RécréationViande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Ici on parle de tout et de rien, excepté de la cigarette électronique !
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Dou2
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Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par Dou2 » mer. 5 janv. 2011, 10:56

Chapitre 6: retour vers le futur

Ils ont garé le véhicule à coté d’un gros pont métallique qui enjambe le canal. Toujours fâchés et donc silencieux, ils attendent la nuit pour approcher de la bicoque. C’est une jolie petite fermette à l’ancienne en bord de flotte ; le genre d’endroit où on passerait bien sa retraite. Mais de retraite, Raoul et Farid risquent de pas en voir le bout d’une si Micheline n’en a pas un peu plus appris sur leurs poursuivants. Au prochaine pépin, ils n’auront peut être pas autant de chance et à force d’évoluer dans le potage, on finit par boire la tasse.
Bibi n’est pas complètement idiot. Avec tous les éléments concordants, il se doute bien de l’identité des commanditaires. Mais il n’est pas du style à se satisfaire de doutes. Ce qu’il lui faut, ce sont des certitudes. Y aller à tâtons avec les mecs qu’il renifle derrière l’embrouille ne peut que finir mal. Hors le grand Tueur a bien l’intention de profiter des nombreuses années qu’il lui reste. Surtout maintenant que sa moitié a retrouvé l’appétit de vivre.
Cinq ans qu’il attend ça chaque jour que Dieu ou un autre barbichu du même acabit fait. Alors ce n’est pas pour se laisser gâcher son bonheur par les fantômes du passé.
- Tout s’est bien déroulé ? demande Micheline du salon voisin lorsqu’ils poussent la porte d’entrée.
Cette nana le scie littéralement. Raoul est certain qu’elle n’a même pas été s’assurer que c’était bien eux. Elle sait, point barre ! Comme s’il n’y avait pas eu d’autre épilogue possible à l’épisode chez Max.
- Un vrai tapis de bal ! ricane Farid. Je me suis retrouvé dans une baignoire avec ton mec. C’est un sacré peloteur mais il a arrêté quand il a constaté que la réputation des Tunisiens n’était pas une légende.
- Surtout coté grande bouche… croit bon de préciser le grand Tueur en détachant son holster.
- Et toi sinon à part ça, tout baigne ? s’enquiert le Tunisien dans vraiment attendre de réponse. Nous on s’est bien éclaté en tout cas !
- D’après la télé ce serait plutôt les autres qui se seraient faits éclater, répond Micheline, amusée.
Elle est assise devant une de ses fichues bécanes en train de taper sur son clavier comme une pieuvre hystérique et ne se retourne toujours pas. Raoul sourit en constatant qu’en plus du matériel informatique, elle a aussi acheté des fringues qui ne la transforment plus trop en sac à patates. Ce n’est pas encore la Casta mais on voit bien qu’il y a un effort de fait.
Ca lui fait plaisir.
- Il y a à manger dans le frigo et du remontant dans le gros buffet, les garçons. Je termine un truc et je suis à vous, pianote la Grosse.
- A nous ? Chouette ! Remarque vu le morcif je peux même inviter des potes, taquine l’imprudent Farid.
- T’as pas cicatrisé encore du blair que t’en redemandes, le maso ? souffle Raoul en pinçant les lèvres. Je t’ai prévenu d’arrêter les vannes sur les volumes de ma nana sinon tu vas encore becter le peu de ratiches qu’il te reste…
- Tu fais bien de m’en reparler, Bibi ! Faudra que tu paies pour cette dernière tape sournoise que tu m’as collée en plein dans les pansements, vilain traître.
- Y avait pas d’endroit libre ailleurs avec ta tronche de momie, l’arbi !
- Fais ton malin devant ta gonzesse, t’as raison, prévient Farid en pénétrant dans la cuisine suivi par son meilleur ennemi. N’empêche que j’oublie rien, moi ! D’ailleurs je voudrai bien que vous m’affranchissiez un poil sur les vilains qui nous talonnent. Histoire que je puisse expliquer à Allah ce que je fous là quand je rejoindrai le Paradis. J’aime pas avoir l’air con…
- Pour l’air, faudra un miracle, mais pour l’histoire, je pense que tu as mérité une explication c’est vrai. Croutons un morceau en attendant Micheline et elle te fera un petit topo. Elle raconte mieux et c’est surtout son histoire à elle.
- J’espère qu’elle a pas prévu que du porc à jaffer, la grosse cochonne ! glousse Farid, content de lui, en ouvrant la porte du frigidaire d’une main et en se tapant sur la cuisse de l’autre.
- Tu pourras pas dire que t’étais pas prévenu ! J’espère surtout pour toi que le carrelage est pas trop froid, gronde Bibi en lui allongeant une gauche de bûcheron droit dans l’oreille.

