RécréationViande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

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Dou2
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Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par Dou2 » mar. 4 janv. 2011, 14:48

Chapitre 5: un suppo et au lit !

Rachko le balafré a un triple problème : il parle français comme l’acteur Dolph Lungren dans Rocky IV, se trimballe globalement le même physique de montagne que le Suédois et sa tronche ravagée attire l’œil.
C’est amusant d’ailleurs cette fascination malsaine des gens pour ce qui fut visiblement beau et s’est transformé en vision de cauchemar. Car il est évident que le Monstre avait jadis un visage à la symétrie parfaite. Rachko sait que le peu de personnes qui osent le regarder plus d’une seconde sans ciller se posent systématiquement la question à deux balles : qu’a t-il bien pu arriver à ce pauvre garçon pour qu’il soit ainsi défiguré ? Ces mêmes curieux se préoccupent rapidement de leurs affaires s’ils croisent par malheur le regard mort du barjot tant il irradie l’inhumanité et la folie.
Le fait est que tous ces éléments ajoutés rendent donc un poil difficile la visite qu’il a prévu de rendre à Dragan depuis qu’il a appris le fiasco de la dernière opération. Sa dernière piste s’arrête chez ce Max « le pianiste » qui a comme par hasard disparu de la surface de la terre. Du coup, sans une petite discussion avec l’hospitalisé survivant, le Géant doute de pouvoir retrouver ses proies avant que le patron ne s’énerve vraiment. De plus, il ne sait pas ce que le cinglé du rasoir a raconté aux poulets. Dragan a une peur bleue de Rachko et ne lâcherait jamais le morceau mais certaines drogues peuvent annihiler la terreur la plus absolue et permettre aux policiers de remonter jusqu’aux commanditaires.
Ce que le géant préfèrerait éviter…
Fort heureusement, Rachko est un pragmatique.
Pas toujours un modèle de finesse dans son approche mais c’est plus par choix et amour du danger que par manque de finesse car le balafré est un tueur brillant qui sait parfaitement évaluer les risques et les enjeux. Il sait par exemple qu’en cette période de l’année, une fois la nuit tombée, les équipes hospitalières sont réduites, les visiteurs quasi-inexistants et les personnels de sécurité fatigués.
Avec les contacts du patron, il a aussi eu confirmation que ce crétin de Dragan est en réanimation au troisième étage. Vu qu’il envisage d’animer le virtuose du rasoir juste le temps de lui poser quelques questions pour ensuite l’inanimer définitivement, ça lui convient plutôt bien.
Seul souci qui peut s’avérer majeur pour les statistiques de la préfecture de police : avec sa tronche de cake pré-découpé, Rachko ne peut pas se permettre de croiser une seule personne et la laisser en vie. Rien de fondamentalement méchant dans son approche mais un simple constat selon lequel un procès sans témoin est plus facilement gagné. Et personne n’est à l’abri de se faire poisser de nos jours.
C’est avec ces objectifs simples en tête que le Géant fixe avec une belle application les silencieux au bout de ses deux monstrueux automatiques puis qu’il pénètre dans l’hosto par l’entrée des urgences.
Il se fend d’un sourire en pensant qu’avec son physique et sa veste en cuir, il doit donner l’impression d’être le T800 pénétrant dans l’immeuble de Police dans le premier « Terminator ». A part que Sarah Connor était nettement plus sexy que Dragan et qu’il espère qu’il n’y aura pas un hypothétique John Connor pour venir lui casser les roubignoles…

