RécréationViande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Ici on parle de tout et de rien, excepté de la cigarette électronique !
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Dou2
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Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Dou2 » mar. 4 janv. 2011, 10:31

Chapitre 4: la police est invitée

Le commissaire principale Grégoire Marmand est un enfoiré.
Il n’aime pas les enfants, exècre les animaux, conspue les vieux, gerbe sur les étrangers et détesterait probablement aussi les femmes si ces dernières n’avaient pas déjà collégialement fait le premier pas depuis sa prime enfance à commencer par sa propre maman.
Sec comme un coup de trique mais tout en nerf, il dépasse péniblement le mètre soixante-dix et la première chose qui frappe dans son visage émacié aux cheveux fins et rares coupés courts, c’est ses deux yeux d’un gris métallique aussi inhabituel que perturbant tant ils sont habités d’une fièvre rageuse qu’on perçoit comme très difficilement contenue.
Plus pingre qu’un écossais juif, il habite une piaule pas plus grande qu’une cellule de condamné à mort qu’il loue dans un hôtel miteux, roule en transport en commun si le service ne lui prête pas une bagnole avec un réservoir dûment remplis et porte des costumes en velours qui n’étaient déjà plus à la mode lorsque John Travolta avait la fièvre.
Pour faire simple, le commissaire principale Grégoire Marmand est un radin moche qui hait tout ce qui n’est pas lui et ça tombe bien car c’est réciproque.

Fort de toutes ces indiscutables qualités, il est du coup le meilleur élément du très « respecté » OCRB, l’Organisme Central de répression du Banditisme – ex-brigade anti-gang - et son équipe en est le fer de lance incontestable.

N’ayant que son travail comme unique but dans la vie, le commissaire principal Grégoire marmand a focalisé depuis toujours son énergie et son intelligence – curieusement brillante – sur un objectif unique : mettre le maximum de crapules derrière les verrous puisque – comme il se plaît à le répéter en toutes circonstances à qui est encore assez sot pour encore l’écouter - « la tondeuse à nuques à malheureusement été abolie dans ce pays de couilles-molles ! ».
A la lumière de ces multiples pathologies, on ne sait pas bien qui - de ses collègues policiers ou des innombrables crapules qu’il a envoyé derrière les barreaux - a le premier affublé Grégoire Marmand de l’amicale surnom de Greg le Deg’, rapport à ses méthodes pas toujours très légales, bien que redoutablement efficaces.

En première ligne pour savourer pleinement la justesse du sobriquet, les heureux veinards qui composent son équipe d’élite sont des phénomènes sociaux positivement fascinants qui feraient passer le Yéti et le monstre du Loch Ness pour des vérités historiques.

Le premier s’appelle Franciné N’Ganno.
C’est un jeune « Black » jovial et positif en toutes circonstances dont la fraîcheur enjoué parvient à énerver son terne supérieur encore plus durablement que la couleur de sa peau. Sa haute taille et sa trompeuse minceur couplées à un sourire éblouissant d’assurance en font un tombeur incontestable. Plus coureur qu’un lapin de garenne shooté au Viagra, Franciné aime la fringue de marque et les « caisses qui en jettent à donf’ ». Il est aussi étrangement l’unique élément de la brigade à avoir choisi son affectation lorsqu’il est sorti premier de sa promotion, ce qui le rend hautement suspect aux yeux du reste de la brigade et constitue la preuve ultime pour Marmand qu’on peut être brillant tout en étant gravement déficient du bulbe.

Le second « winner » est l’inspecteur Matthieu Taylor, « Mat la batte » pour les intimes et les malchanceux qui ont ramassés sur la courge l’ustensile sportif dont ce taré raffole.
Fils d’un acteur américain de seconde zone qui a abandonné sa maman coiffeuse et en cloques jusqu’aux yeux à la fin du tournage d’un minable film d’horreur dans le Cantal dans le milieu des années soixante, c’est une armoire normande au front bas qui ne jure que par les Etats-Unis et ponctue toutes ses interventions d’anglicismes débiles systématiquement inappropriés alors qu’il maîtrise tout juste le français.

