper ! Ou alors celle de Mirko !!! s’esclaffe l’homme montagne.
- Très amusant, se force Micheline qui sait vivre.
- Quel gros débile ! balance Bibi, moins au fait des convenances.

* * * * * * *

Farid est allongé, immobile, dans la baignoire. Son crâne pisse encore un filet de sang suite au coup de crosse phénoménal qu’il a ramassé quand il a refusé de lever les mains devant les flingues des Apaches à peine la porte de l’appartement de Mirko franchie. Il ne bouge pas mais il écoute, essayant de dénombrer le nombre d’opposants présents à coté. Ces gros nuls ne sont pas les premiers à le laisser pour mort suite à un coup sur la calebasse. Il remercie une fois de plus son cousin Ali - paix à son âme pour cause de braquage mal terminé - qui l’avait poussé du plongeoir du cinq mètres à la Piscine municipale lorsqu’il était minot. La plaque d’acier qu’on lui avait alors collée dans le crâne pour remplacer ses os en bouillie lui a une fois de plus sauvé la vie. Peu enclin à la nostalgie, le Tunisien se lève enfin et fouille la pièce silencieusement en quête de ce qui pourrait bien lui servir d’arme dans cette fichue salle de bain.
Pas le moindre pétard dans les tiroirs !
Pas l’ombre d’une lame sous la vasque !
C’est fou ces touristes qui n’ont pas la prudence de positionner du matos dans chaque pièce quand même !
A part une grosse bombonne de parfum à demi remplie, il ne trouve rien de satisfaisant. Le Tunisien se demande pendant une seconde s’il a une chance de s’en tirer seul en se la jouant furtif jusqu’à la sortie mais le souvenir de ses frères massacrés dans l’entrepôt ballait la trop sage option. Tous ceux qui ont à faire de près ou de loin avec la tuerie de ses cousins doivent payer, point barre !
C’est avec cette pensée revancharde qu’il déverse puis étale avec application le shampoing et le bain moussant sur le carrelage de la pièce, affirme sa prise sur la bouteille de « sent-bon » et reprend sa place de gisant dans la baignoire en fermant les yeux.

* * * * * * *

Des hurlements affreux en provenance de la salle de bain retentissent soudain.
- Tiens l’est pô mort l’arabe ? s’étonne Grizzli. Houla mais je perds la main moi… Quand on voit le coup que je lui ai cloqué sur le citron, j’aurai juré que ses cheveux dansaient sur sa langue.
- C’est traître un bougnoule, chef ! pontifie cette mocheté aussi fachote que ferraillée de Tenaille.
- Je vous l’disais : des vrais gosses, reprend le Gigantesque. J’avais dit « en silence » mais on peut pas leur faire confiance. Je vais leur passer un sacré savon, vous pouvez me croire, dodeline de la tête Grizzli, paternaliste.
- Clair que tu peux pas laisser passer ça après les avoir prévenu. C’est important l’éducation ! confirme Bibi qui commence à sérieusement s’inquiéter en voyant Micheline qui perd un peu plus pied à mesure que le temps passe.
Il regarde fébrilement une nouvelle fois autour de lui ce qui pourrait bien lui servir à s’extirper de ce traquenard.

* * * * * * *

- Qui est le con qui a foutu cette ***** par terre, meugle Hachoir qui s’étale de tout son long comme un vilaine faucheux noir sur le carrelage de la salle de bain à peine la porte franchie.
- Vu la tronche du bicot, c’est pas lui qu’a joué les femmes de ménage négligentes, gros maladroit, se moque Sécateur en refermant la porte doucement et en approchant avec précaution de la baignoire aspergée de trainées pourpres gluantes.
- Tu pourrais m’aider à me relever quand même, sale nain chauve ! grogne Hachoir qui ne parvient pas à se redresser et n’en finit pas de patauger maladroitement dans la mélasse parfumée.
- Démerde-toi, face de charbon ! D’toute façon zêtes bien des Singes tiens, vous autres, les blackos ! On vous laisse deux secondes et on vous retrouve à quatre pattes !!! C’est dans les gènes…
- J’en ai marre de tes blagues racistes, Sécateur. Un de ces jours Grizzli sera pas là pour te tenir la main et je vous crèverai, toi et ta pouffiasse nazie aux piercings.
- Ben pourquoi attendre, Bamboula, se retourne le skinhead, un rictus réjoui sur le visage et un couteau à découper à la main.
- Fais pas l’andouille, je… je déconnais, balbutie le grand noir toujours déséquilibré, une main tremblante levée et les yeux écarquillés de trouille.
- Moi j’déconnais pas !!! répond le facho en souriant sadiquement, prêt à frapper.
Vu la tournure inespérée prise par les évènements, n’importe qui saisirait l’opportunité de simplifier le problème en cours en laissant les deux hommes s’étriper avant d’intervenir. Pas Farid qui se lève comme un diable de sa baignoire et envoie le gros flacon de parfum exploser droit dans la figure de Hachoir. Aveuglé par l’alcool et fou de douleur, le noir aggrave les atroces blessures causées par le verre planté dans son visage en tentant de frotter ses yeux brûlés.
Eberlué, Sécateur le tondu perd une seconde capitale à contempler le carnage. Lorsqu’il se retourne, une vision de cauchemar pissant l’écarlate de la tête comme un geyser se jette sur lui, bouche ouverte et toutes ses rares dents dehors, cherchant sa gorge avec un rugissement de bête enragée.