* * * * * * *

Mollement vautré dans son lit d’hôpital, le lieutenant de police Franciné N’Ganno n’en revient pas : non seulement il a morflé deux balles dans la peau, mais il a surtout niqué irrémédiablement son plus beau costard et la seul chose que ce fumier chaud de Greg le Dèg trouve le moyen de faire est de lui envoyer cette andouille de Mat pour le cuisiner. Même pas une petite boîte de chocolats pour le réconforter !
S’empiffrer lui aurait permis de passer le temps entre cette foutue douleur au flanc et l’autre pignouf de Didier Leçon qui ronfle comme un sonneur dans le pieu voisin.
D’après le toubib, ils ont vraiment eu beaucoup de chance.
Dans le cas de Franciné, les projectiles ont finalement juste arraché un peu de viande mais sans pénétrer d’organe. Ca ne l’empêche pas de grommeler en considérant son corps superbe plus adapté pour recevoir les savantes caresses de ses copines que des balles en plomb. Enfin puisque c’est fait, il va falloir rentabiliser ! Lui qui ne demande qu’à retirer ses fringues dès lors que les copines font pareil, il pourra ajouter à ses technique de drague un couplet héroïque pas inintéressant. Une chance qu’il n’ait pas mangé une valda dans une partie sournoise qui fait rire…
Genre le pied, pense t-il en regardant son collègue alité à coté en gloussant bêtement. Ca doit faire un mal de chien et c’est même pas valorisant à montrer à une fille, un pied. Le bras et le ventre au moins ça en jette ! Y a qu’à voir dans les films : le héros ne prend jamais de coup de feu dans un panard, ça ferait trop marrer les spectateurs. Heureusement pour ce vieux Dicon qu’il se fiche des gonzesses ! Enfin ça serait plutôt les nanas qui se fichent de lui mais au final ça revient un peu au même : Didier c’est bien le genre à flamber devant une Touffe en exhibant fièrement son pied troué ! Ca marchera probablement sur sa rombière si elle est du même calibre que lui. Quand on porte des cravates comme les siennes, on a vraiment honte de rien et ça devient presque un avantage.
N’Ganno pensait pouvoir un jour aider ce guignol à devenir présentable mais maintenant qu’il l’a vu oser enfiler sa cravate en cuir rouge sur sa veste de pyjama d’hôpital, il sait que c’est une cause perdue. Resterait bien les godasses pour arranger l’ensemble mais vu l’état de ses panards au Didier, il n’est pas prêt de remettre des pompes neuves avant longtemps. Ou alors les boites d’emballage. A la limite piquer ses « tongs » au Yéti. Mais pour de l’Italienne cousue main, faut oublier !
L’envie d’uriner ramène le jeune noir sur terre. Il massacre une fois de plus le bouton d’appel en maudissant l’infirmière de garde puis repense aux évènements qui l’ont conduit ici. Malgré les quelques éléments que Mat la Bat leur a communiqué durant le débriefing improvisé, il ne comprend pas bien ce qui leur est arrivé. Ils viennent juste faire un gentil contrôle de routine chez un toubib véreux connu pour aider les crapules contre du pognon et les voilà qui tombent en pleine guerre totale. Franciné tord comiquement la bouche en pensant qu’il n’a pas fini d’entendre le commissaire la ramener avec ses conneries habituelles et mime silencieusement pour lui-même la trombine et le ton que son supérieur ne manquera pas de leur asséner quand ils sortiront de l’hosto :
« TOUJOURS porter son gilet, bande de navets ! C’est lourd et ça fait transpirer mais si vous êtes fatigués et puants c’est que vous êtes vivants !!! »
« TOUJOURS être sur vos gardes car ceux d’en face ne sont pas là pour vous talquer les fesses, tas de quiches ! Ou alors à la poudre !!!
« TOUJOURS une main sur le flingue et l’autre sur vos couilles, grappe de moules ! Mais faites gaffe de ne pas vous tromper quand vous dégainez !!! »
Un poète, le commissaire…
Mais pour le coup, il n’aurait pas tort de les sermonner quand on constate le résultat.
Bon… Qu’est ce qu’elle peut bien être en train de faire, cette feignasse d’infirmière ? Faut quand même pas dix plombes pour faire le trajet entre l’accueil et leur chambre ! Et pourquoi ces andouilles l’ont ils collé dans la même piaule que l’autre turbine à ronflements ? Cet emmerdeur de Didier le gêne même quand il pense avec ses bruits de bête malade. Il l’étoufferait bien avec un oreiller mais aurait du mal à faire croire aux toubibs que l’asphyxie est une résultante d’une brûlure aux arpions.
« Vous voulez qu’je vous dise, docteur : ça doit être son pansement qu’a glissé des pieds à la trombine et le pauvret s’est étouffé ! »
Ouais mais non, ça va pas le faire…
Ah ben justement, N’Ganno se retourne pour jeter un regard navré sur son collègue et l’inspecteur Leçon se lance dans une pleine envolée lyrique de grognement qu’il en vient à s’étrangler avant de rouler sur le coté pour redevenir à nouveau paisible.
Cette inespérée période de rémission permet à Franciné d’apprécier enfin le silence de la nuit avant de distinguer avec joie en provenance du couloir la reptation pataude qui annonce l’arrivée de Miss Bassin.
C’est alors qu’il entend clairement le double « plop » caractéristique d’un réducteur de son et la chute étouffée d’un corps. Un instant, il tente de se convaincre qu’il s’est fait un film, que tout va bien et qu’il peut dormir peinard. En plus dans son état, il ne se sent pas trop chaud pour aller jouer les cow-boys. Dans le doute et vu la tournure de la journée, il désactive l’interrupteur d’urgence du lit pour éviter d’attirer l’éventuel propriétaire du flingue pas suffisamment muet à son goût et se laisse tomber dans le lit, immobile.
Deux secondes se sont écoulées quand la porte de la chambre s’ouvre. Franciné ne bouge pas un muscle. La porte se referme doucement et le jeune flic n’entend plus que sa propre respiration oppressée et les ronflements de Dicon qui ont repris. Agacé par sa lâcheté, il reporte sa frustration sur la victime en blanc en se disant qu’elle se serait magnée le derrière à lui apporter le bassin, elle serait peut être encore en vie, cette feignasse !
Pendant dix secondes, il reste là, tentant de se persuader qu’il en a assez fait pour aujourd’hui. Puis il constate que l’envie d’uriner l’a quitté d’un coup, remplacée par une honte curieuse. N’Ganno est un garçon courageux qui considère son métier comme une noble mission. C’est en outre un bien piètre menteur, surtout lorsqu’il s’agit de s’abuser soi même. Conscient de faire une grave erreur, il descend en grimaçant de son lit, s’approche de Leçon et plaque sa main sur la bouche du ruminant ce qui a pour effet de déclencher un bond de trois mètres et des tortillements de lombric tronçonné chez l’homme à la cravate.
- Doucement, Didier : on a un problème…