* * * * * * *

L’unique canapé du salon a manifesté bruyamment son mécontentement d’être sorti de sa poussiéreuse léthargie par le derrière imposant de Micheline. S’avouant finalement vaincu après qu’une troisième latte ait définitivement succombé, il supporte stoïquement le tendre câlin silencieux entre Raoul et son deux-tiers.
- Tu aurais quand même pu l’allonger sur quelque chose de plus confortable, murmure Micheline, faussement outrée, en désignant le Tunisien assommé toujours à plat ventre sur le carrelage.
- Si j’étais assuré que ça le garderait dans le potage, je l’aurai bien collé dans son pieu mais tel que je connais le lascar, c’est le genre à pas trouver de différence entre pioncer sur des parpaings ou dans un lit à Baldaquin alors j’allais pas risquer une sciatique.
- C’est amusant comme ton dos te laisse en paix par contre lorsqu’il est question de lui envoyer une droite…
- Mon dos est plein de bon sens, ma Puce, murmure le Tueur en affirmant un peu plus fermement sa prise sur l’amour de sa vie.
- Vous m’avez fait peur, Grand… lance Micheline comme à regret. Je vous attendais bien plus tôt et j’ai vraiment craint qu’il ne te soit arrivé quelque chose. Ce n’était pas très gentil, Bibi…
- Excuse ma puce, mais c’est pas l’impression que tu as donnée quand on est arrivé pourtant, se rebiffe gentiment Bicarosse qui boit du petit lait.
- Je ne suis pas encore très douée pour faire part de me sentiments, tu sais. Avant, je les masquais pour survivre ; pendant cinq ans je n’en ai plus eu ; du coup, j’ai besoin d’un peu de temps pour réapprendre à simplement être naturelle.
- Tu auras tout le temps qu’il te faut, ma belle.
- En attendant que le moche au bois dormant refasse surface, tu me racontes ?
- Ben en fait, c’était justement une idée de l’endormi. Après coup, j’avoue que c’était pas si idiot que ça en avait l’air. Mais tu lui dis pas hein, sinon il va être encore plus intenable !!! s’inquiète Raoul.
- Meuh non ! le tranquillise la Baleine, très amusée. Loin de moi l’envie de m’immiscer dans votre aussi virile qu’inespérée amitié !
- Vas-y moque toi, tiens ! dodeline du chef le taquiné. Bon pour en revenir à notre affaire, on avait peu de chances d’être passés inaperçus en quittant ce qu’il restait de la maison de Max « le pianiste ». Il y avait de fortes chances pour que l’Audi qu’il nous avait laissée soit rapidement grillée malgré les jeux de plaques en cadeau.
- Vraiment sympa, le Max…
- Clair ! C’est quand je roulais pour regagner l’A6 et te rejoindre que l’autre emmerdeur m’a saoulé avec une histoire d’embrouille que ses cousins avaient à Orléans. Au départ j’étais pas trop jouasse mais c’est vrai qu’on prenait un sacré risque en piquant direct sur ton bled. Après coup en plus, j’avoue qu’on a même fait une bonne action.
- Farid et toi ? s’étrangle la grosse de rire.
- Nan sans dec’, tu vas voir ! Bon alors Paname enfin quitté, je mets le cap sur l’autoroute du Sud, direction Orléans. On grille un jeu de plaques jusqu’au péage et le second pour en sortir. Ca fait bien longtemps que je sais que les flics ne sont malheureusement pas aussi cons qu’ils en ont l’air…
- Connais ton ennemi et tu le respecteras, respecte le et tu le vaincras, méprise le et tu en mourras, récite doctement la Grosse.
- Un truc dans le genre, ouais ! cligne de l’œil le Grand, épaté par le sens de l’à propos retrouvé de sa compagne. Une fois rendu à Orléans, on sait qu’il faut nous magner de refourguer la tire. On fait un saut rapido chez la tante de Farid – c’est celle qui a des misères ! - et la vieille rebeu nous fait un topo pas triste sur une bande de blacks pas piqués des hannetons. Tu les connais les Tunisiens, ce sont des sacrés baratineurs !!! Mais là, la tata elle me colle vraiment les boules quand j’entends de quoi sont capables les autres petites merdes. Du coup on est d’accord pour leur jouer un plan pourri et on déboule avec l’Audi sur les bords de Loire dans un coin à putes pérave où les nuisibles rodent. Perfectionnistes, on a bien entendu pris soin de remettre les plaques d’origine sur la voiture avant. En cinq minutes, les voyous nous tombent dessus et nous chouravent la bagnole en allant même jusqu’à nous cogner dessus pour s’amuser avant de filer. Tu veux qu’j’te dis : y a plus d’jeunesse !!! La suite est pas bien compliquée…
- Vous avez volé un nouveau véhicule moins voyant et vous m’avez rejointe.
- Bah vi…
- Donc vous voilà métamorphosés du statut de vilains criminels à gentils justiciers finalement ?
- Exactement, madame la moqueuse ! Même que les poulets seront notre bras vengeur sans le savoir. Une sorte de coopération miraculeuse pour le bien des faibles !
- Ce qui va être miraculeux c’est si tu t’en tires cette fois tellement je vais taper fort, saloperie !!! gronde l’arabe qui relève la tête en massant sa pommette aux couleurs printanières.
- On dirait que t’as le réveil grognon, « la Pierrade » ! se renfrogne Bibi sans pour autant sortir du canapé.
- Normalement non pourtant, s’insurge l’arabe en prenant appuis sur son coude. Au dire des gonzesses, j’ai même la sortie de paddock joyeuse ! D’ailleurs c’est dingue mais je sens la bonne humeur qui revient en imaginant la dérouillée que je vais te coller !