Le dernier extraterrestre composant l’improbable groupe répond au très compliqué à porter patronyme de Didier Leçon. Les approximatifs talents de frappe sur un clavier d’une administration peu sensible au « C cédille » font de l’inspecteur Leçon un paranoïaque de l’orthographe rigoureuse, traumatisé qu’il est par des années de vexation nominale très mal vécues. Vouté, chétif, miro, le cheveux filasse et gras, le tain terne et l’œil vitreux, Didier est plus frileux qu’un cul de babouin et il porte en conséquence toute l’année un gilet marron piteux et une cravate « ficelle » en cuir rouge qui déclenchent chez Franciné N’Ganno des poilâdes hystériques à la limite de l’infarctus. Il est en outre le seul membre de l’équipe à être marié, bien qu’aucun de ses collègues n’ait jamais encore eu le courage de se demander avec quoi. Véritable encyclopédie des malfrats et de leur monde, il a hérité du surnom « Dicon », contraction habile entre son prénom et son nom censée rappeler un dictionnaire, la cédille en moins, bien sûr.
- Mes cocos, ça c’est signé Bibi, affirme le commissaire Marmand d’un vigoureux coup de poing sur le bureau, ce qui a pour double résultat de faire sursauter Mat qui hibernait dans son coin et de renverser le gobelet de chocolat de l’inspecteur Leçon, souillant du même coup l’ensemble des feuilles de rapport qu’il avait mis deux heures à taper.
Tandis que l’infortuné Didier tire avec calme trois kleenex de la boite qui occupe invariablement son bureau pour cause de nez qui goutte même par canicule aggravée, Greg pose son regard de givré en alternance sur les occupants du bureau, guettant un commentaire. Avachi et visiblement peu intéressé, Franciné affiche son habituel sourire agaçant et Marmand envisage de lui balancer une méchanceté aussi gratuite que raciste quand le silence est rompu.
- Qu’est ce qui te rend aussi affirmatif, Boss ? demande Taylor le Réveillé, seul membre de l’équipe à pouvoir tutoyer son patron sans ramasser un avertissement en forme de beigne dans le museau grâce à plus de dix ans de binôme gagnant.
- Le flingue utilisé, Matt. Aujourd’hui plus personne n’utilise ce genre de bazooka. Coté pétard, l’aire est au 38 et au 9mm - voire même au 22 - mais sûrement pas à l’obusier! Surtout que toutes les petites frappes actuelles négligent le pistolet et le revolver de toute façon. Ils sont équipés d’armes d’assaut avec des doubles chargeurs pour pouvoir sulfater comme des postillonneurs bègues sans apprendre à viser. Moi je vous l’dis : çà, c’est du Bibi !!!
- Et c‘est qui ce Bibi, demande Franciné, toujours souriant. Entre le nom burlesque et le flingue antique, il ne doit pas engendrer la morosité.
- Raoul Bicarosse dit « Bibi », commence Didier Leçon sans cesser d’éponger le chocolat, parfaitement dans son élément dés lors qu’il s’agit de dérouler un profil. Né il y a…
- Version « light », steuplé Dicon, coupe Mat la batte qui connaît bien le maigrichon et ses envolées lyriques.
- Bon… Pour faire simple, Bicarosse est un trentenaire dur à cuir spécialisé dans l’action violente et le pétard canonesque. Il n’est pas difficile à tracer vu qu’il utilise exclusivement un magnum 44 à canon long.
- Canon long, zézette courte : c’est donc un blanc ! glisse Franciné en souriant à la cantonade sans rien obtenir d’autre que des regards au mieux fatigués. Habitué aux facéties péniennes foireuses de son collègue, Leçon laisse passer les trois secondes réglementaires qui confirment au comique qu’il a bien fait un four et il reprend :
- Bibi totalise une quinzaine d’années de carrière au compteur et n’a pourtant encore jamais été arrêté malgré un dossier à charge trois fois plus haut que la tour Eiffel. On le croyait au vert suite au massacre du gang de monsieur Bertrand où il officiait comme première gâchette il y a quelques mois.
- Il a des copains connus, ce phénomène ? demande Franciné sans se départir de son sourire mais avec maintenant une réelle lueur d’intérêt au fond de ses yeux noirs.
- Aucun, répond Dicon. Il travaille toujours seul et change régulièrement d’employeurs au gré des contrats. C’est d’ailleurs un des rares dans la profession à pouvoir se permettre ce genre de petites infidélités pour le moins fantaisistes, termine l’intellectuel du groupe en balançant d’un coup de poignet décidé les Kleenex souillés vers la poubelle qu’il rate d’un bon mètre.
- Donc patron, demande Franciné, dubitatif, si j’en crois ce que raconte Didier, vous seriez en train de nous dire que votre Bibi aurait refroidi à lui tout seul une demi-douzaine de commandos armés de scorpions avec un soufflant à six coups ?
- C’est précisément ce que je dis, oui, confirme Marmand d’un battement de cils.
- C’est l’inspecteur Harry, votre type !
- Pire… C’est Rambo mais sans le réflexe patriotique à deux dollars ni la bouche en biais ou l’œil torve, précise Leçon avec emphase.
- Ah oui tiens, à quoi il ressemble ce Bibi ? s’amuse Franciné.
- A ça, sourit en retour Didier Leçon en poussant comme par magie une photo patinée où on peut voir un grand brun baraqué à l’air timide visiblement gêné par l’objectif.
- Ben dis donc, il ne paie pourtant pas de mine, la terreur. Son costard est franchement tarte et il a du se couper les cheveux lui même avec un sécateur pendant une éclipse. Il a même l’air gentil. Limite un peu niais. On dirait un représentant de commerce spécialisé dans la vente à domicile d’aspirateurs à mémères, s’esclaffe le Black.
- Ne t’y trompes surtout pas… prévient très sérieusement Leçon en tortillant sa cravate « ficelle », preuve chez lui d’une grande contrariété. Sous son air stupide et sa vue basse, Raoul Bicarosse est une vraie terreur. Dans le Mitan, il est considéré comme une Torpille de premier choix. Et pour ce qui à trait aux nettoyages, il en connaît un rayon, ne donnant que dans le définitif !
- Didier a raison, Franciné, insiste le commissaire Marmand, les bras croisés et la bouche pincée : te fie surtout pas à l’emballage ou le colis de pétera à la poire ! Le Bibi a fait deux séjours dans la Légion quand il était encore un gamin après une histoire pas clean avec un gang turc. Les amoureux du boudin l’ont formé à toutes les techniques de trépassage possibles avant de le renvoyer en ville plus chargé de médailles qu’un maréchal soviétique ! Ca fait des années qu’on croise ce type sans pouvoir le ferrer. Il a peut être l’air con mais il n’en a pas la chanson. Le coup dans la gorge et des mecs flingués aussi proprement, je le redis : c’est du Bibi.
- Si j’en crois l’rapport, intervient Matt, il a quand même été salement « shooté » le Bibi. D’après les gus du labo, il a laissé une sacrée mare de raisiné derrière lui. Il doit plus être tellement « aware » à l’heure ou j’vous cause.
- C’est pour ça que je vous ai réunis, les gars, reprend Greg, toujours craintif quand Taylor annonce qu’il a lu un autre truc que Pifou puis se lance dans des phrases de plus de trois mots. Une fois le Bibi pogné, on s’occupera des tondus qu’il a effacé parce qu’alors eux, c’est franchement la famille du Soldat Inconnu. On va faire le tour des rafistoleurs connus et pas regardants. Mat et moi on s’occupe d’André Capelle dit « bistouri ».
- Dans ce cas, je suppose que Franciné et moi allons rendre une visite de courtoisie à Maxime Reginski dit « le pianiste », rétorque doctement Didier Leçon.
- T’as tout compris, l’intello ! Prenez en de la graine, les accros à la caféine : le chocolat c’est bon pour les méninges !!! sermonne pompeusement Greg le Deg’.
- Ouais mais c’est moyens sur les rapports d’enquête, glousse N’Ganno en secouant les feuilles encore chocolatées sous le regard fatigué de Didier Leçon qui achève méthodiquement de chiffonner son innocente cravate rouge martyrisée.