* * * * * * *

Un chérubin étourdi passe dans le salon tandis que les hurlements vont crescendo, soutenus par des bruits de saccage plus qu’inquiétants. Une dizaine de secondes plus tard, un silence relatif et lourd de sens sonne comme un glas définitif. Micheline regarde Bibi comme une noyée.
- Bon, se calme Grizzli. C’est pas le tout mais maintenant que le cas de vot’ pote est réglé, va peut être falloir qu’on abrège…
- Ah ? s’étonne Bibi. On nous massacre pas nous ?
- Ben non malheureusement, s’attriste le Monstre. Vous foutez une telle trouille à notre employeur qu’il a bien insisté pour qu’on vous descende vite fait sur place. J’aurai même pas du vous causer mais c’est pas tous les jours qu’on tombe sur des gens sympathiques.
- Mince… Bon ben je devrais seulement te croire sur parole alors concernant tes talents.
- J’en suis le premier navré, flingueur ! Je suis certain qu’tu nous aurais pas déçus…
- C’est toi et tes potes qu’allez pas être déçus si vous lâchez pas vos arquebuses tout d’suite, Chewbacca! hurle Farid à l’entrée du salon.
Tous les regards se posent sur le Tunisien qu’on croirait tout droit revenu de l’Enfer avec le raisiné qui lui coule toujours sur le visage et un gros pansement sale qui pend sur sa joue déchiquetée. Il tient le grand Hachoir gémissant dont le visage n’est plus qu’une plaie lacérée devant lui comme un bouclier, la lame effilée confisquée à Sécateur passée sous sa gorge.
La surprise passée, l’ensemble des personnes présentent dans la pièce se regarde et se jauge, immobile et silencieux. C’est quand il entend « Police ! On se fixe !!! » que Grizzli sort le premier du mode « pause » en levant son fusil à canons sciés pour le pointer sur l’entrée de l’appartement.

* * * * * * *

- NON MAIS C’EST PAS VRAI !!! QUI PEUT BIEN ÊTRE ASSEZ ABRUTI POUR FAIRE DES SOMMATIONS AVEC CES MECS LA ??? hurle Greg le Deg’ dans son micro perso. Vous voulez pas leur faire livrer des fleurs et des nougats non plus ?
Une détonation assourdissante lui répond suivie double hurlement de douleur et d’un lamentable « Un homme à terre !!! ». Le tympan trop douloureusement mis à contribution, Marmand retire prestement son écouteur et se retourne vers Morelli, agacé :
- Dire qu’on avait progressé sans embrouille jusqu’ici et que tous les accès étaient sécurisés. Y avait plus qu’à les descendre bien tranquillement et il a fallu qu’un crétin se croit dans Navarro. Franchement, c’est moi ou c’est une journée de *****, Antoine ?
- Un peu des deux je suppose. T’as reconnu la voix au fait ?
- Me dit pas que c’était de Guérinand, putain !
- Qui d’autre… ?
- S’il s’en sort, je le bute cette fois !!!