* * * * * * *

Cinq ans qu’elle attendait ce moment sans même oser l’espérer. Elle aurait prié si elle avait toujours la foi, une denrée rare depuis « l’accident »…
Nathalie Cotré termine la seconde bouteille de champagne qu’elle s’est sifflée toute seule comme une grande après avoir reçu le message tant attendu.
Elle est carrément « paf » maintenant.
Et elle va se faire pipi dessus si elle n’arrive pas aux toilettes à temps.
L’alcool ne l’aide pas franchement à récupérer ses béquilles et à se redresser. Aussi assurée qu’un culbuto en pleine tempête, elle fait avancer ses pauvres jambes mal soignées du mieux qu’elle peut mais sent qu’elle ne pourra pas se retenir plus longtemps.
Oh et pis mince !
Elle se laisse choir plus qu’elle ne s’assoie et urine tranquillement dans son pantalon. Se bitturer quand on n’a pas de prostate pour contrôler l’ensemble n’est pas franchement une idée très rationnelle.
La belle affaire !
Elle en crève d’être rationnelle.
Elle pisse paisiblement en soufflant d’aise, la tête légère.
Elle glousse stupidement en pensant à la tête que Catherine « la Fouine » ferait si elle voyait dans quel état pitoyable se trouve la pièce maîtresse de son réseau. Saoule comme une Polonaise en vacances et souillée comme un bambin mais arborant un franc sourire de joie absolue.
Elle se demande si Catherine la reconnaîtra après toutes ces années ?!
Comme d’habitude, elle sait que la tueuse n’aura pas bougé d’un iota, elle.
C’est le coté magique de « la Fouine » : une sorte de classe naturelle et une forme d’assurance innée qui rendent tous les hommes amoureux d’elle et les femmes haineuses.
Ou amoureuses aussi…
Nathalie se traîne vers la salle de bain. Il lui reste plus de temps qu’il n’en faut avant l’heure de son prochain contact avec « la Fouine » pour se requinquer sous une bonne douche brûlante. Elle aura même suffisamment de temps pour pleurer une fois encore sur ce qu’elle est devenue et appeler de toutes ses forces le funeste destin qui va être le sien maintenant que sa meilleure amie qu’elle a trahie est de retour.