* * * * * * *

- C’est clair pour tout le monde ? grince le commissaire principal Grégoire Marmand aux cinq hommes qui lui font face dans la petite salle triste servant aux briefing de l’anti-gang.
- Oh c’est clair, Greg. A ceci près que ton Bibi peut être n’importe où, minaude le commissaire principal Antoine Morelli, le faux-bellâtre gominé qui commande la deuxième équipe de l’OCRB et éternel meilleur ennemi de l’équipe de Marmand.
- Si j’avais eu une adresse où aller lever ces enfoirés, je n’aurai pas besoin de ta bande de bras cassés sur ce coup, Antoine. Le seul élément qui nous rattache encore à Bibi et au mystérieux homme-momie qui l’accompagne – à priori Farid « la pierrade » vu qu’on a pas retrouvé sa carcasse dans le charnier de l’entrepôt - est cette Audi rouge que la vieille voisine a vu démarrer juste après le carnage.
- C’est maigre...
Marmand va répondre un truc probablement aussi bien senti qu’inélégant mais il préfère poser ses mains à plat sur la table de réunion. Il baisse la tête, soupire longuement et les gars présents en sont presque à penser qu’il ne va pas se mettre en pétard. Lorsqu’il reprend la parole sur un ton froid et sans timbre, ils en viennent à regretter ses éclats de voix :
- Ok, mettons-nous bien d’accord : c’est vrai que c’est moi qui ai demandé votre coopération, les filles ! Pas parce que je vous aime bien – je ne peux pas vous saquer… - mais parce que deux Officiers se sont faits plomber et que jusqu’à preuve du contraire, ce sont vos putains de collègues et qu’il faut rappeler aux enculés du camp d’en face que toucher à un gars de l’OCRB c’est nous toucher tous ! Maintenant si vous avez décidé de me chier dans les bottes, je vous préviens à l’avance que ça va éclabousser grave autour.
- Calme toi, Greg. On cause là… se rebiffe Morelli en voyant les visages tendus de ses mecs.
Même Mat la Batte est gêné par l’attitude de son ami. Il ouvre la bouche sans trop savoir ce qu’il va dire mais en sachant que ce sera suffisamment idiot pour attirer la rancœur de son patron sur lui quand l’énervé lui lance un œil mauvais qui l’en dissuade et reporte ce même œil chargé à la chevrotine sur Morelli :
- Pourquoi je devrai me calmer, Antoine ? J’ai l’air énervé?
- Non et c’est bien le problème. Là, t’es juste flippant.
- Flippant où pas, un de mes gars risque de ne plus pouvoir se déplacer sans roulettes sous le fion et l’autre a morflé deux balles dans le buffet alors j’estime qu’on a assez causé. Je veux ces mecs et je les veux maintenant.
- *****, Marmand, t’abuse… se renfrogne Morelli. On a beau se tirer un peu dans les pattes, y a pas d’embrouille sur ce coup : Franciné et Didier sont aussi nos collègues et neutraliser ceux qui sont responsables de leurs misères est aussi notre priorité. Mais là c’est pas des renforts qu’il te faut, c’est un magicien !.
- David Coperfield est pas libre et Garcimore mange les pissenlits par la racine alors j’ai besoin que vous sortiez vos baguettes magiques et que vous me fassiez un putain de miracle !
- Greg, tu nous demandes de laisser de coté les affaires courantes pour vous épauler toi et ton équipe – ce qu’on fait sans hésiter - mais arrivé là, tu nous engueules - sans crier, ok - mais sans pour autant nous donner un seul élément d’enquête utilisable
- C’est vrai Antoine… avoue le Dèg’ en se passant la main sur les yeux. Je perds les pédales ! Putain, j’ai pas la plus petite piste… Seulement un tas de cadavres et des flingueurs ultra dangereux dans la nature avec des tarés Albanais au cul dont j’ignore les motivations…
- Bon ben revoyons les faits ensembles, tempère Antoine Morelli qui retrouve sa bonne humeur coutumière en constatant que son collègue ne joue pas la comédie. Ton autre type troué de la tête qu’ils ont retrouvé avec tes lieutenants, il n’a toujours pas refait surface ?
- J’ai laissé un képi à sa porte pour qu’il le surveille et nous informe dés qu’il aura repris connaissance, répond Marmand toujours occupé à masser ses globes oculaires fatigués. Quoi qu’avec le cervelet percé, il risque d’être un peu à l’ouest, le bonhomme !
- Avec les barrages dressés, on sait que Bibi n’a pas pu faire beaucoup plus de 150 bornes autour de Paris. Une bagnole sport rouge, ça se retrouve. Et encore plus facilement quand un type avec la gueule pleine de pansement est dedans. Dur à planquer en plein été et l’option passe-montagne ferait un peu gag…
La sonnerie du téléphone allège un peu la tension. Mat la Batte décroche et tend le combiné à Marmand.
- C’est l’hosto… Franciné…
Entendre parler de son gars blessé redonne des couleurs au déprimé qui se redresse et retrouve son ton cassant en tendant la main vers le combiné tendu :
- Il dort pas à cette heure celui là ? C’est bien ma veine d’être tombé sur un blackos bosseur tiens !!! Allo Franciné ? Bon, qu’est ce que tu veux ? Que je te change ton bassin ou que je supporte ton laïus sur l’exiguïté des embouts de pistolet à pipi qui n’acceptent pas ton démonte-pneu hors norme ?

