RécréationViande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Ici on parle de tout et de rien, excepté de la cigarette électronique !
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Dou2
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Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par Dou2 » ven. 7 janv. 2011, 10:20

Chapitre 8: Dialogues de sourds et Allégros

Lorsque les cow-boys et les képis rentrent enfin de l’opération « Boubakar », ils sont accueillis à l’entrée de la caserne de gendarmerie par un colonel en charge de la région sinistrée si rouge de fureur contenue que le vieil adjudant qui flanque Grégoire Marmand pour l’occasion lui glisse un prudent :
- M’est avis que ça va péter, monsieur le commissaire…
- Ah ben retenez-vous mon vieux ! ricane le Flic.
- Normalement on l’appelle l’Endive, le Colon, continue le Képi. Tellement il n’a pas l’option couleur…
- Lâche-moi un peu avec tes « monsieur », tu veux ? glousse Greg le Dèg’ au sous-off’, visiblement peu impressionné par ce curieux lascars en uniforme, rubicond et sec comme un coup de trique, qui darde sur le petit groupe un regard vibrant de colère. Z’aurez qu’à le rebaptiser Cochise maintenant qu’il a découvert la pigmentation pis c’est marre.
- Lequel d’entre-vous est le commissaire principal Grégoire Marmand, je vous prie ? gronde avec une douceur venimeuse l’Apache galonné.
- Moi je suis Boubakar, Général !!! trouve intelligent de lancer Boubakar en se dégageant de l’emprise de Mat la Batte. Et je suis victime des apparences !!!
- Nan tu vas être victime de ma main sur ta gueule si tu shut up pas ta foutu bouche de mozafucka, le pygmée !!! corrige le colosse assermenté en chopant le jeune black par l’oreille et en l’attirant à sa suite sans ménagement.
- C’est moi Marmand ! sourit Greg en agitant comiquement ses doigts comme s’il souhaitait calmer un bébé en pleine crise de poussée dentaire. J’peux vous aider ?
- M’aider ??? s’étrangle le colonel.
- Ben oui, insiste le moqueur. Z’êtes plus mûr qu’une barquette de gariguettes et on a déjà eu assez d’accidents pour la journée, vous trouvez pas ?
- D’acci… ? balbutie le gradé qui tourne maintenant au mauve. Suivez-moi dans mon bureau avant que je n’explose, commissaire !!!
Tandis que l’offusqué tourne ses bottes impeccables et se dirige vers son bureau pour une explication avec celui qu’il a déjà catalogué dans la catégorie des maboules furieux, Greg désigne Boubacar qui masse son lobe malmené en gémissant :
- Pendant que j’achève la bête, vous commencez à me travailler l’erreur judiciaire concernant l’Audi de Bibi, on a pas toute la journée !
D’un pas léger, Greg pénètre dans le bureau. Le colonel lui tourne sciemment le dos et dit d’un ton neutre :
- Fermez la porte je vous prie, Marmand !
- Pas la peine, je reste pas longtemps ! rétorque le flic du même ton.
- FERMEZ CETTE FICHUE PORTE OU JE FAIS UN MALHEUR !!!
- Vous énervez pas comme ça, colonel ! s’étonne suavement Greg. Je suis poli moi alors faut pas vous mettre dans un état pareil. Ca risquerait d’être contagieux et de me rendre plutôt désagréable aussi.
- Désagréable ?! rugit le Colon en se retournant, l’écume aux lèvres. Mais je ne vois pas comment vous pourriez faire encore plus fort après votre retentissante prestation, commissaire ! Une fusillade - que dis-je ?! - un CARNAGE dans MON secteur et sans MON aval !? Si vous ne fermez pas cette fichue porte immédiatement, je serai contraint de vous passer un savon dont vous vous souviendrez longtemps DEVANT vos hommes. Hors il est préférable pour vous d’éviter ça, croyez moi sur parole !
- Ah bon ben pourquoi donc ? s’étonne Greg, hilare.
- Tout simplement parce que mon sens de la répartie va tellement vous crucifier que votre crédibilité en serait à jamais ruinée. Alors écoutez moi et épargnez-vous cette épreuve. Remerciez moi plutôt de ma mansuétude au lieu de… ricaner comme un sale gamin irresponsable !
- Clair que si c’est pour m’aider, je m’incline avec reconnaissance ! dodeline benoîtement de la tête le faux derche en refermant la porte d’un coup de latte joyeux.
A l’extérieur du bureau, les curieux massés dans la salle principale du poste de gendarmerie observent maintenant un silence religieux. Seul Boubakar, moyennement à l’aise et décidément trop abruti pour s’en empêcher, ose le rompre :
- C’est bien les keufs ça ! Ca s’étripe, ça joue les cadors pis deux secondes après ça se roule des galoches en cachette !
- C’est toi qui va rouler sur le parquet si tu la ramènes sans qu’on t’invite, Bouba… rétorque le vieil adjudant inquiet avant de glisser à Morelli qu’il sent plus sociable que le reste de l’équipe : il va se prendre un sacré savon votre commissaire les gars…
- Ca devrait lui en toucher une sans réveiller l’autre, pontifie l’interpellé. Pour tout vous dire, j’espère seulement que Greg n’est pas en train de faire une connerie…
- L’espoir fait vivre, se marre Capron le tondu en donnant du coude dans les cotes de Mat la batte lequel, tout aussi joueur, y va aussi de son coup de coude complice à Bouba mais en plein dans l’oreille déjà mise à contribution, distrait qu’il est.
- Comment ça une connerie ? s’inquiète l’adjudant.
- Ben une connerie, quoi ! répond Antoine Morelli, mystérieux. Genre étrangler ton Colon puisqu’à priori il l’a pas encore flingué ! Le dernier malheureux qui s’était mis en tête de sermonner Greg était un commissaire de la Crim’. Il s’appelait Maurice Pelletier si je me souviens bien. C’était une vraie burne qui ne savait pas fermer sa gueule et ça ne lui a pas réussi.
- Marmand l’a… tué ??? demande le képi, abasourdi.
- Nan il l’a raté ! Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé ! Greg a rechargé son pétard cinq ou six fois avant de tomber à sec de bastos pour s’apercevoir que l’autre était barré de toute façon. Faut dire que le Maurice avait de sacrées bonnes guiboles, qu’on était en extérieur et que Greg avait un peu tisané aussi.
- Ouais mais il m’a pas l’air bien sportif, le Colon ! intervient Leo Capron.
- Pis on se planque pas aussi izzi dans un burlingue que dans un champ de maïs non plus faut dire, Man… surenchérit Mat la Batte.
- Et comme depuis Greg a arrêté de picoler, ça lui a plutôt amélioré les compétences au tir ! achève Antoine Morelli.
Le front baigné d’une mauvaise sueur, l’adjudant va pour ouvrir la porte quand la poignée se dérobe sous sa main moite et qu’il se retrouve face à Marmand. Penchant la tête de sorte qu’il puisse regarder à l’intérieur du bureau, le gendarme distingue une forme immobile avachie dans un fauteuil :
- Commissaire, dîtes moi que vous ne l’avez pas tué ! s’étrangle douloureusement l’adjudant.
- Heu… Qui donc ?
- Le Colon !
- Ah ben non s’te drôle d’idée ?! On a juste causé, faut pas t’affoler comme ça voyons !
- Alors pourquoi le Colonel ne bouge plus ?
- Il dort !
- Il n’avait pas l’air d’avoir beaucoup envie de dormir toute à l’heure, commissaire…
- Ah oui non mais ça c’est à cause du coup de téléphone…
- Ah bon ? Ben qu’est ce qu’il a bien pu apprendre comme nouvelle ?
- Pendant qu’on cartonnait les danseurs à casquettes, ce fumier a appelé sa hiérarchie qui a appelé la mienne qui a appelé le ministre et là il était trop content de me le passer pour que je m’entende signifier qu’on me retirait l’affaire et qu’une enquête interne allait me tomber sur les endosses.
- C’est plutôt vous que ça aurait dû assommer ce genre de coup de téléphone !
- Oui mais c’est pas moi qui me suis mangé les trois coups de combiné en pleine poire une fois que ce péteux de ministre avait raccroché !