* * * * * * *

- Tu aimes les contes de fée, Farid ? demande la grosse au Tunisien qui – un peu interdit - consent à baisser le couteau de cuisine avec lequel il s’apprêtait à découper Bibi.
- Clair, cocotte ! Les Mille et une nuits, c’est pas une invention de Gaulois que j’sache !
- Et les contes de Grimm ?
- C’est les trucs avec les ogres, ça ?! Ouais j’aime bien même si ça m’foutait drôlement les jetons quand j’étais mioche.
- Alors laisse-moi te raconter une histoire très triste et qui fait peur…
- Bon d’accord, grogne le Tunisien en baissant son arme. Je tuerai le gros salopard après…
Et il se jette fesses les premières dans le fauteuil attenant sous le regard franchement agaçant de Raoul qui feint la terreur, la bouche en cul de poule et les doigts papillonnant. Le taquin se calme et s’assoit à son tour sur une chaise après que Micheline lui aie adressé une de ces mauvaises œillades dont elle a le secret. Maintenant que l’ambiance est enfin adéquate, le regard de la Grosse se perd dans le vide et elle commence à parler d’une voix douce et profonde :
- Il était une fois une ancienne agente de terrain des services spéciaux de la DGSE qui avait décidé de se mettre à son compte…
- Ah ben bonjour la princesse, tiens ! chuchote Farid.
- Farid… grince doucement Bibi.
- Ouais pardon. Donc une barbouze, quoi !
- Exactement. Cette femme était désabusée, écœurée par les magouilles des politiques et les coups pourris des grandes entreprises gouvernant le pays en sous main.
- …tous des ***[censure auto terme diffamatoire]***…
- Elle se disait que quitte à faire des saloperies, autant qu’elle en vive et qu’elle les choisisse.
- …et elle avait bien raison ! Vaut mieux petit chez soi que grand chez les autres moi j’dis !
- Elle s’appelait Catherine Régeant et son nom de code était « la Fouine ».
- La Fouine ? Ah ben tu parles si je connais !!! La « tueuse de fous » qu’on l’appelait, trouve bon de la ramener à nouveau le Tunisien. Elle dézinguait les sadiques et les tarés qui massacraient les mômes ! Un genre de Zorro des zinzins mais avec une paire de meules, quoi !
Micheline s’arrête et regarde le trublion qui sourit aimablement de toutes ses dents absentes. Raoul se dit que ça va péter, qu’elle va probablement égorger le Tunisien avec un couteau à beurre rouillé pour ses interruptions ou pire, lui sauter dessus jusqu’à ce qu’il soit plus plat qu’une crêpe bretonne.
Mais non.
Ce moment qu’elle espérait peut être chargé d’émotion n’est pas franchement adapté avec un public comme Farid et elle aura beau mettre toute la souffrance et la douleur qu’elle veut dans ses propos, ces nuances n’effleureront pas « la Pierrade ».
Il n’a pas l’imagination et la sensibilité nécessaire, ne peut pas rester concentré plus longtemps qu’un mouflet de cinq ans sans l’ouvrir et surtout, il est habitué à l’horreur et à la violence.
C’est un survivant.
Tout comme elle et Bibi.
Alors tant pis. Elle se la jouera pompeuse et dramatique quand elle aura écrit ses mémoires et passera à la télé parce que là, face à ces deux barres de fer, le seul risque qu’elle prend est qu’ils partent en vrille en ricanant et que ça finisse pas l’agacer.
Elle essaie quand même de sensibiliser le Tunisien au fait qu’elle aimerait placer plus d’une phrase sans qu’il ne commente :
- Je peux continuer ?
- Bien sur voyons. J’vais pas le faire à ta place, j’connais pô l’histoire d’toute façon ! Vas y j’dis plus rien. Sur la tête de ma sœur ! pontifie le futur parjure.
- Bon… Les services français n’appréciaient pas vraiment de se séparer d’un agent aussi « brûlant » mais Catherine avait eu l’intelligence de mettre à l’abri suffisamment de dossiers sales impliquant des personnalités de premier plan pour éviter les « accidents ».
- C’est bien ça… Les accidents ça craint ! Moi je mets toujours ma ceinture. Surtout si c’est bibi qui conduit...
- Le réseau de contacts et d’informateurs très complexe qu’elle avait développé durant toutes ces années restait sa seule propriété et elle l’utilisa alors pour s’imposer dans le monde de l’assassinat sous contrat. Ses débuts furent aussi spectaculaires que fulgurants et sa réputation d’infaillibilité lui amena rapidement une clientèle et des missions de choix.
- Même nous on l’aurait bien fait bosser, « la Fouine ». Pour effacer ce nuisible de Omar « Maroco » par exemple. Il tuait pas des moufflets mais il charcutait les filles. Sûr que « la Fouine » elle aurait trouvé que c’était un bon client, l’Omar ! Mais elle coûtait trop cher pis fallait la joindre avec un ordinateur et tout ça. Déjà qu’entre mes télécommandes de télé et de magnétoscope, j’en chie des caisses alors z’imaginez la loose ‘vec un ordinateur…
- Pourtant – à sa façon – « la Fouine » était une idéaliste, continue la Grosse. Elle s’était spécialisée dans les éliminations mafieuses et se tenait écartée de toute implication politique.
- C’est con. Omar ça collait « pile poil » ! Une vraie mafieuse, cette purge là ! Coté politique, je crois qu’il avait plus le droit de vote à cause d’un braquage qu’avait mal tourné en couilles. Une banale erreur de jeunesse comme tous les jeunes ils en font quoi…
- La structure qu’elle avait développée lui garantissait un anonymat absolu et les mesures de sécurité qu’elle employait la prémunissaient contre toutes les tentatives de rétorsion et de vengeance dont les tueurs professionnels sont trop souvent victimes. Elle gagna énormément d’argent en un laps de temps extraordinairement court et s’apprêtait à raccrocher définitivement. Mais elle crût bon d’accepter un dernier contrat…
- Ah ça, c’est comme le dernier verre, hein ! Enfin moi j’bois pas mais j’ai qu’à zieuter la gueule à Bibi pour voir l’résultat…
- Il s’agissait d’une mission à l’étranger. En Albanie. La somme versée était faramineuse. Ca pouvait s’expliquer par le pays d’opération mais elle aurait quand même dû se méfier d’une avance pareille et se douter qu’elle ne toucherait jamais le solde. L’Albanie est un pays particulier, miséreux, et peuplé d’habitants qui sont restés écartés du monde, écrasés par une dictature parmi les plus terribles qui soit. Ses mafieux sont à l’image du pays : durs et sans pitié car ils n’ont rien à perdre.
- Je connais les Albanais, pontifie le Tunisien. Ce sont des crevûres ! Genre tu leur sers la louche, ils te tirent ta montre et tes bagues ! Les hyènes que c’est, j’te jure !