Le commissaire principal de l’OCRB se tait durant dix secondes, tout à ce que son interlocuteur à priori très agité lui raconte, puis il se décompose en une seconde et lance dans le combiné d’une voix froide et mesurée :

- On t’envoie des renforts tout de suite mais ne le laisse pas partir, gamin ! Et SURTOUT, protège le troué de la tronche, c’est notre dernière piste sérieuse ! (…) Hein ? (…) Mais j’m’en cogne que Dicon puisse pas marcher : il a qu’à te couvrir à plat ventre ! Z’êtes à l’Anti-gang, tas de branleurs ! Si vous vouliez vous glander, fallait demander un poste chez ces travelos de Stups !!!

Greg le Dèg met l’appel en pause et tout en pianotant sur le combiné pour activer une seconde ligne téléphonique, il s’adresse aux hommes présents dans la pièce en :

- D’après le lieutenant N’Ganno, l’hôpital est attaqué par une espèce de géant monstrueux. Après le coup du zombi escouillé devant chez Bistouri, je me demande s’il ne nous fait pas un peu de fièvre genre Vaudou, l’africain. Mais dans le doute, on fonce ! Vous me prévenez les képis les plus proches et même si ça me fait mal aux chevilles, j’appelle aussi l’unité du Raid.
- T’as dit à Néné de s’en mêler, Greg ? demande Mat la Batte en désignant le téléphone comme si le jeune noir était à l’intérieur.
- Je lui ai dit de faire ce qu’il pouvait avec Didier, oui.
- Hell, Boss : c’est moi qu’ai leurs Guns ! A cause de l’enquête administrative obligatoire…
- Vacherie ! Faut faire fissa sinon on va avoir une deuxième brouette de macchabées sur les bras et ce coup ci, nos gars seront de la fournée.

* * * * * * *

Le commandant Pougin de Gérinand-Lacroix devrait être la quintessence de l’efficacité policière puisqu’il commande la légendaire équipe tactique du RAID, les commandos de la police nationale. En fait, c’est une nullité crasse absolue dont le seul atout est d’avoir une famille aussi puissante que présente dans la nébuleuse des ministères. Lorsqu’il reçoit l’appel du capitaine Grégoire Marmand, le fameux Greg le Deg’ de l’OCRB en personne, qui lui demande son aide, il se fend d’un grand sourire satisfait en raccrochant. Une fois n’est pas coutume - car il évite habituellement de mélanger les torchons et les serviettes – le Noble, engoncé dans sa tenue de combat toute neuve car fort peu utilisée sur le terrain, descend carrément dans l’entrepôt où sont en train de s’entraîner les « Ninjas » de son commando. La démarche étudiée, il monte sur la capot d’un véhicule tout terrain, glisse minablement, se fait méga mal au genou, sert les dents, se redresse péniblement puis écarte les bras comme le messie requérant l’attention d’une foule innombrable avant d’ouvrir la mer Rouge puis s’adresse à ses ouailles aussi surprises que gênées car finalement topées en pleine séance de glandouillite aiguë :
- Messieurs, les pathétiques pantins de l’anti-gang ont un problème ! Il semblerait qu’un suspect extrêmement dangereux fasse un massacre à l’hôpital central. Etant l’unité d’élite la plus proche du site et considérant que nous pouvons être confrontés à une prise d’otage, nous intervenons en premier. En plus de protéger les civils, nos objectifs sont de prendre la cible vivante pour les besoins de l’enquête de ces messieurs les cow-boys et de protéger les deux officiers blessés déjà hospitalisés sur place qui seraient possiblement engagés dans l’action.
- Cette histoire ne sent pas bon, mon commandant, renâcle le capitaine Christian Ricard, le second du Noble, en calottant un de ses hommes qui couine à cause « qu’il a pas le module de sauvegarde de partie et aimerait bien terminer son niveau de Rayman sur sa game-boy ».
- Je partage entièrement votre sentiment, mon petit Ricard, reprend de Gérinand en pointant un doigt superbement ganté sur son adjoint. D’autant que nous devons faire dans le chirurgical pour permettre à Greg le Dèg de mener à bien son affaire.
- Sans vous offenser, je ne peux pas les voir en peinture moi, ces enflures de l’anti-gang, mon commandant, s’énerve Ricard en écrasant dans la foulée la Game-boy perturbatrice à coup de rangers non sans oublier ensuite de motiver le commando en sanglot à monter dans le fourgon d’intervention à grands renforts de claques sur le crâne. Ils ne jouent jamais franc-jeu et nous risquons de nous heurter à forte partie par leur faute. Ce serait bien dans leurs méthodes de nous envoyer au casse-pipe soit disant contre un seul homme rien que pour nous voir nous vautrer quand on s’apercevra qu’il y a une armée !
- Moi non plus je ne les aime pas, mon petit Ricard, moi non plus… Et je sais bien que Marmand et ses sous-fifres sont aussi vicieux que mécréants. C’est pour ça qu’on débarque et qu’on tire dans le tas.
- Mais… s’étonne Ricard qui est un sanguin mais pas un tordu. Et les deux officiers blessés ?
- Dieu reconnaîtra les siens, pontifie le Noble. Enfin ceux qui ne seront pas trop abîmés…