* * * * * * *

L’Homme écoute le rapport de son interlocuteur avec attention, le menton reposant sur ses mains rassemblées en coupe. Visiblement satisfait, il appuie sur le bouton du module d’audioconférence et met fin à la conversation téléphonique sans ajouter un mot. Il bascule en arrière dans son délicat fauteuil en cuir et se tourne pour faire face à cette vue unique qui lui permet d’apprécier le tout Paris. Ca ne va pas être facile de mettre un terme à cette histoire mais l’excitation de la chasse et la valeur de la proie amènent un sourire carnassier sur ses lèvres pleines et racées de jouisseur malsain.
L’interphone interne le sort de sa rêverie.
- Votre visiteur est arrivé, Monsieur.
- Bien mademoiselle. Faites le venir, je vous prie.
Le gigantesque Rachko Piavic entre de son pas curieusement souple pour un homme de sa corpulence. Il s’arrête face au bureau, prend une pause rigide rappelant le soldat qu’il a été puis attend servilement sans s’asseoir comme à son habitude. L’homme derrière le bureau trouve amusant qu’une personne aussi monstrueuse et dangereuse que « l’Ange » fasse preuve d’une telle déférence à son endroit alors qu’il pourrait le décoller du sol et l’étrangler d’une seule main. La magie de l’argent qui donne le pouvoir sur les choses et les gens. Mais pas seulement.
- Tu deviens encombrant, Rachko.
- J’en ai conscience, Monsieur. Je n’ai aucune excuse pour ce qui s’est produit à l’hôpital et j’en accepte les conséquences.
- Revenir sur ce qui est fait est une perte de temps et d’énergie. Si j’avais souhaité que tu sois puni pour ton échec, tu ne serais pas face à moi en ce moment.
Le géant blond acquiesce de la tête, visiblement soulagé.
- Je craignais que nous ne devions adopter une attitude défensive mais je viens de recevoir des informations qui nous permettent de reprendre l’avantage : « La Fouine » a réveillé son réseau. J’ai donc fait en sorte qu’elle parvienne à retrouver l’endroit où Mirko se terre. Pas trop facilement, bien entendu. Connaissant la propension qu’à Régeant à ne pas perdre de temps, nous pouvons donc estimer qu’elle et ses deux chevaliers servants lui rendront une petite visite dans la matinée.
- Tout se déroule comme vous l’aviez escompté, Monsieur, commente simplement l’Assassin.
- En effet, mon ami. Je n’ose cependant pas me réjouir encore car si cette information me conforte dans mes décisions, la justesse de mes prédictions précédentes n’a pas empêché les cibles de s’en tirer indemne.
- Je m’en occupe, intervient Piavic, piqué par la critique larvée. Je n’échouerai plus, Monsieur.
- Laisse de coté ton sens de l’honneur bafoué complètement obsolète pour une fois, je te prie, s’emporte le Monsieur. La police a ton signalement et tu es activement recherché. Regarde-toi, Rachko ! Tu dois rester à l’écart jusqu’à ce que cette histoire se tasse et que nous puissions enfin te faire quitter la France. En outre, saches que je préfère te savoir avec moi au cas où la chance serait toujours du coté de cette plaie insolente de Bicarosse et qu’il finisse par remonter la piste jusqu’ici.
- Si je dois demeurer en retrait, je ne vois pas qui pourrait se charger du contrat. Le tueur et le musulman ont balayé nos deux groupes d’action en une seule journée et je ne serai pas en mesure de recomposer une unité opérationnelle en quelques heures.
- Je le sais bien, Rachko. C’est la raison pour laquelle nous allons faire appel à des ressources externes même si je désapprouve d’impliquer des étrangers dans nos affaires.
- Puis-je savoir qui va être chargé du travail, Monsieur ? se renfrogne le Tueur, visiblement blessé.
- Puisqu’il s’agit de Mirko, j’ai pensé que Grizzli et ses Apaches étaient une option satisfaisante, sourit l’homme en guettant la réaction de Piavic. Après toutes ces années, ce sera une sorte de… réunion entre vieux amis.
- Ces hommes sont incontrôlables ! explose le Balafré, les dents serrées. Mais surtout, ce sont des malades mentaux et des sadiques ! Même Dragan est un plaisantin à coté de ces… gens. Ils devraient tous être enfermés avec les mains attachées dans le dos, vous le savez tout aussi bien que moi. Ne faîtes pas appel à ces animaux, Monsieur ! Considérez les retombées ! Elles risquent d’être très dommageables pour nous si on apprend que nous travaillons à nouveau avec de tels psychopathes.
Le Monsieur bascule en arrière dans son fauteuil, dégustant l’effet d’annonce sur ce bloc de glace. Le fait que Rachko puisse porter un quelconque jugement sur l’état mental d’autrui quand on sait de quoi il est capable étire sensiblement le sourire déplaisant qui déshumanise un peu plus l’homme assis derrière le bureau. Il s’amuse de cette preuve pour le moins déplacée qui prouve qu’on trouve même des degrés d’excellence dans l’horreur.
- C’est la raison pour laquelle tu t’occuperas d’eux aussi, mon ami. Mais seulement lorsque le cas Catherine Régeant aura été réglé. Définitivement.