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Micheline a du pas mal batailler pour contourner les protections du PC bridé mis à sa disposition mais elle s’estime récompensée de ses efforts : une grande partie de ses contacts est toujours active et elle est heureuse de constater que – la surprise initiale passée – ses interlocuteurs répondent présents. Bosser avec « la Fouine » a toujours été la garantie d’une paie conséquente pour des risques maîtrisés. La Légende à nouveau vivante ne voit pas pourquoi elle contredirait cette vérité au moment où elle en a vraiment besoin. Elle règlera ses dettes si elle survit. L’urgence du moment est de trouver une planque digne de ce nom pour les deux blessés le temps de se retourner. Sans ce répit obligatoire, impossible pour la proie de se transformer en chasseur.
La grosse est toute excitée et elle tape sur le clavier avec fébrilité.
Elle n’a plus peur.
Enfin, plus pour elle.
Une vague de tendresse curieusement déplacée l’étreint tandis qu’elle pense à la grande carcasse esquintée de Raoul.
Ce type est vraiment un phénomène !
Elle se marre intérieurement sur toutes les misères qu’elle lui a fait subir durant toutes ses années avec pour seul retour une gentillesse et une patience toujours plus grande. Ses recherches terminées, elle paie le gérant du Cyber café trop heureux de la voir enfin plier bagage, sort de la boutique et se dirige vers sa voiture. Elle est en train de se tasser dans la mini avec application quand le portable la ramène sur terre.
- Oui, Bibi ?
Pas dur de deviner, il est le seul à connaître son numéro.
- Ils arrivent, balance le Tueur d’un ton neutre avant d’ajouter simplement comme s’il égrainait une liste de courses : Le Doc vient de partir et après discussion avec Farid, on préfère les attendre ici que de prendre le risque de les croiser à découvert.
- Combien de temps ? demande Micheline de la même voix neutre malgré le frisson qui l’agite comme un gros tas de flanc sans qu’elle puisse le réprimer.
- Ben… Plus une question de minutes que d’heures visiblement.
- J’ai trouvé une planque sure, grand. En vous dépêchant, vous pouvez éviter la bagarre et m’y retrouver, j’en suis certaine.
- Naaaan, trop risqué je te dis. On risque de les amener droit sur toi et je te rappelle que si on s’est pas planté sur l’identité de ces fumiers, c’est exactement ce qu’ils veulent.
- Bibi, ni toi ni cet idiot de Farid n’êtes en état de vous battre, enfin !
- Ah ben permets-moi de te dire que si ! On vient juste de se foutre sur la tronche l’arabe et moi il pourra te confirmer qu’on pète la forme. ‘Fin dés qu’il sera sorti du cirage dans lequel ma dernière droite l’a balancé…
- Mais c’est pas vrai ! Non mais vous êtes vraiment intenables tous les deux ! Franchement Bibi, tu trouves que c’est le moment de vous battre tous les deux ?
- Ah mais heu c’est lui qui…
- Arrête deux minutes de faire le singe, espèce d’imbécile ! Et pour ce qui est de la planque…
- Ne me dis rien, ma Puce. Si on s’en tire, je te rappellerai et on se démerdera pour te rejoindre. Vu les méthodes de ces types, je préfère ne rien savoir car j’aurai trop peur de parler s’ils me collent la main dessus vivant.
- C’est 35 quai de Briare à Montargis dans le Loiret.
- Putain mais t’es conne où quoi, Micheline ! s’emporte le Tueur au Magnum. Qu’est ce que je viens de te dire là ?!
- Maintenant que tu sais, je pars là bas. Vu qu’ils m’y trouveront, tu n’as plus d’autre choix que de tous les tuer et de t’en sortir vivant, grand couillon.
- C’est pas prudent, ma puce. Je ne suis pas un Super-héros, tu sais ?
- Quelle déception ! Moi qui espérais te voir en costume sexy avec ton slip par-dessus ton collant une fois que tu aurais fait un régime.
- Si je m’en sors, tu me verras même en tutu si ça te fait plaisir, beauté.
- Bibi…
- Oui, ma puce.
- Fais leur mal !
- T’inquiète, poussin ! Je suis peut être pas le meilleur mec dont tu pouvais rêver mais avec un feu en pogne, je suis champion alors fais moi confiance, y vont saigner !

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Lorsqu’il gare le monospace devant le pavillon de Max « le pianiste », Dragan Tchernan est vraiment en colère. Sans déconner, non mais quel pays d’***[censure auto terme diffamatoire]*** !!! Il avait demandé un véhicule capable de transporter l’ensemble du commando et on lui refile cette poubelle parce qu’elle a une capacité de sept sièges mais sans réfléchir qu’une fois tout le monde installé, il n’y a plus de place pour le matériel. Au moindre contrôle de routine, les flics les trouvaient avec les flingues et les gilets pare-balles sur les genoux !
En donnant le feu vert à ses gars, Dragan se dit qu’il va tailler la tronche de l’empaffé qui s’est occupé de la location de cette guimbarde avec grand plaisir. En silence et malgré le manque de place flagrant, les commandos enfilent leur protection en Kevlar puis vérifient leurs émetteurs-récepteurs personnels et le bon chargement en munition de leurs pistolets-mitrailleurs.
L’endroit est calme et discret.
C’est parfait pour mener à bien la mission.
Le vieux bonhomme qu’ils viennent de quitter beuglait comme un âne quand ils l’ont rendu un peu plus compréhensif en lui coupant la main à la scie à métaux. Dans un immeuble aussi fréquenté, ça faisait un peu désordre et ils ont même du dérouiller une espèce de cow-boy qui avait décidé de jouer les héros en aidant le vioque.
Ici, on va pouvoir prendre son temps et c’est tant mieux car Dragan a toujours aimé faire mal aux gens.
Surtout aux filles.
C’est d’ailleurs le seul moyen pour lui de les satisfaire ensuite mais faut avouer qu’elles sont souvent moins réceptives aux séances de tripotage une fois qu’il a terminé de les travailler au rasoir.
Là c’est con qu’il n’ait pas eu une nana sous la main après avoir torturé le vieux. Il était en condition pour satisfaire une éventuelle fille sans avoir à lui faire mal avant. Il espère que ce fameux Max à qui ils vont rendre visite sera aussi peu coopératif que le précédent. Et qu’il aura une gonzesse. Même une vieille fera l’affaire. Rien que d’y penser, ça le fait bander.
Avant de descendre du monospace, Dragan croit bon de rappeler à ses gars à qui ils ont à faire :
- Écoutez-moi bien, les débiles : il est très possible que les cibles soient ici. Si c’est le cas, je vous rappelle que ces enculés ont dégommés l’intégralité de l’équipe Alpha envoyée à l’entrepôt. Ce ne sont pas des civils avec la peur au ventre mais des combattants entraînés qui rendront coup pour coup alors ne faites pas l’erreur de les sous-estimer. Pour les plus cons d’entre-vous, ça veut dire que si on peut, on prend vivant puis on torture pour faire causer. Si ça n’est pas possible, on bute !