- Il y a quelques années, de nouveaux réseaux de prostitution particulièrement immondes fleurissaient en occident. Des filles, pour la plupart enlevées ou abusées dans les anciennes républiques soviétiques, se retrouvaient dans des centres de dressage où elles étaient « prises en main » et cassées pour devenir de bons tapins. Privées de papier d’identité, ne connaissant pas la langue, changées de pays tous les mois, ces esclaves du sexe étaient entre autres la propriété de réseaux Albanais. Catherine Régeant avait effacé le principal parrain qui gangrenait l’Italie avec ses méthodes dégueulasses à la demande d’un gang Napolitain. La férocité sans nom de sa cible de l’époque avait grandement facilité les choses. Elle considérait ces monstres comme un cancer que nos gouvernements corrompus encourageaient par leur aveuglement et leur faiblesse. Au détriment de toutes les filles vendues et torturées.
- Ouais je sais… J’ai vu l’émission à la télé aussi. Déjà qu’nous on est pas des tendres avec les filles des fois, mais jamais on pourrait faire les trucs que ces malades font. C’est pas des hommes…
- Les employeurs de « la Fouine » souhaitaient faciliter sa mission au mieux alors ils multipliaient les contacts pour elle sur place et les aides logistiques de toutes sortes. C’était courant dans les pays de ce style mais elle refusa comme à son habitude, ne comptant que sur son réseau habituel. Deux jours avant la date d’exécution, elle entrait en Albanie par ses propres moyens. La cible était un certain Rachko Piavic, un tueur redouté qui régissait le centre de « dressage » le plus horrible de tous.
- Et elle l’a buté ?
- T’es le genre à commencer un bouquin policier par la fin, toi ! intervient enfin Raoul.
- Bouquin policier ?! Vas-y l’autre, traite-moi d’balance aussi ! Si j’peux même plus poser une question…
- Ce qu’elle ignorait, reprend Micheline sans même se crisper, c’est que son soi-disant client qui se faisait appeler « le Monsieur » était le frère du parrain Albanais qu’elle avait éliminé en Italie et que la mission était un leurre pour s’emparer d’elle et lui faire payer l’exécution. A cause des mesures de protection dont elle s’entourait, c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour l’atteindre : l’engager.
- Pas con le mec. Alors les Albanais ont buté « la Fouine » !!!
- En quelque sorte… Elle fut capturée avant même d’avoir approché sa cible. L’endroit avait été organisé comme une véritable nasse pour l’empêcher de s’échapper. Ils payèrent le prix fort mais ils parvinrent à l’avoir vivante.
- Lalalalala comment elle a dû morfler…
- Rachko Piavic commit une erreur : il était fasciné par la mystérieuse tueuse et il tint à se trouver seul en face à face avec elle pour lui expliquer le traquenard où elle était tombée avant de l’exécuter. Comprenant qu’il s’agissait d’une dette de sang et qu’elle ne rachèterait jamais sa liberté par une rançon, elle lui lacéra horriblement le visage avec le verre en Cristal qu’il avait jugé bon de lui donner pour trinquer à sa défaite. Elle aurait su ce que lui coûterait cette ultime réaction, elle se serait plutôt tranchée la gorge…
- Il devait pas être jouasse, le mec…
- Piavic était surnommé « l’Ange » pour sa beauté parfaite avant qu’elle ne le défigure. Il décida effectivement de lui faire payer sa blessure de la plus horrible façon.
- Oh ça va faire peur là…
- Elle fut emmenée dans le pire des centres d’abattage. Elle y fut attachée à même le sol puis violée à la chaîne et battue sans discontinuer. Comme elle n’était pas encore assez docile – et pour éviter un second « accident » perpétré sur un de ses tortionnaires qui voulait une petite gâterie – ils lui arrachèrent très précautionneusement les dents l’une après l’autre.
- Beurk… elle lui a croqué la tige… Sacré gonzesse dis donc !
- Après une semaine de ce traitement, elle n’était plus qu’une bête, une créature primaire incapable de penser. Battue, tailladée, elle était devenue une plaie à vif mais elle demeurait sous la surveillance constante du « Chirurgien », un sadique aussi doué pour torturer que soigner qui lui dispensait les soins nécessaires pour qu’elle ne meure pas « trop vite » et évite l’infection. Finalement, devenue irrémédiablement folle et mortifiée dans sa chair, ils la jetèrent dans un trou puant où ils venaient se soulager, décidés à l’y laisser pourrir lentement.
- Les enculés… Elle est morte dans un trou de chiottes… Vacherie…
- Ce que Rachko Piavic ignorait c’est que la nature humaine se marie mal avec les secrets. Les membres du centre qu’il dirigeait s’étaient allègrement vantés d’avoir capturé leur légendaire proie et ils s’épanchaient volontiers sur ce qu’ils lui faisaient subir. Un membre du réseau de « la Fouine » s’était attaché à la localiser dès qu’elle avait disparue. Une fois le lieu de détention confirmé, il fut confronté à un problème autrement épineux : les Albanais et leurs méthodes terrorisaient déjà la plupart des gangs occidentaux et aucun n’osait entreprendre une action contre eux, à fortiori en Albanie, malgré la fortune qu’il offrait pour l’extraction.
- Une fortune genre combien ?
- Genre toute la fortune qu’elle avait amassé durant ces années d’activité s’il le fallait.
- C’est genre vachement j’imagine…
- Un peu plus que ça.
- Moi j’y serai allé, tu sais !
- Oui mais tu n’étais pas au courant.
- Ah ouais nan c’est vrai… C’est ballot… Bon ben vu que c’est pas moi, c’est qui qu’a pris le taf’ ?
- Un seul mouvement accepta de s’impliquer : les Basques ! Ils avaient besoin de fonds pour financer l'ETA et étaient déjà en guerre contre les Albanais qui étendaient leur lèpre jusqu'en Espagne. Ils disposaient d’une équipe de mercenaires sans scrupules et sacrifiables qu’il avaient embauchés précisément pour contrer les Albanais. Ils consentirent donc à louer cette unité d’élite pour faire d’une pierre deux coups dès lors que le prix proposé était suffisant. C’est comme ça que le Commando put être envoyé en un temps record pour ramener « la Fouine ».
- Whao… C’est comme dans les films au Vietnam et tout…
- Sur les dix mercenaires engagés – tous des vétérans rompus aux missions les plus impossibles - seulement trois revinrent en vie. Les Albanais sont des bourreaux effroyables mais aussi des combattants enragés. Ce qui restait de Catherine Régeant dit « la Fouine » fut transporté dans une clinique en Suisse où le solde de sa fortune permis de soigner son corps supplicié. A défaut de son esprit. Elle ne se remit jamais du traumatisme et disparu de la surface de la terre.