* * * * * * *

- Je savais bien qu’il y avait une justice en ce bas monde qui châtierait ce parangon de suffisance, mon petit Ricard, se pavane le Noble de Guérinand. C’était le ministre au téléphone…
Comme il n’obtient pas de réponse de son subordonné direct – ce petit rouquin trapu nanti d’une tête de pioche si pénible à supporter parfois – et ce malgré LE mot magique de « ministre », le commissaire divisionnaire revanchard continue :
- Nous reprenons la direction des opérations, ce qui est en soit logique puisque JE suis l’officier de plus gradé comme chacun sait.
Agacé devant le mutisme prolongé d’un Ricard visiblement captivé par son écran d’ordinateur alors qu’il manipule sa souris avec la dextérité d’une huître aveugle, le sang-bleu croit bon d’ajouter :
- Je pensais que ça vous enthousiasmerait un peu plus, Ricard. Vous qui ne « pouvez pas saquer » l’Anti-Gang…
- Je suis officier de police, mon commandant, rétorque l’interpelé sans même lever la tête, visiblement dans un bon jour. Marmand est un sale con doublé d’un dangereux taré mais il connaît son affaire quand il s’agit de mettre hors d’état de nuire les bêtes féroces. Reprendre le cas Bicarosse sans disposer de la moindre petite piste sérieuse me semble hautement risqué en termes d’image. Je ne parle même pas du résultat… Je doute qu’un changement de direction rende les cow-boys de l’OCRB franchement plus coopératifs si vous voulez tout savoir.
- Comment ça ?! Mais enfin le ministre lui-même… s’insurge de Guérinand.
- Greg se fout du ministre comme d’un clou à sa fesse, mon commandant. Il en a vu défiler dans son bureau plus qu’une Pro de clients entre ses cuisses alors ce n’est pas une risible injonction ministérielle qui va l’impressionner, vous pouvez me croire. Attendez mais vous n’avez pas encore compris que Marmand est une légende dans la maison !? Oh il a probablement autant de revers sanglants que de réussites à son actif mais il n’empêche qu’il est de première force contre les gangs et les tueurs dont personne ne veut se charger.
- On dirait que vous l’admirez, capitaine Ricard ? bave fielleusement de Guérinand. Non mais vous avez vu son dernier exploit ? Quatre jeunes gens tués, deux fois plus de blessés ! Dont deux gravement !!! Cet homme est en guerre, mon ami ! Il fait honte à la police nationale.
- J’ai lu le rapport préliminaire, mon commandant. Je ne défends pas les méthodes de Marmand mais encore moins des petites frappes au casier plus épais que le bottin du Val de Marne qui font feu sur mes collègues.
- C’était une méprise !
- Ah d’accord ! Oui et bien elle aurait fait une belle jambe aux nôtres, votre méprise, si une balle perdue tirée par erreur par vos « jeunes gens » avait allongé la liste des officiers tués en service. Je vais vous dire : personne ne mérite de mourir à vingt ans mais quand on décide de tâter du flingue, on franchit une ligne définitive et il faut en accepter les conséquences. Pas de chance pour ces mômes qui sont tombés sur ce dingue de Greg mais je n’ai rien d’autre à ajouter.
- Bon… Je vois… Permettez-moi de vous dire que votre attitude me déçoit beaucoup, capitaine Ricard.
- J’en suis navré, commissaire divisionnaire Pougin de Guérinand, répond Poil de carotte d’un ton qui dément clairement ses propos.
- Allons, tempère le Noble avec un sourire écœurant, nous n’allons pas nous brouiller alors que le suivi de l’enquête retombe enfin dans des mains compétentes.
- Ah bon ? C’est plus vous ? demande innocemment le rouquin.
- Vous devenez insultant, Ricard, et permettez moi de vous dire que je n’aime pas du tout ça.
- Ah ben nous v’là beaux…
- Ca suffit !!! Pour annoncer ma nomination, j’ai provoqué une conférence de presse en milieu de matinée et j’aurai besoin d’éléments tangibles pour étayer notre action suite à l’épouvantable fiasco d’Orléans alors au travail !
- Au travail de quoi ? Non parce qu’au cas où ça vous aurait échappé, vous allez faire des heureux alors coté « éléments tangibles »… ricane le subordonné moqueur. Pas de Bibi ni de « la Pierrade », un géant balafré volatilisé et trois demi-douzaines de corps plus ou moins entiers en une seule journée. Sans compter le contenu intégral d’une voiture d’officiers de police et un de nos propres gars descendus. Oh pardon, j’ai failli oublier deux lieutenants de police à l’hosto, un toubib véreux amputé et un étage entier d’hôpital allégé de son personnel de nuit et d’une partie de ses patients. C’est plus une affaire criminelle, c’est Diên Biên Phu !!!
- Je suis fini… s’effondre de Guérinand.
- Resterait bien un oublié quand même mais y a rien de sûr… annonce le rouquin sournois, un sourire en coin.
- Dîtes, mon petit Ricard !
- Ben en fait… On vient de m’annoncer que « le Troué » venait de refaire surface. Avec un morceau de ciboulot en moins, il n’a pas franchement l’air dans son assiette et les toubibs ont été obligés de le sangler pire qu’un sifflard quand il s’est aperçu que son service trois pièces était parti sur la Lune, mais peut être qu’on peut en tirer quelque chose. Je ne vois plus que ça de toute façon…
- C’est mieux que rien, capitaine !!! Vous me convoquez les cow-boys dès qu’ils sont rentrés et nous irons rendre visite à ce… « Troué » comme vous dîtes.
- Comme une grande famille… glousse le capitaine.
- Je vous fais grâce de vos commentaires, Ricard ! coupe l’ingrat à nouveau plus raide dans sa vanité qu’un manche de pioche. Nous allons montrer à ces messieurs de L’OCRB comment le RAID s’y entend pour mettre les méchants hors d’état de nuire.
- Et au ministre…croit bon d’ajouter le rebelle hiérarchique l’air de rien.
- Ricard, vous m’agacez !
* * * * * * *