* * * * * * *

- Sans nos armes, je t’accorde que ça va pas être de la tarte à la rhubarbe, murmure le lieutenant N’Ganno en affirmant sa prise sur la béquille tout en surveillant par l’entrebâillement de la porte le Géant balafré qui entre doucement dans une nouvelle chambre. Mais faut être positif : ça reste jouable !
- Jouable ? Allons Franciné un peu de sérieux : que veux tu que nous fassions ? Nous sommes blessés et désarmés. Nous n’allons quand même pas attaquer ce montre en lui lançant des crottes de nez ! Nous sommes des miraculés, mon ami ! Et demander un second miracle dans la même journée au Seigneur, ce serait abuser, crois moi.
Et l’inspecteur Didier Leçon de prendre une pose étudiée avec épaules tombantes et nuque maigrichonne tendue sans oublier les mains serrées et pétries de ferveur.
- J’ignorai que tu étais croyant, Dicon, s’étonne le grand noir quand même méfiant.
- Je ne l’étais pas jusqu’à ce que tu me demandes de m’opposer à cette créature titanesque à mains nues, jeune homme, hoquette l’encyclopédie sur pattes.
N’Ganno n’a pas besoin d’avoir fait Science Po’ pour constater que son collègue a vraiment la trouille. Il doit bien avouer en outre qu’il n’a pas tort. C’est autant pour se convaincre lui que Leçon qu’il reprend après avoir saisi fermement son camarade par les épaules :
- Didier, ce mec a sulfaté l’infirmière de dos sans hésiter. Je ne sais pas à quoi il tire mais tu n’auras qu’à voir les trous qu’il lui a faits dans la carcasse pour te convaincre qu’il faut que nous intervenions. Et ça fait trois piaules dont il ressort en sulfatant les malades. Si on ne tente rien, il va transformer l’hôpital en abattoir et je ne pourrai pas vivre avec ça.
L’homme à la cravate rouge se fend d’un sourire gêné mais ne désarme pas :
- Je vais être honnête avec toi, Franciné : je préfère vivre avec des remords – même terribles et qui m’empêcheront de dormir jusqu’à la fin de mes jours – que bêtement mort et par conséquent définitivement endormi…
- Oui et bien on ne te demande pas ton avis ! grince l’auto-convaincu Héro. Greg le Deg’ a été clair : nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher le Géant de dézinguer le Troué de la tête !
- Il en a de bonnes, le commissaire ! Je te rappelle que la limite actuelle de mon « pouvoir » consiste à me trainer au sol comme une pathétique loque !
- Et bien traîne toi mais bouge ton cul osseux !!!
- Mais enfin mais pourquoi a-t’il fallu que tu appelles le commissaire, pauvre innocent ?! gémit le Cravaté. Il était évident que Marmand nous enverrait au front vu qu’il est totalement siphonné !
- Qu’il soit cinglé ou pas importe peu : on va sortir de cette piaule et aller appréhender ce psychopathe qui se ballade peinard en shootant le personnel hospitalier et les patients sinon j’explique à Greg que la pathologie du Troué s’attrape vu que tu as aussi paumé tes burnes pendant que tes panards rôtissaient. Il appréciera !
- Franciné N’Ganno, tu n’es que de la graine de Vichyste ! s’insurge le maigrichon rôti avant de tenter une nouvelle approche. Allons réfléchis un peu: il y a une sentinelle en faction devant la porte du troué, bon sang. Et elle est armée. Elle va donc parfaitement gérer le Géant, fin de l’histoire !
- Je suis certain que le planton n’est pas à son poste sinon le géant l’aurait déjà refroidi et ne chercherait plus la piaule du Troué, c’est évident. Assez parlé, faut qu’on arrête ce malade.
- C’est ça ! Je lui lance du pipi à la figure et tu prends sa tension jusqu’à ce que mort s’en suive ! craque totalement Dicon, oubliant toute son habituelle retenue. Mais *****, Franciné !!! Tu as vu la taille des flingues qu’il se trimballe !? Je pensais même pas que ça existait, des machins pareils !
- C’est pas la taille qui importe, Didier ! Et tu devrais être content qu’un black comme moi avec une vraie biroute le confirme à un cul blanc comme toi équipé d’un matos décoratif.
- Ah ça c’est vraiment d’une finesse… Faut toujours que ça finisse au niveau du slip avec toi de toute façon !
- Ben non justement ! Pour une fois je vais écourter la discussion habituelle sur le zizi et on va aller fumer le salopard aux deux canons ! Comme quoi tu vois, tout arrive !
- Et si je t’accorde pour une fois que les noirs ont des plus grosses quéquettes que les blancs… tente avec un sourire niais le pauvre Leçon.
- Me gonfle pas avec des évidences, Didier. On a assez perdu de temps maintenant. On sort, on cherche le Képi et on le prévient du problème. Il est armé, lui. Après, on avisera. J’ouvre la porte et on fonce.
- On fonce qu’il dit l’autre… Et Je fais comment moi avec mes pauvres pieds plus gonflés que des après-ski ? Je prends un cours accéléré pour avancer sur les mains, pauvre pomme ?
- Monte dans le fauteuil, je vais te pousser !
- La dernière fois que tu as conduis, je sais où ça nous a mené… assène le rancunier.
- Ben mets pas ta ceinture cette fois !
- Oh qu’il est drôle !!! Infirmière ! Pitié le bassin, mon collègue est un marrant !