Le silence qui envahit l’habitacle est la meilleure illustration que le message est passé. Pour achever de motiver son équipe, le chef du commando croit bon d’ajouter :

- Juste à titre d’information, le Monsieur m’a signifié que si nous merdions sur ce coup, c’est Rachko qui terminerait le boulot… avant de s’occuper de nous ensuite.

Cette fois ci, c’est le bruit distinctif de six glottes peinant à faire passer une salive devenu trop épaisse qui assure Dragan que le second message a parfaitement été intégré. Satisfait, il n’ajoute rien de plus et donne le signal du début de l’opération en descendant simplement du véhicule. Comme dans un western spaghetti, les sept soldats font face à la paisible maison de banlieue et ils arment leurs scorpions pratiquement en même temps. Dragan lève la main, les doigts en « V » et fait signe à quatre de ses gars qui se séparent en deux binômes. Ils avancent lentement, un groupe de chaque coté de la baraque. Lui reste légèrement en retrait en bas du perron tandis que Gabor – un gigantesque colosse de 130 kilos – et son jeune taré de frère toujours défoncé au PCP font face à la porte, attendant son signal pour la défoncer.
Cette façon d’opérer lui rappelle la Croatie et ce simple souvenir des opérations menées dans les villages de paysans lui fout un peu plus la gaule. Il demande dans le micro miniature qui relie chaque élément du commando aux autres :
- Statut ?
- Groupe « un » en place.
- Groupe « deux » en place.
- Go !
Dragan s’agenouille, le pistolet mitrailleur braqué en couverture sur la porte d’entrée que l’énorme Gabor s’apprête à enfoncer avec le bélier portatif.

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- Deux sur la latérale droite, souffle Farid.
- Idem à gauche, répond Bibi.
- Donc ça en fait trois devant la façade à mon décompte personnel… balance l’arabe solennel.
- Je suis certain que t’es une grosse buse en math ! J’aurai dû recompter !
- Clair que ça m’aurait drôlement rassuré vu ta tronche de vainqueur !
- Farid… Y a pas que ça qui m’angoisse… Le coup de se mettre dans la baignoire est pas mal, je l’avoue. Nous protéger le crâne avec le matelas pour éviter les retombés, c’est aussi très habile. En fait, si cette foutue baignoire était un peu plus large et si tu avais les os du cul un peu moins saillants, je serais même plutôt satisfait. Mais je pense quand même – sans vouloir te froisser - que tu as eu la main franchement lourde avec l’explosif !
- T’avais qu’à le faire toi même si t’es pas content ! Moi je dis toujours « le C4 c’est comme la semoule dans le couscous, y en a jamais trop ! ».
- Ouais ben si on se retrouve propulsés sur la Lune dans une baignoire à cause de ton dosage de malade, faudra pas s’étonner. En plus, j’ai peur que Max soit pas méga-jouasse si on lui refait la déco intérieure « façon Farid »…
- M’en branle de ce qu’il pense, Max ! Il avait qu’à rester s’il voulait critiquer. Et pis tu veux que j’te dise un truc ?
- Non ! tente Bibi sans grand espoir.
- …et ben, continue le Tunisien qui n’aime pas décevoir, si je suis capable d’entendre les remontrances du toubib, ça voudra dire que je m’en suis sorti !
- Rhhhhoooo comment tu causes bien quand tu veux dis donc, la Pierrade !!! Remontrances ! Carrément !!! Si tu continues, tu vas me balancer des péripatéticiennes au lieu de tes sempiternelles « putain » !
- Hein ? Putain mais qu’est ce que tu dégoises, Bibi ?
- Nan rien, laisse tomber et rabats le matelas sur ta tête, le trio de devant s’apprête à ouvrir la porte d’entrée !
- Ca m’touche que tu penses à ma p’tite santé, sans dec !
- Oh mais faut absolument protéger le monument de paradoxe que tu caches sous ces tifs bouclés et huileux, la pièce est unique !!!

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- Didier, tu le sais ça que tu es vraiment trop une croix sans déconner ? grommelle Franciné N’Ganno à son collègue tassé dans le siège passager et penché sur la carte routière.

Le jeune noir décolle les fesses au maximum du siège baquet et tourne la tête dans tous les sens, espérant apercevoir un badaud qui pourrait les renseigner mais la rue reste désespérément vide.