* * * * * * *

Debout et totalement à découvert, Grizzli recharge tranquillement son canon-scié comme si les hommes du RAID étaient de minables insectes. Plus prudente, la musculeuse Tenaille s’est plaquée contre le mur du salon et arrose sporadiquement le couloir avec son Uzi sans se découvrir pendant que le gros Tronçonneuse rampe maladroitement derrière le canapé pour se placer face au couloir investi. En pleins milieu du salon, Hachoir - qui a eu la moitié de son Affro et un tiers ce qui lui restait de visage emporté par la décharge de plombs que le Barbu a déchargé sur les flics - se met à glapir comme un fou tandis que Farid – incrédule d’être encore entier – se laisse tomber à genoux derrière lui. Bibi et Micheline sont relégués au second plan des priorités et les inimitiés entre crapules se sont naturellement envolées avec l’arrivée de l’ennemi commun : le flic.

* * * * * * *

Les deux commandos du RAID qui s’étaient glissés dans le couloir central de l’appartement tentent de tirer à eux leur crétin d’officier abattu par Grizzli. En même temps, le capitaine Ricard couvre l’ouverture du salon de la porte d’entrée et riposte aux rafales de pistolet mitrailleur qui sont tirés du côté gauche de la pièce.
Le rouquin est bien ennuyé : juste dans l’encadrement du salon, il distingue un petit mec tout sanguinolent du scalp planqué derrière une espèce d’immense noir rachitique à la coupe de tifs surréaliste. Les deux sont de dos, immobiles, et le capitaine, après une brève hésitation, ne peut se résoudre à les flinguer sans avoir au préalable déterminé de qui il s’agissait.
D’abord sortir la carcasse de ce ***[censure auto terme diffamatoire]*** de Guérinand de là !
De toute façon, les cibles sont piégées comme des rats et le temps joue pour son camp.
Il se dit que les choses vont salement se gâter quand il entend les cow-boys de l’Anti-gang rappliquer dans le couloir extérieur avec la grâce et la discrétion d’un troupeau d’éléphants. Au risque de se prendre une balle, il cesse de couvrir le couloir, met son HK MP5 en bandoulière et aide de son mieux ses deux hommes à tracter le blessé en dehors du couloir mortel, espérant y parvenir avant que les tarés du commissaire Marmand ne se déchaînent.
Il y est presque parvenu quand un « FEU !!! » définitif rugit par Greg le Deg’ déchire son écouteur.

* * * * * * *

Farid a l’impression d’être une tranche de jambon dans un sandwich. Outre l’aspect incongru de la comparaison considérant sa confession, il trouve la position très inconfortable et carrément antinomique avec ses désirs de vivre très vieux et très longtemps. Il fait aller ses yeux de hérisson pris dans les phares d’une bagnole sur une route de campagne dans tous les sens. Ca va péter pour ses miches, c’est certain ! Les flics qui viennent d’arriver défouraillent à tout va et n’ont probablement rien à envier aux cintrés qui les ont piégés. S’il bouge un orteil avant le bon moment, il est évident que ce sera son dernier. Il hésite encore, agité comme une girouette en pleine bourrasque. Heureusement, le cri qui retentit du coté des flics est sans équivoque : c’est maintenant ou jamais !
En un instant, le Tunisien fait pivoter ce qu’il reste du pauvre Hachoir toujours gémissant et miraculeusement encore debout face aux policiers. Il a le temps de distinguer un groupe saboulé comme des commandos qui tentent de franchir le pas-de-porte de l’appartement en tirant à eux l’homme qui a probablement ramassé le peu de mitraille que Grizzli n’a pas collé dans la trombine de Hachoir. Son cul au moins partiellement couvert coté flicaille, Farid plonge derrière le canapé le plus proche, percutant en pleine figure Tronçonneuse qui s’y était abrité et allait se relever. Il n’a pas encore terminé de souffler les bougies que la collision lui a allumées sous le chapeau que les six membres de l’Anti-Gang – pieds écartés et les deux bras tendus comme à l’entraînement - balancent la purée.
Le pauvre noir gémissant et défiguré toujours connement planté comme un radis au milieu du salon est la première cible logique et il ramasse toute la mise : Hachoir le bien nommé est haché sur pied ! Les flics envoient tout ce qu’ils ont et c’est l’impact des balles qui n’en finissent pas de transpercer son corps qui le tient debout comme un pantin ridicule.
Un dernier percuteur claquant à vide indique enfin à tout le monde que le premier acte vient de s’achever. L’étouffant nuage de cordite noie le couloir et plane jusque dans l’appartement, masquant les adversaires les uns aux autres, et un silence de mort s’abat sur le champ de bataille après que Hachoir - rebaptisé « Passoire » pour l’occasion - se soit avachi par terre dans un dernier bruit mouillé et flasque.