* * * * * * *

Tout va de travers !
Ca a commencé avec cet abruti de flic sorti de nulle part qui fait du gringue aux hôtesses d’accueil au lieu de surveiller la chambre de Dragan et qui sort son calibre, obligeant Rachko à le dégommer, lui et les nanas. Puis ça a continué avec le personnel qui grouille dans les couloirs pire que des cafards. Dire qu’il paraît qu’ils sont en sous-effectifs dans les hôpitaux Français ! Ils devaient faire du préemptif sur son passage le jour où ils ont fait cette annonce.
N’empêche que sans la sentinelle pour repérer la chambre du blessé, il va falloir être méthodique. Ca commence à devenir pénible d’ouvrir les portes les unes après les autres pour s’assurer du contenu et c’est dommage pour les insomniaques qui ramassent leur petit « plop » définitif s’ils ont le malheur de jouer les curieux en dévisageant leur visiteur.
La dernière patiente qu’il vient de « soigner » l’a vraiment contrarié.
Quelle vieille carne à brailler comme une sauvage pour avoir ses cachets ! Mauvaise avec ça ! Et exigeante, la momie ! A dégoûter les pauvres infirmières du métier, ça c’est certain ! Enfin… Vu les pilules qu’elle a ramassé, elle ne devrait plus creuser le trou de la fameuse sécurité sociale si chère aux Français, la flétrie !

Engageant un nouveau chargeur, le balafré grimace un peu, contrarié par tous ces imprévus, tirant sur la culasse d’un de ses monstrueux Desert Eagle pour engager un nouveau projectile. Il a beau toujours prévoir large, Rachko se dit qu’à se régime là, il va être à cours de munitions. Il va devoir improviser et se rabattre sur son poignard de combat. Ca risque d’être légèrement plus bruyant et carrément beaucoup plus salissant…

* * * * * * *

- Je te gare là, Didier. Juste le temps de récupérer le pétard de cette andouille, annonce Franciné en se dirigeant vers le policier trépassé qui gît face contre terre à coté d’un joli duo d’infirmières très mortes elles aussi.
- C’est ça ! Laisse-moi au milieu du couloir comme une pauvre cloche ! Franciné, je m’appelle Leçon avec un « C cédille », je te signale, pas Seguin avec une chèvre alors si tu veux que je serve d’appât au grand méchant loup, tu pourrais au moins avoir la décence de me demander mon avis.
- Tire-toi, Didier ! le coupe N’Ganno en constatant que le balafré vient de faire demi-tour et se dirige calmement dans leur direction en levant son arme sur eux.

* * * * * * *

La première balle du tueur fait éclater le vase garni de fleurs de l’accueil à quelques centimètres de la tête du jeune noir. Abasourdi d’être encore vivant, il prend quand même toute la flotte en pleine figure avec quelques éclats d’émail en bonus. Aveuglé, il se laisse tomber derrière le comptoir, évitant de justesse la seconde praline qui arrache un énorme morceau de boiserie à l’endroit exact qu’il vient d’abandonner.
« Mais il tire avec quoi, ce taré de Géant ? Un canon de marine ??? » se lamente Franciné en passant sa manche sur ses paupières avant de se mettre à plat ventre pour progresser prudemment sur les coudes vers le couloir afin de venir en aide à son collègue toujours totalement à découvert.
De son coté, Didier Leçon n’a pas attendu pour faire pivoter le fauteuil en sens inverse. Il active ses bras malingres en hurlant comme un damné et donne tout ce qu’il a comme énergie pour faire avancer son étrange moyen de locomotion le plus loin possible du sulfateur défiguré. Contre toute attente - et malgré les doutes du Prost à roulettes - un second miracle à lieu : l’assassin le met en joue à seulement quelques mètres de distance et lorsqu’il fait feu, le projectile bien inspiré vient frapper l’arrière métallique du fauteuil au lieu de sa nuque, le projetant en avant et à toute vitesse dans la cage d’escalier.

* * * * * * *

Le commandant de Guérinand est en progression rapide en tête de la moitié du commando, le second groupe d’assaut coupant l’accès à l’escalier sud de l’hôpital, lorsqu’il reçoit en pleine figure un type hurlant et son fauteuil.
- TIREZ PAS ! J’SUIS D’LA MAISON !!! braille un Dicon qui n’a plus un poil de sec en agitant les bras face aux hommes du RAID éberlués. Le fou furieux est dans le couloir !!! Faites attention à mon collègue qui s’est retranché derrière l’accueil par contre.
- Ok on monte ! annonce le capitaine Ricard à son groupe.
- Et le Commandant ? demande un Ninja en désignant le fringuant de Guérinand allongé à terre les bras en croix et le pif de traviole.
- *****… Fauteuil 1, Commandant 0 ! Il est Ko ! Bob, tu restes en couverture sur l’escalier avec le patron et l’acrobate à roulettes.
Deux nouveaux coups de feu éclatent et les Ninjas se précipitent, excités par l’action toute proche.