Bien installé dans le son fauteuil orthopédique hors de prix, Mirko Rachac biberonne tranquillement son quatrième litron de la matinée, les paupières inutilement closes sur ses orbites vides, en écoutant « les quatre saisons » de Vivaldi. C’est loin d’être son œuvre préférée parmi les quatre cent cinquante-six concertos du Maître – le « Gloria en ré majeur » reste son chouchou - mais le sentiment de légèreté pure empreinte d’une complexité technique qui se dégage de la ritournelle le met littéralement en transe.
Il est préférable qu’il s’adonne à sa passion pour la musique assez tôt dans la matinée vu que dans une heure il sera défoncé comme un terrain de manœuvre comme tous les jours depuis cinq ans.
Il rythme les fluctuations sonores tel un chef d’orchestre avec la pointe de la pince qui a remplacé sa main droite, savourant le contraste de l’Andante qui prend le pas sur l’Allegro. Il porte une fois encore à ses lèvres le goulot de la bouteille de grand crû classé que ses papilles détruites par le tanin trop riche n’ont même plus la possibilité d’apprécier.
Vide.
Agacé, il tâtonne maladroitement sur le coté du fauteuil jusqu’à ce que le métal de la pince entre en contact avec une autre bouteille pleine. Il la ramène avec l’agilité de l’habitude et utilise adroitement le tire-bouchon fixé au bout du cache en métal qui recouvre le moignon de sa main gauche.
La bouteille enfin déflorée, il va l’honorer comme il se doit lorsque la sonnerie de l’entrée vient briser ce moment de pur bonheur intense.
Il est encore un peu tôt pour qu’il s’agisse de son infirmière personnelle et Mirko sent l’angoisse l’envahir. Mademoiselle Savin est la seule personne qui ait franchi le pas de sa porte depuis qu’il est sorti de l’hôpital après son « accident ». Elle a toujours été d’une ponctualité maniaque et n’arriverait jamais avec deux heures d’avance.
A moins qu’il n’ait une fois encore perdu la notion du temps ?!
L’aveugle appuie sur le réveil parlant juché sur la table basse qui lui confirme ce qu’il craignait : il est beaucoup trop tôt !
La sonnette retentit une seconde foi, plus longuement.
Une boule glacée et métallique s’est formée dans la gorge de l’infirme et elle n’en finit pas gonfler jusqu’à l’empêche de déglutir.
Mirko baisse le volume de la chaîne stéréo et c’est d’une voix mal assurée qui demande:
- Qui… Qui est là ?
- Coucou ! C’est Grizzli et ses copains, répond une voix de rocaille qu’il ne connaît que trop bien. Ouvre, vieux déchet ! On est venus prendre de tes nouvelles…
Replongé directement cinq ans en arrière, Mirko Rachac laisse échapper la dispendieuse bouteille et se met à pleurnicher, son pauvre corps affreusement mutilé agité de spasmes incontrôlables.

* * * * * * *

- Y en a marre, il ne comprend rien, cet abruti ! se désole Marmand en reposant Dragan « le troué » sans ménagement dans son lit.
- Je vous interdis de vous comporter de cette façon avec un suspect, s’insurge de Guérinand. C’est pas la Gestapo ici enfin ! Cette histoire aura des suites, Marmand, je vous préviens ! Tous ici ont été témoins des brutalités ignobles dont vous avez fait preuve !!!
- Oh hé ça va bien, je l’ai à peine secoué, ***** ! Si on peut même plus interroger les prévenus maintenant… balance Greg le Deg’ a priori bien plus amusé qu’inquiet.
- On ne torture pas un homme hospitalisé dans un état grave lorsqu’on est sous mon commandement, commissaire principal Marmand !
- Bon ben disons que pendant une minute je m’étais affranchi de la hiérarchie alors… On va pas en faire un plat pour ce castré tout troué de la tête qui flingue des flics quand même !?
- Clair que moi j’ai rien vu, ricane Morelli en écarquillant les yeux de façon exagérée. C’est marrant mais j’ai comme des problèmes dès qu’il s’agit d’un gros fumier qui a envoyé deux collègues à l’hosto. Probablement une sorte de vue sélective… Je devrais peut être voir un toubib ?!
- Déconne pas avec ça, Antoine, se poile Marmand. Les yeux c’est important tu sais ! Au moins autant que la bistouquette. Hein, « le Troué » que j’ai raison ?! ponctue le Deg’ en balançant un coup de coude vicieux au blessé en loucedé.
- Capitaine Ricard ! Ces hommes se moquent ouvertement de moi et indirectement de toute la hiérarchie policière que je représente. J’espère que ce constat ne vous a pas échappé.
- Ce qui m’échappe encore moins c’est que votre conférence de presse est dans une heure et qu’on a pas avancé d’un poil, mon commandant, manœuvre sournoisement le rouquin.
- Je peux rentrer chez moi ? demande le petit homme chauve tassé dans son costume fatigué assis juste à coté du « Troué ».
- Tu restes assis, Pavel ! aboie Greg le Deg’. Si t’es pas à te prendre des pains dans la gueule au poste c’est parce qu’on a besoin d’un traducteur Albanais des fois que l’autre légume sortirait du potage alors tire pas trop sur la corde, c’est un coup à la prendre dans la courge…
- Ben oui mais il dit rien votre bonhomme, commissaire Marmand, rétorque très justement l’expert du Bonto bombardé spécialiste des langues.
- Pas facile d’interroger un suspect à qui on peut pas donner de coups de bottin sur la tête et de shoots dans les glaouis, monologue Greg pensif. Surtout quand on a besoin de résultats à tout prix pour éviter de passer pour une grosse tanche à la télé. J’verrai bien une solution mais bon…
- Mais parlez donc au lieu de faire des âneries, Marmand ! Je vous rappelle à toutes fins utiles que nous sommes tous embarqués dans la même galère et que si le bateau coule…
- …le commandant coule avec lui pendant que les matelots se tirent en canot, finit Morelli avec son plus beau sourire.
- Oh vous, la ferme ! explose de Guérinand. Laissez plutôt parler le commissaire principale Marmand qui avait une idée. Nous vous écoutons, Marmand.
- Ben voilà en fait… J’me suis dit : il a l’air obnubilé par ses parties qui s’en sont allées au paradis des couilles…
- …et des bites, croit bon d’ajouter Morelli tandis que de Guérinand devient rouge brique.
- Et des bites, merci Antoine. Donc si on lui donne ce qu’il souhaite, il va peut être se mettre à table. Mais faut faire vite et une greffe de bite…
- …et de couilles, corrige une fois de plus Morelli.
- Oui aussi, merci vieux. Donc une greffe de l’ensemble, ça prendra plus qu’une heure et on a qu’une heure.
- A peine, intervient Ricard qui commence à beaucoup s’amuser.
- Je ne vois pas ou vous voulez en venir, Marmand, grince le Noble qui n’est pas trop à l’aise dans ces discutions vulgaires visiblement sans objet.
- Ben voilà : il faudrait que quelqu’un le rassure en lui mettant son matos personnel dans la main, ça fera peut être un déclic, explose Greg, hilare.
- Moi je peux pas, surenchérit Morelli avant que de Guérinand, violet de colère, n’intervienne. Les Albanais, ça me fait trop bander et il sentirait trop la différence vu que j’ai un vrai démonte-pneu.
- Et le commandant ça sera pas possible…, commence Ricard complètement dans le trip.
-…Parce qu’il n’a pas de couilles !!! terminent de concert les deux officiers de l’OCRB en braillant comme des charretiers.
- JE VOUS FERAI CASSER, IMMONDES PERSONNAGES !!! s’étrangle en gesticulant l’offensé, ulcéré de voir les trois imbéciles se taper sur les cuisses en pleurant.
- VOS GUEULES !!! hurle Greg à nouveau sérieux en fonçant sur « le Troué » allongé jusqu’à lui coller l’oreille sur le nez. Il a parlé !
Prenant Pavel le traducteur improvisé par le peu de cheveux qu’il lui reste sur les tempes, Marmand l’amène sans franche douceur jusqu’à la bouche du blessé.
- Qu’est ce qu’il dit ? demande plaintivement de Guérinand encore tremblant de rage mais investi par l’espoir.
- Je ne suis pas certain, commence Pavel, les larmes aux yeux à cause de Greg qui ne relâche pas sa prise. C’est curieux. Il doit délirer…
- Pavel, commence Morelli mauvais, si tu nous dis pas ce que ce déchet raconte, c’est toi qui va délirer mal avec toutes les baffes que tu vas prendre sur le melon, crois moi.
- Bon… Ben il dit « Catherine la Fouine ».
- Catherine la Fouine ? répète bêtement de Guérinand. Pourquoi pas Jeannette la Lapine aussi ! sourit le Péteux, très satisfait de sa désopilante boutade. En effet, je crains que le malheureux n’ait plus tout son compte…
- Putain de bordel de ***** !!! grogne Marmand relayé par Morelli qui siffle et Ricard qui approuve gravement de la tête. Continue à traduire, Pavel ! Tu viens de gagner une protection en béton armée, mon pote !
- J’aimerai bien qu’on m’explique ce qui se passe, messieurs ! s’excite de Guérinand les poings sur les hanches.
- Il se passe que tu as une chance de gagner des galons en or massif à défaut d’une paire de roubignolles si tu consens à la fermer, ***[censure auto terme diffamatoire]*** ! répond Greg en jetant au noble un regard plus dur que l’acier trempé.
Ecartant d’un geste royal Morelli et Ricard qui s’étaient rapprochés, de Guérinand se penche à son tour sur le blessé et prend un air habité comme si l’Albanais était devenu sa langue naturelle.