* * * * * * *

- Faut se tirer de là, puce ! murmure Bibi à Micheline en la tirant par le bras.
- C’est foutu mon grand ! De toute façon je ne suis plus bonne à rien, pleure t’elle doucement. La légendaire « Fouine », renifle la grosse de plus belle en souriant tristement, non mais tu parles d’une plaisanterie : je me suis pissée dessus de trouille quand ils ont commencé à tirer.
- Ben comme ça tu pleureras moins, répond sèchement le Tueur avec pour objectif de faire réagir sa chérie qu’il sent vraiment mal partie.
Il se mord les lèvres en constant que sa saillie n’a eu pour effet que d’aggraver les choses : elle n’a plus l’air désespérée mais dévastée. Le Tueur au Magnum l’attrape par les épaules puis gronde sourdement :
- Puce, on va pas crever ici comme des rats après tout ce qu’on a traversé, tu m’entends ! Il doit y avoir un moyen de s’échapper ! Y a toujours un moyen !!!
- Laisse-moi ici, Bibi… gémit la pauvre chose en détournant le regard pour pleurer à chaudes larmes. Je suis grosse, je suis moche et je suis fatiguée… J’ai tenté d’y croire mais Catherine Régeant n’existe plus et elle ne reviendra jamais. Permets-moi juste de me reposer enfin.
- Mais qu’est ce que tu dégoises ? Qu’est ce que j’en ai à battre de Catherine Régeant, moi ? Ma femme c’est Micheline Beauregard. Je sais que c’est pas franchement un top model mais c’est la femme que j’aime depuis cinq ans alors tu vas lever ton putain de gros cul flasque et on va sortir d’ici ou claquer en essayant, rugit Bibi avec hargne en cherchant désespérément des yeux de quoi pouvoir contre-attaquer enfin.
Comme s’il lisait dans ses pensées, le velu Grizzli l’apostrophe alors :
- Flingueur ! Je m’étais pas trompé de beaucoup sur ta carrière cinématographique finalement : t’as bien un coté Eastwood !!! Par contre, c’était pas la période « Spaghetti » mais « Dirty Harry » ! Rien que pour ça, tu mérites de tenter une sortie ou au moins de crever un pétard à la main ! Prends ça et bonne chance… Clint ! termine-t-il en lui lançant son 44.
- Qu’est ce qu’il débloque encore de timbré, maugrée Raoul en chopant le soufflant au vol pour vérifier le barillet alors que l’enfer se déchaîne une fois de plus de part et d’autre. Tu parles d’un moment pour causer cinoche franchement !!!
- Harry… annone Micheline joyeusement, visiblement un peu barrée. Ca sonne bien… Mais faut faire attention au nom derrière, hein monj chéri ! Faut éviter Harry Cover !!! ricane-t-elle stupidement.
- Ah ben nous voilà bien, elle a pété un fusible ! se lamente le Tueur. Déjà que c’était pas gagné avant mais là, ça va donner si je dois en plus me trimballer un boulet qui débloque ! Reprends-toi, Micheline, ***** !!! rugit Bibi.
- Oui Harry, sourit bêtement la Grosse. Harry Krishna !!! explose-t-elle de rire dans la foulée.
- Oh purée, c’est pas gagné, c’est pas gagné… se lamente l’offensé.

* * * * * * *

- Il est mort ? demande Marmand à Christian Ricard penché sur le commandant de Guérinand allongée sur le pallier intermédiaire de l’escalier.
- Non…
- C’est bien dommage, peste le mauvais. Vilaine blessure au moins ?
- Ben… je crois qu’en fait il s’est simplement évanoui quand la décharge a frappé son gilet, commissaire…
- Ca sent dégueu ! Il doit être touché au ventre, les intestins à l’air !
- Non le Kevlar est intact. Et pour l’odeur, jJe pense qu’il a chié dans son froc.
- Tombé au champ d’honneur pour cause de trouillomètre à zéro avec la crotte au fion, explose de rire Morelli. Il nous aura tout fait le Noble. Pourtant après le coup du fauteuil roulant, c’était un sacré challenge !!!
- Y a de la chance que pour la racaille, crache Marmand dégoutté. Bon les gars, va falloir jouer serré : on ne pourra pas atteindre le salon de front alors on va y aller graduellement. Il y a deux pièces latérales dans ce couloir. Mat et moi on prend celle de gauche, Morelli et Léo vous prenez à droite. Ricard, toi et tes gars vous nous couvrez du pallier et le dernier binôme reste en réserve. Une fois qu’on a sécurisé les pièces, on couvre les lattérales du salon et vous plombez tout ce que vous trouvez en face, ok ?
- Ok ! répondent les hommes présents, le visage tendu.
- Ricard, avant de shooter, entamez donc un petit dialogue avec ces ordures que ça les occupe le temps qu’on progresse un peu...