- Mon jeune ami, rétorque calmement le lieutenant Leçon, tu n’avais qu’à prendre un véhicule de fonction classique avec un GPS certifié par notre service de maintenance comme étant en état de marche et nous n’en serions pas là. Mais non, pensez-vous ! Il fallait prendre la béhèmdoublevé parce que Môssieur N’Ganno ne roule pas en 307 vu que selon les critères de Môssieur N’Ganno, la 307 ça n’est pas assez classe, ma bonne dame !
- Avoue que ça en jette à mort, s’extasie le jeune noir en se rasseyant pour caresser amoureusement le volant en cuir. Sérieux, t’as vu l’aspirateur à gonzesses ? Tiens toute à l’heure, t’as vu comment elle nous matait, les touffes ? Je te dis, Didier, les décapotables allemandes, c’est trooop la classe !
- Oui et bien nous avons plus qu’intérêt à ramener cette voiture entière, mon petit bonhomme. Sinon tu vas entendre parler du pays par Greg le deg’ à « emprunter » comme ça sans autorisation préalable de ta hiérarchie un véhicule d’enquête confisqué par les Stups.
- Attends c’est bon, Didier, Oh ! Je vais pas l’abîmer, ta bagnole ! Je referai même le plein tiens ! Ni vu, ni connu, Greg n’ verra que du feu !
- Redémarre et prends donc plutôt la prochaine à gauche, jeune frimeur, je crois que nous sommes enfin rendu.
- Ouais bravo, c’est la bonne rue ! applaudit Franciné après avoir feint de décrypter péniblement le nom sur le panneau.
- Mais enfin veux-tu bien garder les mains sur le volant, tu vas nous faire avoir un malheur !
- Rholala quel flippeur, c’est bon, je maitrise ! Bon j’me gare où ?
- Dans la mesure où il s’agit d’un simple contrôle de routine et que le coin a l’air paisible, gare donc le véhicule là bas derrière le monospace, tu seras gentil. Le domicile de monsieur Reginski se trouve juste en face et j’ai des nouvelles chaussures qui me compriment très douloureusement les pieds. Autant que possible, j’aimerai éviter de trop marcher pour ne pas attraper une ampoule, ça fait un mal de chien.

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Lorsque le bélier frappe la porte piégée, c’est toute l’entrée qui se désintègre en étoile sur plus de deux mètres de diamètre.
Malgré sa masse, le colossal Gabor est soufflé comme un fétu de paille et tout ce qu’il reste de lui – en l’occurrence un morceau de tronc démembré de la taille d’un sac de sport - part s’écraser comme un immonde boulet de viande sur Dragan qui est prudemment resté en retrait. Moins volumineux, le jeune frère de l’ex-colosse est pour sa part littéralement atomisé en une multitude de paquets informes qui sont projetés dans tous les sens.
Comme l’avait prévu Farid, l’explosion se diffuse en droite ligne et le souffle désagrège le minuscule portail du pavillon avant de cueillir par en dessous la BMW des flics juste quand Franciné se gare avec application. La voiture est soulevée du sol et retombe lourdement sur le toit au milieu de la rue.
Au même instant, la déflagration traverse simultanément le couloir qui relie l’avant de la maison à l’accès jardin et fait exploser la seconde charge de C4 fixée sur la porte arrière derrière laquelle le second groupe des assaillants était positionné. Les esquilles de bois transforment les commandos en une bouillie sanglante et le peu qui subsiste des deux hommes s’effondre dans pelouse dévastée avec un bruit mou.

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- T’as rien ?, demande Farid à Bibi qui le regarde, l’air complètement hébété.
- J’entends plus rien, se met à brailler le tueur au magnum en pointant le canon de son flingue vers ses oreilles.
- Ah ben nous v’là bien tiens ! Déjà que t’étais con comme une valise, te v’là sourdingue !!!
Le Tunisien fait signe à son compagnon de se taire et esquisse un coup d’œil en dehors de la baignoire en fonte après avoir poussé le matelas jonché de gravats qui les recouvre toujours.
« Ohlala… Y va pas être jouasse le Max quand il va retrouver sa bicoque… C’est un poil Beyrouth là, faut bien l’avouer », pense le Tunisien.
Farid va faire glisser le matelas pour sortir de sa cachette quand il entend des pas crisser sur le verre qui jonche le couloir dévasté. Il dégoupille les deux grenades défensives qu’il s’était réservé pour l’occase et commence à compter.

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Le lieutenant Franciné N’Ganno se relève péniblement. Sa manie de ne pas mettre de ceinture de sécurité lui a incontestablement sauvé la vie car il a été éjecté du véhicule sous la violence de la détonation qui a totalement enfoncé son coté.
Par contre son costume est foutu !
Il s’approche de la décapotable retournée et se penche, s’attendant au pire.
- Didier ? T’es là dedans, vieux ?
- Mais bien entendu que je suis là dedans ! Où veux-tu donc que je sois enfin ? Je n’allais pas me téléporter comme dans Star Trek avec des airbags qui m’explosent au visage, voyons ! Ah je la retiens ta conduite « de Pro » ! Sors moi de là maintenant, cette satanée ceinture est bloquée et ça commence à sentir un peu trop l’essence à mon goût !
Effectivement le carburant commence à se répandre à gros bouillon et des flammèches inquiétantes crépitent un peu partout. Le jeune flic va pour se baisser un peu plus pour aider son collègue lorsqu’il avise devant la maison défoncée une espèce de créature pleine de sang et de morceaux de bidoche qui se lève comme dans un film d’horreur.
La vision de cauchemar tient un scorpion automatique dans la main droite et se tourne vers eux, les yeux fous.
- Dieu tout puissant… C’est quoi se truc… Un zombi ? lâche le jeune noir en dégainant son arme à son tour.

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Les yeux rivés sur les cuillères éjectées, Bibi prie pour que ce taré de Farid connaisse le délai de fission d’une grenade et il commence à trouver le temps sacrément long. Lorsque les deux petites boules de mort partent enfin en direction du couloir, le timing est parfait puisque les deux survivants du commando qui étaient passés par la fenêtre de la chambre viennent juste d’arriver au niveau de la porte de la salle de bain.
La double explosion les met en pièces plus sûrement qu’un broyeur à viande et leurs morceaux immondes projetés sur les murs déjà criblés d’éclats achèvent de donner à la maison la dernière petite touche indubitablement moderne et originale.
Farid sourit de toutes ses dents manquantes et lève son pouce en direction de Bibi en faisant basculer le matelas. Les deux hommes braquent leurs armes en direction de la porte et sortent de la baignoire en se couvrant mutuellement puis se dirigent prudemment vers l’arrière de la maison.
- Normalement, le compte y est ! ricane le Tunisien.
- Pas mieux, tente subtilement Raoul sans attendre vraiment de retour.
Dans le jardin, c’est vraiment Verdun ! Enjambant les deux macchabées zigouillés au début de l’assaut, l’improbable duo progresse souplement vers la haie qui marque le fond de ce qui fut il y a encore une poignée de minutes la gentille propriété de Maxime Regisnky dit « le Pianiste ». Les deux compères espèrent que le bolide que le toubib a eu la gentillesse de laisser à leur disposition dans la rue attenante au cas où ils échapperaient au traquenard n’a pas trop souffert et que les occupants du monospace n’avaient pas de renforts planqués en retrait.