La grosse arrête de parler, lève la tête et pose son regard calme sur Farid. L’exercice était nécessaire et finalement beaucoup plus simple qu’elle ne se l’était imaginée. Elle est purgée. Elle sourit, attendant avec une forme de gourmandise retenue la prochaine bêtise qui ne va pas tarder.

- Hé ben… Trop flippante ton histoire… Mais déjà c’est bien qu’elle soit pas cannée dans la fosse à ***** ! Ca finit bien. P’têtre même qu’elle s’est mariée avec un de ses sauveteurs et qu’elle a eu pleins de petites fouines après, on sait pas. Surtout qu’ses trous y z’ont bien du se refermer à force !!! murmure le Tunisien avec un regard gêné de gamin pleins d’espoir.
- Mais c’est pas croyable ce que tu peux être con, mon pauvre Farid, explose de rire Raoul, les yeux au ciel.
- Quoi d’abord ? Puisque Micheline te dit qu’on sait pas pour après ! Moi j’aime les histoires qui se terminent bien, j’y peux rien si j’suis un sensible.
- C’est juste une projection, cette histoire, Farid, se lamente Bibi. Un joli récit simplifié pour être compréhensible par un pauvre cake tout crétin afin de lui expliquer notre situation actuelle.
- De quoi donc ?
- Je faisais partie du commando qui a exfiltré Catherine d’Albanie, Banane flambée ! Ca s’est passé lors de mon second retour de la Légion et je faisais la seule chose que j’ai jamais su faire : je me battais pour le plus offrant.
- Ah ben voilà ! C’est pour ça que les Albanais nous cherchent ! Chuis pas complètement débile si on m’explique correctement, patate.
- Si t’es complètement débile vu que ça n’est pas moi qu’ils cherchent, c’est Catherine.
- Tu sais où qu’elle est ? Elle est plus cinoque ?
- Mais ***** tu le fais exprès, gros nœud !!! Micheline EST Catherine Régeant. C’est ELLE la « la Fouine ».
- Ah… ?!
- Ben ouais…
Le Tunisien troque son oeil mauvais pour le modèle scrutateur à qui on ne la fait pas. Il fait claquer sa langue et lance, l’index levé:
- A cause que c’est quand même une barrique, moi je croyais que Micheline c’était genre le mec du réseau de « la Fouine » qui avait tout organisé. Avec son ordinateur et tout, tu vois.
- Ben non…
- Alors c’est toi « la Fouine », Micheline ?
- C’était moi, oui.
- Et t’es plus timbrée.
- Disons que je me réveille doucement.
- Et tu veux te venger ?
- La vengeance n’est pas ma motivation. Je suis simplement obligée de terminer ce que j’ai laissé inachevé si je veux survivre. Ils ne me lâcheront plus maintenant qu’ils ont retrouvé ma trace.
- C’est clair. C’est des Pitt-bulls ces Albanais…
- A nous de leur prouver que nous sommes des loups dans ce cas.