* * * * * * *

- Ben qu’est ce qu’elle a à se marrer comme çà, la Bonbonne ? J’ai raté un truc ? demande Farid qui a enfin réussi à ramper jusqu’au couple prostré.
- Elle déprime… se lamente Bibi.
- Ah bon ? demande le Tunisien surpris. Ben pourquoi donc ? Tu lui as encore dit un truc qu’il fallait pas ?
Bibi regarde son meilleur ennemi comme s’il débarquait d’une autre dimension.
- Non mais t’es vraiment un taré, « la Pierrade »… Y a pas une minute on était à deux doigts d’y passer en étant découpés vivants par une bande de bouchers cannibales, maintenant une armée de flic campe devant l’unique porte de sortie de ce foutu d’appartement et toi tu me demandes ce qui déprime ma nana ? Il a du taper drôlement fort sur ton crâne de piaf, le Grizzli !
- Hé oh calmos hein, j’y suis pour rien moi ! Pis remarque, elle a la déprime sympa la copine ! Si ça la fait bidonner, c’est déjà ça ! Ah tiens… Qu’est ce qu’elle dégoise ? Aristocrate… ?
- Harry Stocrate ! Elle fait des jeux de mots amusants… Laisse tomber, ça l’occupe !
- C’est drôle ça, Ari Stocrate ? Tu m’expliques, dis ! Moi j’aime bien me marrer aussi !
- T’es vraiment un maboule, toi ! Je te dis qu’elle craque et que c’est pour ça qu’elle dit des trucs débiles et toi tu te préoccupes uniquement de comprendre les gags de madame la comique alors qu’on va caner comme des nuls ?!
- Faut pas t’exciter comme ça, mon pote ! se marre le Tunisien. Je sais déjà comment on va partir d’ici, t’inquiète !
- Ah oui ? On va aller sur le balcon et attendre qu’une paire d’ailes nous pousse dans la rondelle pour s’envoler peut être ?
- Hé t’sais qu’t’es pas loin du compte, Bibi… sourit le sanglant de la tête en voyant Raoul rester comiquement la bouche ouverte de stupeur. Bon puisque notre sortie c’est réglé et que tu veux pas me dire pour Aristocrate, reprend il sur un ton de confidence, tu peux m’expliquer un autre trucs steuplé : pourquoi le grand tatoué avec la barbe d’homme préhistorique il t’appelle Clint ?!

* * * * * * *

- Vous êtes cernés ! Rendez-vous sans résistance et il ne vous sera fait aucun mal, lance le capitaine Ricard pendant que les gars de la BRI avancent dans le couloir en silence.
- Tu peux me promettre que j’irai pas en cabane si je me rends, poulet ? demande le monstrueux Grizzli d’un ton suppliant, gagnant lui aussi du temps pour que Tronçonneuse - qui sort enfin du potage suite au coup de boule accidentel de Farid – reprenne sa position.
- Heu… Ben non ! répond le capitaine estomaqué. Mais je vous garantie que le juge en tiendra compte.
- M’en fous, du juge ! Je veux pas aller en prison. Si je dis que regrette et que je le ferai plus, c’est bon ? Je suis même prêt à signer un papier !
- Il est vraiment cintré ou il se moque de moi ?! demande l’officier du RAID à ses gars tout aussi surpris que lui.
- Et pis la taule c’est mauvais pour le teint continue Grizzli. Et pour les fesses aussi à ce qu’il paraît. Et moi j’ai des hémorroïdes alors je suis pas trop chaud.
- Mais il se fout de ma gueule cet enfoiré, hallucine Ricard en regardant ses gars qui ont du mal à garder leur sérieux.
- Il prépare un truc, mon capitaine… commence un des Ninjas en resserrant nerveusement ses doigts sur son arme.
- Tiens-toi tranquille, les cow-boys y sont presque…
Les deux équipes viennent en effet d’atteindre leurs objectifs respectifs sans encombre quand des coups de feu éclatent en provenance des deux pièces investies à peine les portes refermées. Immédiatement, Grizzli et ses groupies se joignent à la fête en tirant à l’aveuglette dans le couloir vide, aussitôt relayés par les policiers du RAID restés en couverture.
- Mais qu’est ce qu’ils fichent là dedans ces imbéciles de Cow-boys, bon sang !!! s’énerve le capitaine des Ninjas en retirant son chargeur vide. Heureusement qu’on avait dit qu’il fallait y aller en douceur sinon qu’est ce que ce serait !!!