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A l’école de Police, Franciné N’Ganno était le meilleur élève de la promotion. Intelligent, intuitif et travailleur, il avait malgré tout eu de grosses difficultés à se faire accepter du fait de son origine Ivoirienne. Et probablement aussi à cause d’une sale habitude à discuter systématiquement certaines procédures du manuel qu’il trouvait « inadaptées ».
Le fait qu’il se mette à tirer sur le zombi qui lève le scorpion avant même de balancer les sommations d’usage et de s’identifier prouve qu’il n’a rien perdu de son passif d’emmerdeur.
La créature de cauchemar morfle les deux balles en plein cœur comme à l’entraînement et tombe à la renverse.
- Police ! Les mains en l’air et le cul par terre ! jette joyeusement le jeune inspecteur en soufflant dans son canon fumant comme dans les films.
Des flammes commencent à lécher le châssis de la voiture et le Black se penche à nouveau vers son collègue toujours coincé.
- Excuse, copain ! J’ai dû rectifier une erreur de casting.
- Arrête tes bêtises et sors-moi de là bordel, Néné !!! !!! hurle Leçon en pleine panique. Je sens la chaleur qui monte, je vais griller comme un rat, là .
- Ca va aller, Didier, tente de le rassurer N’Ganno en écartant les sangles de la ceinture pour faire glisser le prisonnier hors de l’habitacle.
Le feu se fait menaçant et le jeune noir redouble d’efforts en pestant tandis que son collègue commence à hurler.

************************

Dragan ne bande plus.
Avec le trou sanglant qu’il a entre les jambes, il comprend que ça ne risque plus d’arriver avant un bout de temps et que tous les coups de rasoirs qu’il pourra infliger à une gonzesse n’y changeront plus rien. A moins que ça repousse, ce dont il doute un poil malgré son état de conscience encore très approximatif.
La grosse esquille de bois profondément plantée dans son lobe temporale ne l’aide pas vraiment à retrouver ses esprits, faut bien le dire.
Du coup entre l’explosion et le pieu dans sa tronche, il a beau se concentrer, il ne sait pas trop où il est ni ce qu’il était venu faire ici…
Il sait par contre que cette racaille de négro lui a collé deux pruneaux dans le buffet. L’impact lui a fait mal mais le gilet en Kevlar a fait son office. Mais Dragan n’a pas pour habitude de se faire mitrailler sans riposter alors il se redresse lentement et pointe son arme sur le noir agenouillé à coté du coupé en feu.

************************

La rafale du scorpion déchire le silence alors que Franciné vient juste de dégager l’épaule droite de Didier et commence à l’extraire en le tirant par les poignets de toutes ses forces. Les balles frappent la carrosserie avec un bruit de casseroles et N’Ganno sent une douleur terrible irradier son épaule et son ventre.
L’impact est tel qu’il part en vrille comme une toupie pour se retrouver sur le dos à deux mètres de la voiture et de son flingue qu’il avait posé au sol pour venir en aide à Dicon.
L’inspecteur Leçon – justement – pousse des cris de bête mourante en se traînant enfin hors de la BMW, poussé par les flammes qui lui ravagent les jambes. Les yeux hagards et la bouche ouverte comme un poisson hors de l’eau, Franciné lève la tête avec difficulté et voit le zombi à nouveau debout avancer vers lui en titubant. Il n’aura pas la force de prendre son arme de cheville et le sait. Il se demande comment le mec peut bien faire pour marcher avec un morceau de bois planté dans la tronche et deux bastos dans le buffet. Il espère aussi que les balles qu’il vient de ramasser ne lui ont pas emporté les joyeuses en constatant que le zombi a du paumer les siennes en route. Malgré ses blessures, la vision d’horreur déclenche une salutaire poussée d’adrénaline et le flic recule sur les coudes hystériquement pour échapper au mort-vivant. Mais pas assez vite. Le monstre sanglant n’est plus qu’à quelques mètres de lui et relève le scorpion en souriant joyeusement. N’Ganno voit clairement le petit trou obscur du Scorpion pointé sur sa tête et il ferme les yeux bêtement lorsque la voiture décolle du sol dans une explosion assourdissante qui projette des traînées d’essence dans toutes les directions.