* * * * * * *

- Il s’arrange vraiment pas, ton mec ! maugrée le Tunisien en sortant de la cuisine, la main sur l’œil et le pas pressé avant de glisser dans la salle de bain comme un suppositoire honteux.
Micheline entre dans la pièce que le mécontent vient de quitter où Bibi s’affaire avec frénésie. Visiblement en pleine concentration pour cause de toasts matinaux à surveiller, il ne se retourne pas.
- Fallait rester au lit, ma puce. Je t’amenai un plateau.
- Tu n’en aurais pas d’abord testé la solidité sur la figure de Farid des fois ?
- C’est un truc de mec, bébé. Tu pourrais pas comprendre… sourit le gardien du pain de mie.
- Je comprends surtout que tu vas vraiment finir par le mettre en colère avec cette manie de lui coller des beignes toutes les deux minutes, Bibi. Tu peux penser ce que tu veux de ce garçon mais c’est un dur, pas un cave que tu peux cravater et talocher quand l’envie t’en prend ! Lorsqu’il va se rebiffer, tu vas vraiment ramasser. Faut lever le pied, bébé !
- Faudrait savoir ! Tu préfères que je l’attaque à coups de godasses maintenant ? déconne le tordant.
- Promets que tu arrêtes ça, s’il te plait, s’emporte la Grosse. Rien ne l’oblige à continuer à nous aider et tu admettras que derrière sa nonchalance de façade, il est sacrément efficace.
- Oh que oui… Tout en finesse… Le genre à te défaire un château de cartes au rouleau compresseur mais à part ça c’est un méticuleux puisque tu le dis, achève Raoul, boudeur.
- Je n’ai pas envie de commencer la journée comme ça, Bibi. C’est quand même pas une requête inacceptable, conviens-en, achève t’elle, mutine.
- Sans ce ***[censure auto terme diffamatoire]*** et ses cousins, on serait peinards à la maison au lieu de cavaler avec une armée d’Albanais au cul, j’te f’rai dire !
- Sans ce ***[censure auto terme diffamatoire]*** et ses cousins, je serai toujours une zombie alcoolique crevant à petits feux…
Silence.
- Bon ok, je le cognerai que s’il me fait chier
- C’est mieux mais trop subjectif.
Silence.
- Je le cognerai plus, voilà ! T’es contente ?
- Je suis contente si tu promets.
- Je promets.
- Alors je suis ravie, mon Bibi.
- Ouais c’est ça… Ben en attendant maintenant qu’t’es là, assieds toi donc, ton plateau est prêt, grogne le contrarié en disposant le pain grillé devant son deux-tiers. Bah pis pendant que tu jaffes, je vais lui dire que je regrette et que je le cognerai plus.
- C’est très bien, je te remercie.
- Et après je préparerai nos affaires pour la visite à Mirko.
- C’est gentil, Bibi.
- Par contre tu fais chier avec tes putains de gilets pare-balles franchement, Micheline ! J’ai jamais porté ces trucs de tafiole avant, moi !
- Je sais. Et je comprends. Je t’encourage d’ailleurs à en parler avec ta fesse si elle te laisse t’asseoir…
- C’est facile ça ! Et pis ça couvre pas mon cul que je sache !!!
- Faut croire que le courage indomptable et légendaire des gilets aussi a ses limites.
- Et toi, t’en porte pas !!!
- Il n’y a pas de gilet à ma taille, Bibi…
- A la limite t’en prends deux et tu te fais un soutien-gorge, ricane Farid de retour dans la cuisine avec des pansements tout propres et un moral d’acier.
- Ca va être dur, ça va être dur, souffle Bibi en aparté en évitant soigneusement de regarder le Boulet.
- De quoi qu’il cause, l’autre énervé là ? T’as le barreau du matin qui te gêne, flingueur ?
- Tu as promis, Bibi, glousse Micheline en voyant Raoul se dandiner comiquement.
- C’est Micheline… commence le balaise.
- Ouais ? Elle a ses trucs, la grosse Dondon ? Préviens si c’est ça que j’mette des cuissardes et une bouée « canard » !
- Elle m’a fait promettre d’arrêter de te casser la gueule et… j’ai promis !
- Ah ben ça c’est cool alors : j’étais un poil en manque de bandage et d’endroit où les coller à force.
- …mais vu que t’es vraiment trop con à continuer à lui manquer de respect et vu que c’est la première fois que je me parjure, je m’dis qu’elle me pardonnera, beugle Bibi en balançant un poing lesté de hargne droit dans le sourire édenté d’un Farid tout joyeux.