* * * * * * *

Une fesse osseuse posée sur le rebord de la table de réunion, Grégoire Marmand souffle longuement comme un sportif avant l’effort. A priori, ce qu’il va annoncer aux deux hommes présents dans la pièce ne lui plaît guère. Le ton sentencieux qu’il utilise le prouve sans équivoque lorsqu’il s’adresse enfin à la cantonade :
- Messieurs, puisque le préfet m’a ordonné de jouer franc jeux avec vous, j’obéis aux ordres. Il a insisté pour que notre coopération se déroule dans un pur esprit de transparence et avec le recul et le respect dû à nos grades et attributions respectives,
- Ce qui veut dire ? raille le commissaire principale Morelli.
- Ce qui veut dire que je commande et que tu fermes ta grande gueule. C’est assez clair ?
- Limpide. C’était juste pour être certain que tu n’avais pas reçu un pet au casque à utiliser des grandes phrases comme ça, se marre le Gominé.
- Je m’inscris en faux, commissaire Marmand, s’excite le commandant de Guérinand en se trémoussant sur sa chaise pire qu’un fakir sur un matelas de plume. Je dispose d’un grade supérieur au votre et suis – par conséquent – implicitement l’officier en charge de l’opération.
- Ben non, mon Pougin ! gronde Greg le Dèg’, prenant bien soin d’appeler le vaniteux par son nom républicain vu que rien ne l’énerve plus. Vous n’aurez qu’à demander au ministre si vous z’êtes pas content. C’est moi le patron et c’est comme ça et pis c’est tout. Faut croire que la rencontre inopportune à l’hôpital entre votre gros blair noble et le fauteuil roulant de l’inspecteur Leçon n’a pas renforcé votre crédibilité auprès des Huiles...
- C’est contraire à toutes les convenances… maugrée l’officier du RAID en tripotant distraitement sa gouttière nasale toute neuve.
- Provoquez le ministre en duel si vous z’êtes pas jouasse mais là on a du travail, ok ?
- Non pas « ok » mais je n’ai pas trop le choix à ce que je constate…
- Si : vous avez le choix de la fermer ! reprend Greg, ignorant les bruits de bouche du scandalisé pour désigner les photos épinglées sur le tableau de briefing. Bon, voilà ce que nous savons : Raoul Bicarosse, dit « Bibi », probablement aidé d’un complice, a refroidi six types dans l’entrepôt de Farid « la Pierrade » ce matin. Ces mêmes types avaient au préalable exécuté froidement l’intégralité du gang de Farid d’une balle dans la nuque.
- Excusez-moi, commissaire, je peux poser une question ? demande le Noble, ce qui agace Marmand qui imagine que si c’est déjà le cirque alors qu’il n’est pas encore entré dans les sujets compliqués, la suite va être pénible.
- Greg… tempère Morelli, amusé. Transparence, recul et respect, tu te rappelles ?
- Ouais, ouais, je sais… Alors c’est quoi que vous voulez savoir, de Guérinand ?
- C’est Bicarosse sur la photo de droite ?
- Non ça c’est Farid. Bicarosse est à gauche.
- Il n’est pas mort ?
- Bicarosse ?
- Non, Farid. Vous savez, dans l’entrepôt…
- Hum… Alors non, ce sont les mecs de son gang qui sont canés. Farid n’était pas au compte des macchabés et nous le recherchons aussi activement vu qu’il est suspecté d’assister Bicarosse.
Constatant que le Noble louche littéralement sur l’image, Greg s’arrête et crois bon de préciser :
- Heu… De Guérinand, c’est quoi encore le souci ?
- C’est un arabe.
- Oui en effet, c’est un arabe. Un Tunisien même, si vous voulez tout savoir.
- Je m’en doutais…
- Vous vous doutiez de quoi ?
- Qu’il y avait un arabe dans l’affaire. Il y a toujours un arabe, vous avez remarqué ?
- Il y a toujours un arabe dans quoi ?
- Dans l’affaire…
Marmand et Morelli échangent un regard navré. Ils expliqueraient bien au Noble que la première raison qui fait basculer un type dans le crime c’est la misère et non pas son origine mais ils décident finalement sans même avoir besoin de se parler que ce serait du temps perdu. C’est avec un sourire forcé et un ton d’instituteur s’adressant à un élève pas trop gâté du ciboulot que Greg reprend la parole :
- De Guérinand, pas la peine de vous focaliser comme ça sur la photo du Tunisien, il semblerait qu’il ait légèrement changé de tronche depuis ce matin.
- Chirurgie esthétique en si peu de temps, s’étonne le commandant du Raid. L’homme est habile !
- Plutôt un pruneau en pleine tronche d’après les premières constatations du labo et des pansements retrouvés plus tard chez Max …
- Ah je vois, conclue de Guérinand qui ne voit rien du tout et encore moins comment on peut ramasser une balle dans la figure et continuer à déambuler tranquillement. Déjà qu’un fauteuil roulant dans le nez ça fait un mal de chien, alors une balle…
- On retrouve notre duo de choc au domicile de Maxime Reginski dit « le pianiste », un toubib du milieu qui rafistole les blessés thunés. Lorsque les lieutenants N’Ganno et Leçon arrivent sur place, ils se retrouvent en pleine bagarre. Le duo s’échappe encore, laissant derrière eux un nouveau tas de cadavres et un rescapé mystérieux tout esquinté que nous appellerons « le Troué ».
- Le mec de l’hosto, murmure le commissaire Morelli à de Guérinand.
- Le Balafré ? demande le mutilé du pif qui cherche vraiment à suivre.
- Nan, celui avec un trou dans le crâne…
- Dites donc, Messieurs, si vous voulez ma place, faut me le dire, hein ! s’emporte Marmand en désignant les comploteurs. Transparence, recul et respect je veux bien mais faudrait pas non plus pousser mémère dans les orties. Je serais aussi bien le cul dans un fauteuil que debout à tenter d’expliquer l’inexplicable à deux navets dissipés !
Les sermonnés affichent une mine contrite qui calme suffisamment l’autoproclamé conférencier pour qu’il poursuive :
- Donc… On perd la trace des deux flingueurs et la seule piste restante est leur bagnole – une Audi sport - sur laquelle toutes les unités de France et de Navarre planchent en ce moment même. « Le Troué » est transporté à l’hôpital. C’est là que survient un nouveau nuisible…
- Le Balafré, glisse de Guérinand à Antoine Morelli.
- …le Balafré ! confirme Marmand, le regard noir.
- Ah… sourit le Noble, satisfait.
- Le balafré est mis en déroute par les lieutenants N’Ganno et Leçon mais le RAID ne parvient pas à le capturer.
- Mon Dieu, ce qu’il ne faut pas entendre des fois… grommelle le commandant.
- Les premiers éléments de l’enquête nous ont permis de dire – grâce à des recherches fructueuses concernant les empreintes des mecs de l’entrepôt et les morceaux retrouvés dans le pavillon – que les agresseurs sont d’anciens militaires Albanais ou Yougos. Forts de cette certitude, nous sommes parvenus à orienter les recherches et ça nous a permis d’identifier « le balafré ». Il s’agit d’un certain Rachko Piavic dit « l’Ange »…
- Avec la tronche qu’il se trimballe, ça doit être de l’humour Albanais, se marre Morelli.
- Si on en croit son dossier, Piavic s’est taillé une méchante réputation de boucher durant le conflit Serbo-croate. Après sa prestation à l’hôpital, la présence d’un gus aussi dangereux chez nous n’augure rien de bon pour la suite. Maintenant revenons à nos moutons : Commandant de Guérinand, votre priorité est d’appréhender ce Piavic vivant.
- Vivant ? Il a abattu un de mes hommes et quatre « képis », ça ne sera pas chose facile…
- M’en branle le rikiki ! s’emporte marmand qui retrouve son phrasé préféré. « Le Troué » et ses sbires ont bien esquinté deux de mes gars et j’en fais pas une jaunisse ! On est les représentants de la Police Nationale, pas un escadron de la mort Brésilien.
- Et c’est lui qui dit ça, raille Morelli. Y en a qui chient pas la honte quand même…
- C’est pour moi que tu dis ça, le ravioli ? demande Greg, mauvais.
- Quand on est morveux, on s’mouche… rétorque l’autre, toujours souriant.
Les deux hommes se font face comme deux coqs de combat quand Mat « la Batte » entre dans le bureau comme une sonde lubrifiée chez un proctologue, agitant un fax pisseux comme s’il s’agissait du nouveau Goncourt :