************************

- Tu peux pas rouler moins vite ? couine Farid le bandeletté plus blanc qu’un pot de lait.
- Attends : je suis pile à 130 et on est sur autoroute ! Avec une caisse comme celle-ci, j’ai déjà l’impression de me traîner comme un tombeau… J’ajoute que ça me gave aussi un poil de me retrouver sur la file de droite en Audi avec tous les blaireaux de la terre en Twingo qui me font manger leurs feux arrières alors exagère pas trop.
- Ah mais te fâche pas !!! C’est juste que j’ai pas confiance quand je conduis pas…
- Comment ça ? Tu m’as dit que t’avais pas le permis ?!
- Exactement. C’est même LA raison principale qu’explique le pourquoi que je conduis pas d’ailleurs…
- Oui bon ben moi, je l’ai le permis, ok ? Et je sais conduire. Parler aussi d’ailleurs ce qui n’est pas le cas de tout le monde dans cette bagnole mais j’accuse personne. Alors arrête de me gonfler.
- Ah non ! Pour la causerie, j’avoue que des fois il peut m’arriver de faire une faute d’oubli ou de maladresse dedans ma phrase…
- Si peu…
- …mais pour ce qui est de la conduite, t’as peut être ton permis, mais tu conduis comme l’autre là, le mec connu avec des lunettes noires !!!
- Jake des Blues Brothers ? tente Bibi.
- Nan, tu sais, celui qui chante « les sunlights des Tropiques », répond très sérieusement la Pierrade. Tu sais là… Gilbert Monpaquet !
- Gilbet Monpaquet… se lamente le grand tueur, les yeux au ciel. Tu ferais mieux de te taire, crois moi.
- Ok n’empêche que ça empêchera pas que tu conduis comme un gros truffon et pis voilà !
- Attends mais qu’est ce que t’y connais à la conduite, pôv blaireau ? T’es probablement dans le Guiness à la rubrique des recalés mondiaux du permis en nombre de tentatives et tu te permets encore de l’ouvrir ?
- Je vois pas le rapport avec la choucroute ! Je fais pas de ciné et pourtant je peux dire si un film est bon ! Ah ! Avoues que t’es mouché là !!!
- Complètement… esquive Bibi. Et c’est quoi un bon film pour toi ?
- Ca dépend… élude à son tour le rusé, flairant le piège. En action ou comique ?
- Disons plutôt en drame psychologique.
- Je te parlais ciné et tu me causes bouquins ! T’es lourd, Bibi, à pô écouter quand on t’cause !
- Quel nœud !!! s’ébahit le concentré du bitume.
- Facile le coup du mépris… N’empêche que pour en revenir aux bagnoles, un mec qui conduit bien c’est quand je flippe pas, s’tout !
- Tu flippes tout le temps.
- C’est parce que je monte qu’avec des ruines ! J’y peux rien si j’ai pas de cul !
- Rhhhhaaaa le grave… Bon, on arrête là, tu me donnes la migraine avec tes théories à la tords-moi-le-chignon et ça va finir que je vais encore t’en mettre une et passer pour un méchant !
- Normal, T’ES un méchant !
- Gniiiiiii ! se contient miraculeusement le Fangio contrarié au magnum. Bon écoute ferme la un peu avec la conduite et explique moi donc plutôt ce qu’on va faire à Orléans alors que Micheline nous attend à Montargis.
- En fait c’est simple ! Même pour un Beugnot comme toi… Premiéro, il y a de bonnes chances que cette caisse soit cramée et que les bourres la recherchent dans très peu de temps DONC il valait mieux éviter d’aller directement rejoindre la copine sous peine d’y conduire aussi les flics. Toi y en a comprendre ?
- Je comprends que je vais voir si j’arrive à conduire d’une seule main le temps de te coller l’autre dans ta gueule si tu continues à me chercher oui…
- Deuxièmo, il y a une bande de blackos qui fait des embrouilles à mes cousins à Orléans et j’avais promis de descendre m’occuper des pénibles.
- Attends… t’es pas bien là, Farid !? On va pas aller faire les justiciers à Orléans sous prétexte que t’as des soucis de famille là bas alors que la maison Poulaga au grand complet veut nous alpaguer?!
- Meuh non ! C’est là le génie de Tonton Farid !!! Les indélicats duquel je cause tirent des caisses comme tu te grattes le cul…
- Je ne me gratte pas le cul…
- C’est une expression !
- Ben elle aussi idiote que toi et tu l’utiliseras sur des gens qui le font mais pas sur moi…
- Quoi qu’il en soit, SI Môssieur Bibi se grattait le cul aussi souvent que les mecs duquel je cause volent des voitures, il aurait pas plus de poil aux fesses qu’une Brigitte Lahaye en fin de carrière. Et avec ta tête à mater des cassettes de fion, ça doit te causer ça comme comparaison…
- Donc ton plan génial c’est de laisser le tireur de caisses embourber l’Audi pour lui lâcher les pandores sur la frite et obliger comme le Grand Seigneur que tu es tous tes cousins Orléanais à la mie de pain ?
- Ben ouais ! Ah je sais, le jour de la distribution de matos à tronche, j’ai été gâté ! bombe du torse l’emballé du crâne.
- Ah ça… Et une fois que l’autre nous a piqué la voiture, on va comment à Montargis ? En patin à roulettes ou carrément en canon puisque t’es un boulet ?
- Ah mais j’en sais rien moi ! T’as qu’à cogiter un peu aussi, c’est toujours moi d’abord !!!
- Si je « cogite », comme tu dis, je me dis que vu ta tronche aussi discrète qu’un phare Breton une nuit sans Lune, on va pas aller louer une bagnole ni faire du stop DONC on va piquer une AUTRE bagnole ! Probablement une poubelle pour éviter que tu te fasses dessus quand je conduirai… Non, je dois en convenir, c’est l’idée du siècle !!!
- De toute façon, t’es jamais content !!! se renfrogne le Tunisien. Quoi que je fasse, tu la ramènes et tu chiques la mauvaise foi alors que moi, pas chien, je te fais la conversation pour éviter que tu pionces au volant.
- D’où que t’as vu que je m’endors en conduisant, gros nuisible !?
- Ah oui pardon… Maintenant que je regarde mieux, c’est pas que t’es plus fatigué que d’habitude ! En fait, t’as les yeux qui tombent. Comme Droopy le clebs tout mou.
- Et comme Rocky Balboa, hein, charogne ?
- Ah oui tiens, aussi !
- Ouais ben j’ai pas que ses yeux à Rocky, fûmelure !!! termine Bibi en balançant une droite terrible qui envoie l’infortuné Farid au pays des passagers endormis donc sans peur mais probablement pas sans reproche.

************************

- Je m’en cogne que des manouches préparent un casse demain, Morelli !!! hurle le commissaire principal Grégoire Marmand dans l’innocent combiné non traité contre les postillonneurs haineux. J’ai deux lieutenants à l’hosto dans un sale état, un toubib véreux manchot, une pavillon transformée en ruine fumante, un inconnu cuit comme un steak avec un trou dans la tête et les burnes en vacances et tellement de morceaux de viande à recoller que je ne suis pas certain du nombre de victimes qu’il y avait donc t’as deux minutes pour ramener ton équipe de branleurs au QG ou je te dépèce à la lime à ongles !!!