* * * * * * *

Le silence est pesant dans la salle de réunion de l’OCRB. Chacun des quatre hommes présents reste immobile et perdu dans ses pensées jusqu’à ce que le commissaire principal Morelli exprime finalement tout haut le sentiment que tous partagent en levant les bras :
- Quelle embrouille… J’en reviens pas…
- Ah ça, je ne peux pas dire que tout soit encore complètement limpide pour moi mais je partage ton sentiment sur ce point : on a collé les pieds dans un sacré panier de crabes visiblement, acquiesce Ricard le rouquin.
- Moi j’suis plutôt content pour être honnête, les mecs, s’amuse Marmand.
- Vous devriez vous faire soigner, commissaire principale, prévient de Guérinand. On vous annonce qu’une tueuse supplémentaire est en circulation et ça vous fait plaisir ? En revenant de l’hôpital, j’ai fait un crochet par les archives et j’ai parcouru le dossier de cette… Catherine Régeant… Celle que vous appelez « la Fouine"… et bien c’est une criminelle de la pire espèce, mon petit bonhomme ! Ah !!!
- Mais keske vous y connaissez à « la Fouine » avec votre minable dossier de *****, mon pauvre de Guérinand ? Peau d’balle ! Queue d’chique !!!
- Non mais dîtes donc, je ne vous…
- « Je ne vous » quoi ? Tu m’permets pas, c’est ça ? Tu crois que j’en ai besoin de ta permission, coco ? J’ai suivi le parcours de cette gonzesse indirectement pendant des années. On parle d’une légende, là ! Pas d’une petite casseuse accro au mitraillage ! En plus c’est presque une des nôtres, gros malin !
- Catherine Régeant était une fonctionnaire de police ??? s’étrangle le pauvre Noble atterré.
- Presque ! sourit Greg. Mais comme elle a appris qu’on recrutait des trous du cul chez nous – je vise personne sinon le coup partirait… - elle a préféré la DGSE. C’est pas marqué dans votre dossier qu’elle a été formée par eux avant de déraper ? Et que votre ministre à la noix - ou un de ses prédécesseurs à la noix - n’hésitait pas à faire appel à ses services pour les affaires qui refoulaient trop l’égout ? Sûrement que non à voir votre tronche d’empeigne se rallonger de trois kilomètres tiens…
- Non ça n’était effectivement pas stipulé… lâche de Guérinand, clairement gêné, avant de s’assombrir et de s’emporter faussement sous l’œil méprisant du trio présent. Et de toute façon, ça n’explique pas ce que cette barbouse en rupture de banc vient faire dans cette histoire abracadabrante et déjà suffisamment compliquée à mon sens !
- Y a rien de compliqué, z’êtes juste une truffe : il y a quatre ou cinq piges, le bruit a couru que « la Fouine » avait été piégée par des Albanais et qu’ils l’avaient tuée. Vu qu’elle a disparu totalement de la circulation depuis, tout le monde en a conclu qu’elle avait passé l’arme à gauche.
- Avec une douzaine d’Albanais sur le carreau en une journée, elle a la résurrection mauvaise, la nana, sourit Morelli.
- Surtout que si elle s’est liée avec cette purge de Bibi, on a pas fini de compter les cadavres, moi j’vous le dis ! prévient Greg’ le dèg’ en pointant un index menaçant sur le trio présent. Séparés, c’est déjà la peste et le choléra cumulé, ces deux là ! Alors ensemble… Et je parle même pas de Farid !!! Va falloir ressusciter Pasteur pour trouver un vaccin, vous pouvez m’croire !!!
- Et ça vous fait rire, Marmand ? s’insurge de Guérinand scandalisé.
- Ben là ça commence, oui ! Plus j’y pense et plus j’me dis qu’on a à faire à une histoire de vengeance ! Une vendetta de sang ! J’suis un romantique, moi ! Ces trucs là ça m’a toujours fait chialer, raille Greg qui fait mine d’essuyer une larme à la grande joie de Morelli et de Ricard.
- Remettez-vous, mon vieux ! reprend de Guérinand - complètement à l’ouest – contrarié par cette démonstration d’humanité déplacée chez un si odieux personnage.
- Le puzzle se met doucement en place, reprend le taquin, et à part une ou deux pièces foireuses que je ne parviens toujours pas à imbriquer dans le merdier général – genre « la Pierrade » - je pense avoir une bonne idée du film maintenant.
- Vous seriez aimable alors de nous faire profiter de vos lumières, mon cher Marmand. J’avoue sans honte pour ma part être clairement dépassé par les évènements.
- Matez le topo : « la Fouine » échappe à une tentative d’élimination par les Albanais. Chanceuse mais pas suicidaire, elle reste planquée pendant cinq piges vu que ces fumiers sont de sacrés mauvais fers pas du genre à laisser un boulot bâclé. Hier, ils la repèrent. Elle engage le Bibi pour la protéger. Tout ce petit monde se met alors à se sulfater et on est bons pour ramasser les sacs à viande.
- Un peu simpliste… critique de Guérinand.
- J’ai la tête d’un mec compliqué ? rétorque Greg.
- Admettons… Et le médecin amputé ? Les Tunisiens exécutés ? L’hôpital ? attaque le Noble, triomphant.
- Oh !!! prévient Marmand la main levée, paume ouverte, ce qui provoque un mouvement de recul du commissaire divisionnaire car on ne sait jamais de quoi est capable cet enragé. J’ai dit que j’avais une théorie, pas que j’étais Madame Soleil ! En tout cas ça rattache au moins les différents éléments de l’enquête entre eux.
- Et les jeunes d’Orléans ? insiste de Guérinand.
- Ah ben eux y z’ont pas eu de cul ! se marre Morelli.
- Mais ça on l’savait déjà ! achève Greg le Deg’.
- Vous en pensez quoi, capitaine Ricard, demande le commissaire divisionnaire, fébrile.
- Je pense que vous devriez reporter la conférence de presse pour raisons d’enquête, mon commandant. Surtout que comme Catherine Régeant a travaillé pour la DGSE, je doute que les huiles du gouvernement souhaitent que ce soit rendu public. Si Marmand a vu juste, on n’a plus qu’à creuser les dossiers des Barbouses. Il y a forcément des noms de contact dedans, des infos qui nous permettront de remonter jusqu’à elle et de la stopper. La Fouine sortie de l’équation, ça devrait calmer ce Raoul Bicarosse et ces tarés d’Albanais du même coup.
- Heu… J’ai bien compris, tu veux demander aux types de la DGSE de consulter leurs dossiers, Ricard ? hallucine Morelli.
- Ben quoi ? Je leur demande pas leur code de carte bleue. Et elle n’est même plus chez eux d’après Greg. De toute façon je ne vois pas d’autre piste à suivre pour le moment.
- C’est pas idiot, appuie Marmand. Par contre j’espère que le ministre vous a vraiment à la bonne de Guérinand, parce que les espions ne se laissent pas écarter les cuisses sans broncher et qu’il va falloir y aller aux forceps pour espérer reluquer leurs petits secrets.
- Il s’agit précisément d’un cas de force majeure ! se redresse le Preux. A la lumière de tous ces éléments, je me fais donc fort de convaincre les plus hautes autorités de l’extrême gravité de la situation, messieurs. Et je sais être très persuasif… achève t’il triomphant en brandissant son portable avant de quitter la pièce de briefing d’un pas triomphant à la recherche d’un endroit tranquille d’où il puisse téléphoner.
- Un bifton de 50 à 1 contre 10 qu’il se fait rembarrer comme la crotte molle qu’il est, diagnostique Morelli.
- Tenu, sourit Ricard à la surprise générale.
- Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu aussi ? raille Marmand.
- La marmotte je sais pas, commissaire, mais quand on demande gentiment un truc à son tonton ministre, ça a de bonnes chances d’aboutir. Tu peux même être con comme un crachoir en fonte et devenir le patron d’une section d’élite il paraît…
- Ah si c’est la famille, ça change tout alors, se rend Marmand, hilare.
- Chèque ou espèces, le rouquin ? demande Morelli, bon perdant.