* * * * * * *

- Mince… s’étrangle l’inspecteur Léonard Capron en regardant son supérieur avec angoisse. Je… je l’ai…
- Je crois qu’il n’a rien, Léo ! sourit Morelli en vérifiant le palpitant de Mirko le mutilé qui tente de ridiculiser un solo de batterie de death-metal.
- Ne me tuez pas !!! gémit l’infirme.
- Cool mon gars, le rassure Capron qui n’en revient pas d’avoir vidé son chargeur autour de la tête du mec sans le blesser. C’est que tu m’as foutu une trouille de tous les diables quand tu t’es redressé dans le pieu avec ton tire-bouchon à la place des pognes et tes lunettes genre « l’Aveu ». Calme toi, bonhomme : on est de la police ! achève-t-il sur un ton d’excuse.
- C’est vous Mirko Rachac ? demande Morelli. Le propriétaire de cet appartement qui nous a fait prévenir par l’infirmière ?
- Oui c’est moi…
- Combien sont-ils là dedans, monsieur Rachac ?
- Je ne sais plus très bien. Il y a un gang, celui de Grizzli et ses Apaches. Ils étaient cinq quand ils m’ont agressé, j’en suis certain. Mais ensuite ça s’est compliqué avec l’arrivée de « la Fouine » et de ses amis. C’est devenu assez confus… Et je crois qu’il y a eu des gens blessés dans la salle de bain.
- Gaffe dans la salle de bain ! tonne Antoine Morelli dans son micro. Il y a peut être des blessés dans la pièce.
- Heu… ben c’est un blessé un peu mort qu’on aurait plutôt maintenant, répond le commissaire Grégoire Marmand d’une petite voix gênée.
- Ah… s’étonne Morelli. Puis se retournant vers Capron. C’est le problème avec Greg tu vois Léo : même surpris, il a l’instinct mauvais. Il a dû sécher le blessé.
- Hé oh ! Il était déjà tout esquinté avant, s’excuse Marmand dans l’oreillette. Ces salauds ont du le faire partiellement manger par une bestiole enragée qui lui a dévoré la face. En plus, j’ai pas fait exprès, franchement. Je rentre dans la pièce mais un con avait balancé du shampoing sur le carrelage alors je me casse la gueule juste quand l’autre mâchouillé tout tondu sort de la baignoire en gémissant comme Dracula. C’était un genre de tir réflexe, quoi…
- Tu m’étonnes ! renchérit Mat la Batte. Cette toute bloody face, ça surprend. Comment il m’a fait peur aussi, les Boyz !!! Salement mal en point, le Poor Guy ! Bon, les deux valdas qu’on lui a collé dans le Body ont pas du l’arranger, Hell…
- Dîtes les gars, quand vous aurez fini de raconter votre vie, vous nous donnerez peut être un tir de soutien ?! raille Ricard. Je vous rappelle gentiment qu’il y a un groupe de crétins à l’entrée du couloir – j’ajoute que je parle de moi et de mes gars pour ceux qui ne suivaient plus - qui en a ras le casque de se faire sulfater par les méchants, là !
- Pardon le Ninja, glousse Marmand. Bon au « go » on fait comme on a dit : on ouvre les lourdes et on sécurise les cotés opposés du salon pendant que vous donnez tout ce que vous avez du couloir !
- J’espère que le bloody Dog qu’a bouffé le Skin est pas dans la room avec les autres types, moi ! s’inquiète Mat. Il doit être hypra BIIIG pour avoir arrangé le Poor Guy comme ça !!!
- ‘Tain mais y a personne qui va lui dire de SHUTER sa FUCKIN MOUTH à l’autre truffon Vandammien ??? craque le Rouquin du RAID.