Greg le Deg’ écrase la touche du téléphone avec rage puis reporte son regard fou sur l’infortuné survivant de l’équipe qui se tasse un peu plus dans son fauteuil en l’entendant reprendre sa diatribe :

- Alors comme ça Monsieur Bibi donne dans l’explosif maintenant ! grogne t’il rageusement en regardant Mat qui recule devant son regard de barge. Déjà qu’il faisait des trous gros comme des couvercles de poubelle avec son soufflant de dingue mais ça lui suffit plus ! Il fait dans la charcuterie industrielle, le roi du 44 ! Mais faut pas croire, nous aussi on est des malades. On va lui montrer ! On va lui balancer les cintrés du RAID sur le coin de la cafetière à ce fondu, ça l’occupera !

Un raclement de gorge gêné coupe le commissaire dans son élan. Aucun flic n’oserait contrarier directement Greg le dèg’ quand il dévisse à ce point du carafon mais comme c’est Mat la Batte qui s’y colle, Marmand plaque ses deux mains sur son bureau puis baisse la tête en fermant les yeux avant de souffler, à nouveau au bord de l’explosion :

- C’est quoi le problème, Mathieu ?
- Ben… C’est deux de nos gars qui sont en « Réa » là, boss ! Ca me fait mal aux cheveux de passer la main aux Ninjas franchement !
- J’ai dit qu’on mettait le RAID sur le coup, pas qu’on abandonnait, banane ! Tu les as déjà vu choper autre chose qu’un rhume, les cagoulés ? J’ai juste besoin d’eux pour calmer le jeu et se faire engueuler en cas de foirade, rien d’autre.

Devant le regard bovin de son adjoint, Marmand relève la tête avant de joindre ses doigts un a un. Content du résultat, il affiche alors un sourire matois puis balance une œillade complice à un Taylor qui n’a toujours rien pané mais dodeline quand même de la tronche avec enthousiasme comme le gentil abruti qu’il est. Comme il sait que ce nœud est capable de jouer les chiens de banquette arrière jusqu’à ce que mort s’ensuive, Greg reprend sur un ton d’instituteur vétéran :

- Avec l’équipe de Morelli en renfort que je viens présentement d’appeler en ta présence, on va jouer le jeu à l’ancienne genre « tape dans la gueule d’indics » et « Bourre-pif à putes » jusqu’à ce qu’on nous le loge, le Bibi.
- Et ensuite ?
- Ensuite on s’occupe de son cas. Mais en famille, hein ! J’voudrais pas qu’une autre division de glandus vienne nous coiffer au poteau, tu m’as compris ?
- C’est hypra mega « clear », Boss ! confirme le gland en se remettant à secouer hystériquement sa trombine, preuve ultime pour ceux qui le connaissent un peu qu’il n’a rien panné du tout.
- En attendant que le commissaire principal Morelli et ses guenilles daignent ramener leurs lattes pour nous filer un coup de paluche, fais donc un saut à l’hosto des fois que Didier et Néné seraient sortis du potage. Si c’est le cas, tu me les essores comme des serpillières, ces deux nouilles. J’t’en foutrais de se faire rétamer pendant un simple contrôle, tiens !
- Ils ont quand même salement dégusté, Boss, tempère Mat sur un ton d’excuse.
- M’en cogne ! hurle à nouveau le furieux pour soudain reporter sa colère en broyant le voyant « main libre » du téléphone pas rancunier qui s’excite dans son coin. QUOI ???… Ouais, salut Meunier ! Qu’est ce qui vous arrive aux « stups », z’avez sniffé du plâtre ?…. Comment ça ta BMW cabriolet ?… Quoi « fracassée » ?! … Et alors ? Mais j’en ai rien à foutre de ta putain de bagnole moi, gros ***[censure auto terme diffamatoire]*** !!!

* * * * * * *

Prochain épisode : un suppo et au lit !
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Mily
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Mily » mar. 4 janv. 2011, 12:14

J'suis fan, j'suis fan, j'suis fan !!!! :clap: :clap: :clap:

Pour le côté un peu moins hystérique... J'ai un ami qui est directeur littéraire dans une graaande maison d'édition. Tu m'autoriserais a lui faire parvenir un extrait (ou plus) de ce petit bijou ????

Allez, au boulot, j'en veux d'autre !
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lyzzye
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par lyzzye » mar. 4 janv. 2011, 12:57

j'adore!! c'est qu'on devient vite addicte, la suite steplaittttttt
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Dou2 » mar. 4 janv. 2011, 14:38

Rhaaa vous abusez les copines, je viens juste de poster !!! :?
Bon ça va que ça flatte agréablement ma vanité (sic)...
Allez zou, je mets en forme le chapitre 5 et je le bombarde dés que possible mais ce sera tout pour aujourd'hui, vilaines goulues que vous êtes !!! :lol:

@Mily: bien entendu que je t'autorise, Mily ! :plus1:
Je t'encourage même à le faire car pour être totalement honnête, j'aimerai beaucoup avoir un avis de "gens du milieu".
Je n'y connais strictement rien au monde littéraire.
Je ne sais pas comment on propose un texte, ni sous quelle forme, ni à qui on l'adresse.
Pas plus que je n'ai de contact ou de point d'entrée.
Toute l'aide sur le sujet est donc la bienvenue :respect:
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Dam7s
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Dam7s » mar. 4 janv. 2011, 15:02

Couché trop tard pas pu lire désolé.... Pourtant j'ai imprimé ces 4 chapitres et ils sont posés sur mon chevet ;) .

:lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Mac » mar. 4 janv. 2011, 16:36

Damsss, t'as fini oui ?? :lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Dou2 » mer. 5 janv. 2011, 10:42

Nooon ne l'encourage pas, Macc: il va recoller un avatar qui rend aveugle sinon ! :?
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Dam7s » mer. 5 janv. 2011, 10:43

Je cherche je cherche .... :lol:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Bru » mer. 5 janv. 2011, 10:49

Ben là, je l'aime bien ton avatar damsss... :lol:
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La cigarette électronique nous appartient, faisons barrage à l'Europe et ses puissants lobbys.

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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 4

Message par Dam7s » mer. 5 janv. 2011, 10:54

Reste à savoir si moi je l'aime bien :mrgreen: . Ah ah :lol: ....
------------------------------ Damien ------------------------------
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