* * * * * * *

Le monumental Grizzli est vautré sur le canapé, ses « doc Martens » montantes coquées toutes dégueulasses posées sur le pouf en cuir de luxe. Après avoir lâché un nouveau rot infect, il continue à descendre la bouteille exceptionnelle de Pomerol comme une canette de « Kro » :
- Mais puisque je te dis qu’on est pas venu pour toi, Mirko ! Faut arrêter de trembler voyons. On va pas te découper une deuxième fois quand même !!!
- Ben ouais quoi, vieux ! glousse Tronçonneuse, le second de Grizzli. Débande un peu…
- Pas de soucis de ce coté là, explose Grizzli d’un rire monumental. La biroute faisait partie de la première commande !!! Les mains, les pieds, les yeux et la zoubinette. C’est pas ce qui nous a donné le plus de travail d’ailleurs, la zoubinette, faut bien l’avouer, hein Mirko !!!
Le pitoyable infirme décomposé par une terreur abjecte est prostré dans son fauteuil. Malgré sa cécité, il se souvient parfaitement de ces monstres sadiques qui l’ont mutilé lentement pendant trois jours il y a cinq ans. C’était après que « le Monsieur », le chef impitoyable du gang auquel il appartenait, ait appris que c’était lui qui avait donné les renseignements qui avaient permis à des mercenaires de sauver « la Fouine ». Mirko était un jeune compositeur et un violoniste de talent à l’époque. Intégrer la bande de Rachko « l’Ange » avait juste été un moyen de sortir d’Albanie et de lier des contacts à l’étranger pour enfin faire connaître ses œuvres et pouvoir – à terme – vivre de son art. En charge de la logistique et de l’organisation au sein de la bande, il n’aurait jamais fait de mal à une mouche. Dommage qu’il ait été si vénal une fois au contact des occidentaux.
Il était en France lorsqu’il avait eu vent de l’opération orchestré par le réseau Régeant. Les informations qu’il avait alors vendues lui avaient rapporté une somme colossale et elles avaient surtout été capitales pour la réussite du sauvetage. Malheureusement pour le jeune homme, il avait été rapidement identifié par les cruels employeurs qu’il avait trahi.
Puisque la Fouine lui avait échappé, le Monsieur avait considéré avec un cynisme élégant que le « travail » avait été bien accompli. A ce titre, il avait laissé à Mirko l’intégralité de l’argent qu’il avait perçu de la part des amis de la Fouine mais il s’était vengé sur son corps. Assistés du « Chirurgien » venu spécialement d’Albanie pour être certain qu’ils survivrait à ses mutilations, Grizzli et ses hommes l’avaient dépecé vivant, phalange par phalange, doigt par doigt, orteil par orteil, le découpant toujours un peu plus tandis que le Chirurgien s’assurait qu’aucune hémorragie mortelle ne mettait fin à la punition, allant même jusqu’à le transfuser soigneusement si nécessaire. Ils avaient terminé par ses parties génitales et ses yeux, qu’ils avaient fait sortir de force comme deux grains de raisins mûrs avant de recoudre ses paupières vides.
Ces hommes étaient pires que les tortionnaires de son pays – Dragan et son maudit rasoir compris – et ils prenaient un réel plaisir à infliger les plus épouvantables souffrances à autrui. Mirko avait payé très cher son erreur. L’angoisse qu’ils puissent maintenant s’en prendre à mademoiselle Savin, l’infirmière qui assistait la pauvre loque qu’il était devenu, lui est insupportable. A cette pensée, un courage inespéré vient animer le mutilé à sa propre surprise.
- Je n’ai pas beaucoup de visite, dit-il doucement.
- Ah ben tu nous parles enfin, mon Mirko !!! Pendant un moment je me suis demandé si on t’avait pas aussi arraché la langue par erreur le dernier coup, putain ! braille Grizzli.
- Ouais pareil que l’patron ! Moi à force j’confonds des fois, grince Tronçonneuse. Toute cette viande, tous ces morceaux, ça finit par m’embrouiller…
- Je ne vois pas bien qui vous venez attendre chez moi, tente à nouveau Mirko.
- « Je ne vois pas bien » qu’il dit, s’étouffe Grizzli. Quel comique ce mec !!! Ah il me tue trop là !!!
- C’est une vieille copine à toi, bite-au-vent ! croit bon d’ajouter Tronçonneuse.
- « La Fouine » est de retour ? demande le mutilé innocemment.
- Tu peux pas fermer ta gueule, Tronço ?! gueule Grizzli. Faut toujours que t’en dise trop. Je t’ai prévenu, un de ces jours, ça te jouera des tours, ***[censure auto terme diffamatoire]*** !
- Oh ça va, chef ! C’est pas cette loque qui va nous faire une embrouille quand même…
- Ouais mais bon tu fais chier quand même… Quand on te dit de t’écraser, faut t’écraser et pis c’est marre !
La situation devient plus claire pour Mirko. Il est assez pragmatique pour orienter sa haine sur ses bourreaux et se désintéresse totalement de cette femme qui n’est finalement que très indirectement la cause de sa déchéance. Il a déjà tout perdu et il sait qu’il ne permettra pas à ces bêtes inhumaines de s’acharner sur une nouvelle victime s’il a ne serait ce qu’une chance infime de l’empêcher.
- Je souhaiterai aller aux toilettes si c’est possible, demande-t-il.
- Bien sur que c’est possible : on est pas des sans-cœur à te laisser chier dans ton froc comme un clodo quand même, hein les mecs ? lance benoîtement Grizzli. Sécateur, amène la princesse aux gogues et assure toi bien que son petit tuyau vise le fond de le cuvette, on voudrait pas saloper un intérieur aussi coquet !!!
Une fois sur les toilettes, Mirko s’assure que la porte est bien fermée et il branche le petit appareil audio disponible dans toutes les pièces de l’appartement qui lui permet d’être en contact permanent avec son infirmière en cas d’urgence. Le contact enfin établi, il se met à parler de façon intelligible le plus doucement possible.