* * * * * * *

« Le héros imprévu et le Ben Hur du pauvre, admettons, mais là ça se complique beaucoup trop ! », pense Rachko en voyant débouler les hommes en noir. D’un geste sec et précis, il désengage les réducteurs de son qui nuisent singulièrement à la précision de ses obusiers puis recule jusqu’au bout du couloir non sans vider ses deux chargeurs sur les gars du RAID qui s’abritent comme ils peuvent. Plaqué à la paroi, il recharge calmement les automatiques, constate que se sont ses dernières munitions, puis se dirige sans se presser vers une fenêtre latérale où il a repéré une corniche de soutènement. Pendant qui se laisse glisser souplement à l’extérieur, les commandos sécurisent l’endroit à leur inimitable manière, c’est à dire en défouraillant dans les murs et les plafonds comme des malades.

* * * * * * *

- Mais arrêtez de canarder comme des débiles !!! hurle Franciné N’Ganno. Vous voyez bien qu’il est en train de se sauver.
- Unité 2, lance le capitaine Ricard. Il vient vers vous.
- Négatif, unité 1. Nous sommes à l’appoint du couloir sud et il n’y aucune trace de la cible.
- Foncez ! Il est probablement dans les chambres attenantes. Annoncez à vos gars que nous avons une possible situation de prise d’otage.
- Mais oui… souffle le jeune lieutenant de l’anti-gang soudain très fatigué en se laissant tomber pesamment au sol. Le Monstre est allé s’enfermer dans une chambre avec une poulette en attendant que la cavalerie vienne lui passer les menottes... Ce mec est un pro, Ricard ! Il s’est déjà tiré par l’extérieur et tu perds ton temps.
- Dis donc l’Africain, je ne te trouve pas très reconnaissant pour un type dont on vient de sauver les fesses, fussent elles charbonneuses. Ca me ferait presque regretter qu’une balle perdue ne soit pas venue fermer ta grande gueule si tu veux tout savoir.
- Y en a une qu’à pas été perdue pour tout le monde, mon pote, répond Franciné en désignant de la tête un membre du RAID vautré dans une mare de sang comme une poupée cassée.
- Oh non... Un homme à terre, hurle le rouquin dans son micro en se précipitant vers l’officier immobile.
Retournant le commando, Ricard constate que la poitrine de son équipier est percée de deux petits trous fatals malgré le gilet pare-balles. Il n’ose pas imaginer les dégâts en sortie d’impact… Le crépitement de l’oreillette lui remet les pieds sur terre.
- Unité 2 à Unité 1. Avons sécurisé les chambres, mon capitaine. C’est un véritable carnage là dedans !!! Nous pensons que la cible a quitté le bâtiment par une fenêtre de l’étage et nous engageons la poursuite. Les unités de police en patrouille autour du périmètre d’intervention ont été alertées.
- Attention !!! A toutes les unités en protection autours de l’hôpital, c’est le capitaine Ricard du RAID qui vous parle : le suspect est un gigantesque salopard balafré qui utilise des balles au téflon « tueur de flic » ! En conséquence, j’assume l’ordre qui suit et vous demande de l’appliquer à la lettre : tirez pour tuer et ne faites pas de sommation !
- Unité 2, bien reçu, capitaine. On l’aura, Ricard, fais nous confiance !
- Quel fiasco, balance Ricard en s’effondrant plus qu’il ne s’assoit à coté de N’Ganno tandis que policiers et toubibs investissent les lieux. Le commandant blessé, un homme abattu et le suspect en fuite. On est des vraies burnes.
- Je dirais pas le contraire, acquiesce Franciné tristement en tapotant l’épaule du rouquin qui fait glisser son casque. Mais le Balafré n’est pas encore tiré d’affaire et surtout le suspect à la tête trouée est probablement encore vivant. C’est tout ce qui comptait.
- Si tu le dis… murmure Ricard en contemplant le commando abattu que les brancardiers charrient dans un grand sac noir comme un tas de viande maintenant qu’ils ont constaté le décès.
- Et puis vous nous avez sauvé la peau à mon collègue et à moi, renchérit le jeune noir en tapant à nouveau amicalement sur l’épaule du rouquin.
- Ca y est, je déprime…