* * * * * * *

- C’est trop calme, balance justement le faux chien mangeur de Skinhead à Bibi pendant qu’il tente de redresser une Micheline hilare qui vient juste de terminer Harry Zona et embraye joyeusement sur Harry Tmétique.
- Tu te rends quand même compte que ton plan est complètement débile, Farid ? Si on se lance dans un délire pareil, on va y rester !!! renâcle le Flingueur.
- Si t’as une meilleure idée, je suis preneur gros malin ! rétorque « la Pierrade » en ouvrant la baie vitrée et en passant sur le balcon.
- Un saut de quatre étages dans une piscine de résidence, ça va pas le faire !!! insiste le Tueur au Magnum.
- Ah ben c’est sûr que si tu lances la Grosse avant nous, y aura plus de flotte quand on arrivera, c’est certain, se gondole l’idiot en enjambant le parapet. Oh mince, c’est vrai que c’est tout p’tit vu d’ici !!! glousse l’acrobate. En fin d’compte, j’propose que tu devrais balancer la baleine avant : on a plus de chances de s’en sortir en atterrissant sur son gros bide !

* * * * * * *

Juste au moment où le lieutenant Léo Capron ouvre la porte de la chambre de Mirko, Tenaille la skin repasse le Uzi en direction du couloir histoire de remettre une petite giclée en traître. Le commissaire Morelli lui fait exploser la main et elle s’effondre en hurlant.
Pas avares sur les rafales, Ricard et les hommes du RAID lancent le tir de couverture. C’est un déluge de feu qui s’abat dans le salon, contraignant Grizzli et Tronçonneuse à s’abriter. Profitant de l’aubaine, Greg et Mat se précipitent hors de la salle de bain et plongent dans le salon pour se retrouver respectivement derrière un fauteuil et une grosse Bibliothèque basse. Ils se relèvent au même moment que les deux malfrats embusqués, flingues pointés.
Pas du tout affecté, Grizzli affiche son éternel sourire de givré, la pointe de son fusil braquée sur la tête de Mat qui le tient lui même en joue avec son Sig-Sauer. Face à Tronçonneuse, Marmand pourrait être le frère jumeau de Grizzli tant il arbore le même rictus malsain que le biker.
- On fait quoi là, flicaille ? demande le gigantesque bandit sans lâcher des yeux Mat qui – sans pour autant baisser le regard - n’en mène pas large devant cette tronche de dingue.
- On se calme… répond Greg sans baisser son Manurhin pour autant.
- Keep cool, man, souffle Mat, les yeux toujours greffés à ceux du malfrat.
Les autres policiers arrivent à l’entrée de la pièce et se figent devant la scène avant de mettre à leur tour les deux vilains en joue.
- C’est moi ou y a comme une odeur d’abattoir ? ricane Grizzli.
- On va poser nos flingues tranquillement, commence Greg le Deg’. Personne n’a intérêt à ce que ça dégénère n’est ce pas ?
Grizzli sait quand les carottes sont cuites et il fait un léger signe de tête à Tronçonneuse. Les Flics et les crapules abaissent doucement leurs armes comme dans un ballet minutieusement répété.
On ne le saura jamais avec certitude mais c’est probablement le cri de joie de Farid - qui vient de plonger du balcon à la suite du couple maudit - qui déclenche l’apocalypse…

* * * * * * *

- Whao le méchant pied grave !!! exulte le Tunisien dégoulinant en sortant de la piscine à la surprise de la gentille famille de quadragénaires qui arrive au bord du bassin, la serviette sur l’épaule et le panier à la main.
- Tirons nous d’ici, répond Bibi en tractant derrière lui une Micheline souriant toujours stupidement et visiblement abasourdie d’être toujours en vie.
- Vous là bas !!! interpelle le père de famille grassouillet, les poings sur les hanches. Je vous mets fermement en garde : les plongeons sont interdits et l’activité de baignade est réservée aux propriétaires de la résidence seulement. Et puis qu’est ce que c’est que ces bruits de pétard, enfin ???
- Ouais pardon, m’sieur ! se gondole la Pierrade en s’éloignant. On visitait mais finalement on prend pas l’appart : les voisins sont vraiment trop bruyants, j’suis bien d’accord avec vous !
- Vous feriez mieux de partir avant que j’appelle la police, voyous ! menace le paon devant sa rombière admirative par cette virile démonstration d’autorité.
- Oh non m’sieur ! Pas la police !!! s’étrangle Farid, faussement outré.