* * * * * * *

- Il se mouche pas du coude votre balance, siffle Farid, admiratif, en descendant de la voiture et en contemplant la résidence de haut standing où habite Mirko Rachac.
Le Tunisien ouvre le coffre et va pour prendre le terrible fusil à pompe Spas quand Bibi pose sa main sur son épaule :
- Micheline a dit « discret », abruti.
- Toi le parjure, tu me touches pas, gronde « la Pierrade ». Les mecs vicelards qui se la jouent miel pis qu’en profitent pour me sécher une droite, je peux pas les encadrer.
- Je me suis excusé…
- Ouais ben la prochaine fois je te flinguerais en traître comme la grosse fiottasse que t’es pis j’m’excuserais quand tu ramasseras tes tripes par terre alors !
Devant un Bibi silencieux qui réfrène par miracle son envie de l’étrangler, Farid en rajoute, adoptant une voix de fausset et roulant des épaules en papillonnant des cils comme un giton :
- Oh pardon d’avoir crevé ta panse de pourri, Bibi ! Pardon, pardon, pardon !!! Dis mon joli, tu m’en veux pas trop j’espère ?
- Vous êtes prêts, les garçons ? s’enquiert Micheline en faisant le pied de grue devant l’entrée.
- On arrive, répond suavement Farid en collant un pistolet-mitrailleur HK dans son blouson et en bourrant ses poches de chargeurs ce qui déforme comiquement le pauvre vêtement.
- T’as peur de manquer ? T’étais un biafrais des bastos quand t’étais môme ?
- Je suis prévoyant, moi ! Piske j’ai pas droit aux grenades et à l’artillerie lourde, je préfèrerai éviter de tomber en rade de carburant dés fois que ça chaufferait.
- Moi j’ai que mon flingue, tu sais.
- Ouais mais toi t’es con.

* * * * * * *

- Non je ne peux pas confirmer à 100% que l’information est valide, mon oncle, couine pitoyablement le commissaire divisionnaire de Guérinand dans son portable.
- Mais il est vraiment trop débile, bout Marmand juste à coté, les mains sur la tête.
- Oui mais c’est le chef, rétorque Morelli fataliste.
- Oui, mon oncle, opine stupidement du chef le Noble. Oui je comprends…
- Et gnagnagna, et gnagnagna, singe le mécontent. Moi je comprends qu’on va les rater encore une fois avec leur connerie de réunion de famille, se désespère Greg.
- J’ai mis tous les gars en alerte, commissaire, tempère Ricard. Au cas où…
- Bon y en a ras le cul là !!! bondit Grégoire Marmand.
Il arrache le téléphone au neveu passif et l’envoie bouler dans une chaise inespérément sur le trajet d’une bourrade vicieuse dans les cotes.
- Monsieur le ministre ? Commissaire principale Grégoire Marmand de l’OCRB à l’appareil !
- Comment ? Mais où est Eusèbe-Firmin ?!
- Il se repose ! Monsieur le ministre, je vais faire simple : nous avons une chance inespérée de mettre un terme à une affaire sanglante qui a déjà coûté la vie à plus de trente personnes en à peine vingt-quatre heures. L’information vient d’une infirmière à domicile qui a été contacté par son employeur actuellement retenu en otage. Cette femme n’a rien d’une mythomane et ses propos confirment la piste Albanaise que nous suivons. Si la presse apprend que nous avions cette possibilité et que nous l’avons laissé passer, vous imaginez les retombées médiatiques et politiques.
- Mais heu… c’est mon téléphone à moi !!! gémit de Guérinand en fond alors qu’il est solidement maintenu assis par Morelli et Ricard.
- Très bien. Vous êtes responsable de l’opération, Marmand. Si vous merdez, vous plongez. Et je ne me gênerai pas pour appuyer sur votre tête de tout mon poids, je vous préviens. C’est clair ?
- Limpide, monsieur le Ministre, raccroche Greg en arborant un sourire triomphant.
- Je n’avais pas fini de parler à tonton, hurle hystériquement le Noble.
- Ta gueule, c’est moi qui reprends les commandes, bouffon ! coupe Marmand qui se retourne et s’adresse aux deux officiers de police prêts à bondir. Je veux seulement les unités tactiques sur le coup ! Pas de gyro, pas de képis ni de la caisse banalisée. Antoine, on fait un seul groupe. Ricard, tu déploies tes commandos. Tout le monde en piste, on peaufinera les détails dans les bagnoles.
- Moi je fais quoi, demande de Guérinand, vaincu et pitoyable.
- Toi tu suis le mouvement si tu t’écrases et que tu te tiens éloigné des escaliers : y paraîtrait que les fauteuils roulants tombent drus en cette saison !

* * * * * * *

Prochain épisode : Boucherie
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Dam7s
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par Dam7s » ven. 7 janv. 2011, 11:15

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just1taf
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par just1taf » ven. 7 janv. 2011, 11:44

Bonjour Dou2
Toujours pêchu et bien ciselé tes récits, y'aura combien de chapitres ?
Parce que je préfère lire à la suite… j'ai survolé 1 et 2 c''est prometteur !
:plus1: :respect:

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Dou2
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par Dou2 » ven. 7 janv. 2011, 12:06

Merci Just !
Il y a 11 chapitres.
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par Mac » ven. 7 janv. 2011, 17:00

Argh il en a mis qu'un le fourbe aujourd'hui !!!! :o

La suite viiiiiiite !
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par lyzzye » ven. 7 janv. 2011, 18:58

ben moi suis devenue accroc, vais être triste au chapitre 11...
Me régale à chaque fois, merci Dou²
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par Mily » dim. 9 janv. 2011, 16:31

C'est vraiment trop bien !!!
Allez, on s'y remet Dou²... La suite, la suite, la suite !!!!!!!!!!!!
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par Dou2 » mar. 11 janv. 2011, 10:23

Merci les amis !
Pardon j'avais zapé qu'hier j'étais ces saletés d'angliches...

Je mets en forme le chapitre suivant et je le poste dans la foulée ! :)
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par zwell » jeu. 13 janv. 2011, 21:22

bien bien vu le titre du 8 je me fait une tite pause on verra la suite demain

mais bien franchement bien, on sent du béru, du sin city, du kaamelott, du audiard, du blier, du Mocky dans tes inspirations et ça fait un mix assez unique
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 8

Message par Dou2 » lun. 17 janv. 2011, 11:10

Pour être 100% honnête, je pensais que mes inspirations venaient plutôt d'Albert Simonin (le Hotu, Touchez pas au Grisbi...etc...) et surtout Joël Houssin (le Doberman / Marmand est un clin d'oeil en forme d'hommage à son légendaire Commissaire Cristini).
Mais néanmoins tu dois aussi avoir raison vu que j'aime l'ensemble de ce qui figure dans ta liste... ;)
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