* * * * * * *

Pour un flic en tenue, il n’y a pas grand chose de plus pénible que les missions de soutien. Même si ça casse la routine pesante du commissariat, ça ne sert finalement qu’aux équipes de cow-boys pour se la péter. Le quatuor de képis - tassé dans la 305 pour profiter à fond de la climatisation plus que pour surveiller la petite allée sombre qui jouxte l’hôpital - est à ce titre représentatif de l’état d’esprit de la majorité des occupants des postes de police français quant il s’agit d’épauler les prétentieux en civil. Aussi quand le jeune agent tout juste promu – le seul à être excité comme une puce depuis le début de la mission - braque le projecteur portatif vers l’obscurité, il ne déclenche pas vraiment l’intérêt escompté chez ses collègues vétérans en s’écriant :
- Chef, il y a un truc qui bouge là bas !!!
- Ah mais *****… grogne l’adjudant en jetant un œil fatigué au type qui approche lentement vers eux. Laisse tomber, petit, les suspects s’éloignent des gyrophares, ils ne s’en approchent pas.
C’est vrai que Rachko Piavic qui avance vers le véhicule de patrouille avec une nonchalance appliquée n’a pas tellement le comportement type du fugitif traqué. C’est quand il arrive à une vingtaine de mètres et pointe ses Desert Eagle sur le véhicule de police que le jeune stagiaire se remet à hurler :
- PUTAIN LES GARS, C’EST LUI !!! C’EST LE TUEUR A LA BALAFRE !!!
La suite est assez confuse.
Une chose est sure : la première balle du Géant fracasse la vitre remontée pour cause de fraîcheur, traverse le projecteur portatif et fait exploser la tête du jeune flic qui se trouvait bêtement derrière. Pendant que l’adjudant assis à coté du gosse gémit en constatant qu’il est couvert de morceaux de cervelle et de débris divers, les deux policiers assis à l’arrière descendent de la voiture aussi prestement qu’ils le peuvent par la porte opposée au tireur et se mettent à l’abri.
Piavic avance toujours.
Des deux mains, il tire trois fois sur le gros adjudant hébété qui tressaute sous chaque impact pour finalement glisser doucement de son siège, le torse et le ventre en bouillie. Les deux policiers survivants se relèvent courageusement dans un bel ensemble en position de tir et font feu. Le fou balafré ne ralentit même pas sa progression et continue à marcher calmement sur eux, ses armes levées. Il est à moins de dix mètres mais ce visage défiguré, cette effrayante carrure et cette nonchalance étudiée de monstre invincible font qu’ils perdent leur sang froid et ratent leur cible contre toutes attentes.
Pas Rachko.
Les terrifiants Desert Eagle aboient une fois chacun et crachent leur métal mortel droit dans les fronts des policiers qui décollent du sol pour retomber deux mètres plus loin dans un écœurant bruit de viande morte.
Le Géant passe la voiture de patrouille, enjambe ses dernières victimes en prenant soin de ne pas marcher dans les flaques poisseuses pourpres qui s’agrandissent sur le trottoir, déboule enfin sur l’avenue principale et traverse le bitume en petites foulées détendues avant de se perdre dans le parc tranquille qui jouxte l’hôpital.
Par deux fois en tentant de sortir du parc, il manque croiser un nouveau véhicule de police qui se dirige vers son dernier carnage toutes sirènes hurlantes. Lorsqu’il est assuré de ne plus croiser un flic égaré, il enjambe prestement le muret du parc, traverse la route et s’engouffre dans son véhicule qu’il avait judicieusement garé à distance de l’objectif et sort le portable de la boite à gants.
- J’ai échoué, Monsieur, annonce calmement l’assassin. Et il y a eu de nombreuses victimes collatérales parmi les civils et les forces de l’Ordre.
- Tu es blessé ?
- Non, Monsieur.
- Fort bien. Laisse Dragan crever à l’hôpital, Rachko. J’ai eu confirmation qu’il avait été touché à la tête et qu’il était toujours dans un profond coma. Le risque qu’il éclaire les policiers français devient négligeable et il devient par conséquent une cible secondaire. Quand à Régeant, je viens d’apprendre qu’elle avait réactivé son réseau. Il est donc inutile d’aller la chercher, elle viendra à nous.
- Pourquoi réagirait-elle maintenant ? Pourquoi après cinq ans, monsieur ? Elle pourrait continuer à se cacher.
- Pourquoi ? Mais simplement parce qu’elle n’a plus peur…

* * * * * * *

Prochain épisode : retour vers le futur
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Dam7s
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par Dam7s » mar. 4 janv. 2011, 15:03

Couché trop tard pas pu lire désolé.... Pourtant j'ai imprimé ces 5 chapitres et ils sont posés sur mon chevet ;) .

:lol: :lol: :lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par Mily » mar. 4 janv. 2011, 17:35

C'est de mieux en mieux à chaque chapitre... Et c'est pas peu dire !
Vraiment génial ! Vivement la suite !!!
Merci Dou²
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lyzzye
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par lyzzye » mar. 4 janv. 2011, 22:18

On est de plus en plus dans l'histoire, me tarde de voir ce qui va arriver à Bibi!!!
Trés imagé on s'y croirait, quel talent Dou²!!!!
Bon ben j'attends le 6 eme chapitre :)
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par Dou2 » mer. 5 janv. 2011, 10:40

Merci beaucoup, les filles ! :)

Episode 6 en approche !
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par Bru » mer. 5 janv. 2011, 10:43

Dou2 a écrit :Episode 6 en approche !
Comment ça "en approche", y a longtemps qu'il devrait être posté.... ;) :mrgreen:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par Dou2 » mer. 5 janv. 2011, 11:38

Rhaaaa mais heu !!! :oops:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par Bru » mer. 5 janv. 2011, 11:44

Bon et le 7, il est ou ?????

Et la suiteeeeeeeeeee

:lol: :lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par Dam7s » mer. 5 janv. 2011, 12:17

Y en a qui n'ont pas de travail pour avoir autant de temps disponible ou quoi :lol: ?
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 5

Message par zwell » jeu. 13 janv. 2011, 17:01

ces travelos des Stups !!!

Après le coup du zombi escouillé devant chez Bistouri >> c'etait devant chez le pianiste j'crois

Nous n’allons quand même pas attaquer ce monstre en lui lançant des crottes de nez !


j'aime bien les condés dans ce chapitre
:p
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