* * * * * * *

Grizzli relève le double canon par pur réflexe et la double dose de chevrotine désintègre la tête de Mat la Batte au même moment où la balle de Marmand pénètre dans l’œil droit de Tronçonneuse. Tenaille, baignant dans une mare de sang, la main droite à moitié arrachée, se jette sur son Uzi de la gauche et le pointe sur les nouveaux arrivants. Il faut à Morelli et Capron une demi-douzaine de projectiles pour clouer définitivement l’acharnée au sol comme une vilaine araignée. Conscient que la dernière frontière vient d’être franchie avec la mort du flic, Grizzli fait pivoter son fusil à canon scié et le vide sur les nouveaux arrivants qui le mitraillent en retour à bout portant et l’épinglent sur le mur d’où il glisse lentement pareil à une éponge trouée imbibée de raisiné.
- Les autres s’échappent !!! hurle Ricard qui s’est précipité sur le balcon et a juste le temps de voir le trio miraculé disparaître. Lancez un appel radio à toutes les unités du secteur !
- Ca se tente… commence l’inspecteur Capron en enjambant la balustrade avant d’être retenu par Morelli.
- Y a assez de dégâts comme ça, Léo, murmure le Gominé en désignant tristement de la tête la forme prostrée dans le salon.
- Je suis navré, Mat, si tu savais combien je suis navré… sanglote le commissaire principal Grégoire Marmand en berçant doucement dans ses bras ce qu’il reste de celui qui était son seul ami depuis douze ans.

* * * * * * *

Prochain épisode : Un barbu, c’est un barbu ! Trois barbus…
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MISSFIT
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par MISSFIT » mar. 11 janv. 2011, 12:05

Extra!c'est pas trop mon style habituellement mais la je suis accro,hâte d'avoir la suite
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par lyzzye » mar. 11 janv. 2011, 13:09

Merci Dou², comme dab, me suis régalée!!!
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par Mac » mar. 11 janv. 2011, 14:57

Pas compris la vanne Harry Chrishna ????

J'ai raté un morceau où le moment où ils (Bibi et consort) arrivent dans l'appart n'a pas été rapporté ?
Phil

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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par Dou2 » mer. 12 janv. 2011, 14:28

"*****", Macc !
Une vanne, on la pige où pas !
Si on l'explique, c'est tout nul donc débrouille-toi :D

Tu n'as rien raté sinon: je marche par omission !
Certaines scènes sont racontées dans la suivante et si j’ai correctement rédigé l’ensemble, ça ne doit pas manquer.
Bon, te concernant à priori ça manque, mais vu que tu n‘as pas percuté sur la vanne, j’affirme que c’est toi qui a abusé de la binouse et puis voilà !
Nanmého !!! ;)
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par Mac » mer. 12 janv. 2011, 17:37

nan nan nan à ce moment-là j'avais abusé de rien du tout ! :lol:

Pour la vanne décidément je vois pas. :mrgreen:
Phil

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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par Dou2 » mer. 12 janv. 2011, 20:56

POCHETRON !!! :lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par zwell » jeu. 13 janv. 2011, 23:02

trop fort !! effectivement le meilleur de tous pour l'instant

et ça :

- Harry… annone Micheline joyeusement, visiblement un peu barrée. Ca sonne bien… Mais faut faire attention au nom derrière, hein monj chéri ! Faut éviter Harry Cover !!! ricane-t-elle stupidement.
- Ah ben nous voilà bien, elle a pété un fusible ! se lamente le Tueur. Déjà que c’était pas gagné avant mais là, ça va donner si je dois en plus me trimballer un boulet qui débloque ! Reprends-toi, Micheline, m**** !!! rugit Bibi.
- Oui Harry, sourit bêtement la Grosse. Harry Krishna !!! explose-t-elle de rire dans la foulée.
- Oh purée, c’est pas gagné, c’est pas gagné… se lamente l’offensé.


antologique !!!
j'en ai pleuré de rire ! :lol:

allez un indice pour Macc

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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par Mac » ven. 14 janv. 2011, 17:34

Non non je vois pas.... Un rapport avec la secte ???
Phil

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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 9

Message par Dou2 » lun. 17 janv. 2011, 11:11

C'est pour ça que je n'explique (ou tente d'expliquer) jamais après ! :lol:
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