- BOSS !!! ON A LOCALISE L’AUDI DE BIBI DANS LE LOIRET !

* * * * * * *

Prochain épisode : des cow-boys à la campagne
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Dam7s
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par Dam7s » mer. 5 janv. 2011, 10:59

Couché trop tard pas pu lire désolé.... Pourtant j'ai imprimé ces 6 chapitres et ils sont posés sur mon chevet ;) .
:lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par Bru » mer. 5 janv. 2011, 11:01

:lol: :lol: :lol: :lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par lyzzye » mer. 5 janv. 2011, 17:11

Encore une fois j'ai adoré, merci !! :)


Hum; l'est ou le chapitre 7?? quoi hein? j'abuse non c'est ta faute, ce serait moins bien, on en redemanderait pas autant.... :lol: :lol: :lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par Mac » mer. 5 janv. 2011, 17:24

Vrai, ça traîne....

Blague à part, je ne suis pas spécialiste, mais ça se lit bien, c'est bien écrit, donc la suite maintenant. J'espère au moins qu'il est fini, car je ne supporte pas de ne pas aller au bout une fois commencé si je suis intéressé.
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par Dou2 » jeu. 6 janv. 2011, 10:24

Merci Lyzzye :)
Je mets le capitre suivant "en forme" et je le poste dans la foulée.

Ne te bile pas, Macc: j'ai la même logique que toi donc je ne vous collerai pas le début d'un truc sans fin ;)
Pour info, il y a 11 chapitres au total et ils sont tous écrits depuis... 4 ans (même si je corrige et retouche pas mal en ce moment).
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par Mac » jeu. 6 janv. 2011, 11:09

Seulement 11 ???? :roll: :mrgreen:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par Dou2 » jeu. 6 janv. 2011, 11:14

Heu ouais vu que ça se termine :)
Mais les derniers chapitres sont plus longs que les premiers.

Et d'abord "zob" !!! :lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par zwell » jeu. 13 janv. 2011, 19:08

Ce qui veut dire ? raille le commissaire principale Morelli. >> principal

- Vivant ? Il a abattu un de mes hommes et quatre « képis », ça ne sera pas chose facile… >> cinq si je tiens bien les comptes : 4 dans la voiture et le planton a l'hosto

lol ya des must quand meme :

quand Mat « la Batte » entre dans le bureau comme une sonde lubrifiée chez un proctologue :D :respect:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 6

Message par Dou2 » lun. 17 janv. 2011, 11:01

Merci Zwell :)
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