RécréationViande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Ici on parle de tout et de rien, excepté de la cigarette électronique !
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Dou2
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Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par Dou2 » lun. 3 janv. 2011, 14:29

Chapitre 3: passoire et barbecue

Lorsqu’il ouvre prudemment une paupière tuméfiée, Bibi est immédiatement sur ses gardes. Il s’attendait à se retrouver devant un grand mec paisible avec une barbe blanche engoncé dans un drap de lit – au pire un petit mauvais avec des cornes si le barbu s’était rencardé sur son profil avant – mais certainement pas dans un pieu au matelas trop mou avec des tuyaux dans les bras et les naseaux.
Sa première pensée est « quand on est mort, on a plus mal ! ». Non pas que quiconque soit jamais revenu pour le lui confirmer mais Bibi en a l’intime conviction. Hors vu comme il souffre du dos et de la jambe – sans parler de son pauvre fessier – faut croire que l’histoire s’est miraculeusement bien terminée.
A moins que les copains du rouquin le retapent uniquement pour mieux le retuer mais ça frôlerait trop la boutade de sadique après tous les efforts déployés pour le sécher.

Un coup d’œil circulaire lui permet de constater qu’il se trouve dans une petite chambre proprette avec une vieille commode et des murs blanchis à la chaux. Un grand fauteuil calibré pour accueillir des fesses d’hippopotame trône juste à coté du lit et une télé allumée au son discret repose paisiblement sur une table basse en osier. Plus que le fauteuil, c’est le programme qui commence dans la lucarne qui lui indique mieux qu’un long discours à qui il doit d’être encore de ce monde. Quand la porte s’ouvre et que la Grosse entre juste à temps pour Derrick, il n’est donc pas surpris et se contente de croasser de son mieux un lénifiant :
- J’ai eu peur que tu rates le début. J’allais m’lever pour aller t’chercher.
- Fais ton fier, tiens ! T’as eu du bol de ne pas te faire descendre après le générique de l’épisode sinon t’aurais dû attendre les pubs avant que j’arrive, sourit Micheline en s’effondrant dans l’infortuné fauteuil sans daigner lui adresser un regard.
- Gros dégâts ?
- Rien de définitif. Ton inespérée période de feignasse t’a recouvert de suffisamment de gras pour que même les balles de ces crétins se perdent avant de trouver un organe à exploser.
- La chance du vétéran, Bébé !
- Oh y a toujours un risque, même pour toi. Sauf s’ils visent ton cerveau qui est vraiment trop minuscule et demanderait des compétences en tir d’un niveau Olympique…
- Toi ce serait plutôt le cœur. Chacun son truc !

Raoul regrette immédiatement sa riposte pourtant tout à fait dans le cadre de leurs classiques passes d’arme. Normalement, tout glisse sur la Grosse mais là, devant l’absence de réaction acide dont elle a habituellement le secret, il se rend compte qu’il l’a touchée. Et comme la dernière chose que souhaite le Tueur est de blesser sa Micheline, il rompt spontanément le silence pesant :
- Excuse-moi, j’aurais pas dû dire ça. C’était pas que gratuit, c’était con et méchant.
- Te bile pas, je survivrai, murmure la Grosse, l’œil toujours sur la téloche. Et je suis assez lucide pour avouer que c’était non seulement bien placé mais en plus parfaitement exact. J’ai été pire que la pire des saloperies avec toi, Raoul.
- Meuh non voyons, rétorque le blessé gêné qui ne se souvient pas avoir jamais entendu sa compagne s’excuser depuis qu’ils se connaissent.
Le changement est d’ailleurs bien trop radical pour le Tueur qui grimace en essayant de changer de position pour s’appuyer sur son coté gauche avant de reprendre d’un ton badin :
- Bon sinon alors c’est quoi le diagnostique précis, belle infirmière ?
- Votre chance insolente vous a une fois de plus scandaleusement préservé, très troué malade, minaude la Grosse en souriant. A la limite le plus vilain c’est ton derrière. Mais ça n’est pas vraiment un scoop…
- Trop aimable. Dis donc, autant que je me souvienne, juste avant que je ne tombe dans les pommes, il y avait un rouquin sifflant du bec et pas très commode qui tenait encore debout et envisageait de me faire des misères.
- Il ne tient plus très bien debout : l’absence de tête après un coup de Spas 12 dedans sans doute…
- Ah tu y es carrément allé avec cet obusier ?
- Fallait bien compenser : cinq ans à jouer la larve, ça se paie niveau résultat.
- Clair ! Et au fait on est où là ?
- Chez Max le pianiste.
- Hé ben… On a bien fait de faire des économies alors.
- Vu dans l’état où tu étais, je pouvais difficilement faire la fine bouche. Vu le contexte, je suis partie du principe que la maison était grillée et il a fallu improviser. Tu as beau avoir la résistance d’un buffle- en plus de son intellect - c’était vraiment moins une avec tout le sang que tu avais perdu. Comme il était encore tôt le matin, on a eu de la chance : Max était pas trop bourré ! A l’entendre, il aurait retiré toute la ferraille que tu avais dans la viande et tu devrais même t’en tirer avec des coutures à peu près correctes.
Bibi part d’un rire de crécelle avant de stopper net et de cracher, mauvais :
- T’as croisé cette salope de Farid ?
- Mieux que ça. Je l’ai ramené avec toi. Il est dans la chambre à coté, la trombine plus bandelettée qu’une momie Egyptienne et complètement bourré de cachetons.
- Mais c’est toi qu’est bourrée enfin ! s’emporte sérieusement Raoul. Tu le ramènes alors que c’est lui qui m’a tendu ce piège à la con !!!
- Oh ça j’en doute, Bibi ! rétorque Micheline sans changer de ton. Vu dans l’état ou je l’ai trouvé, je pense qu’il a été autant surpris que toi du traquenard.
- Méfie-toi : c’est un tordu ! Moi tant que j’ai pas de preuve de son innocence, il est pas blanc dans cette histoire, le Tunisien.
- Il ne l’a jamais été avant de toute façon mais quand j’ai trouvé les cinq membres de sa bande dans le fond de l’entrepôt avec chacun une balle dans la nuque, ça a suffit pour le dédouaner à mes yeux. Sans compter qu’il a lui même mangé un plomb dans la tronche.
- Ah donc il est mourant ?
- Non. Juste un peu plus moche qu’avant – j’aurai d’ailleurs crû la chose impossible… - mais d’après Max, il devrait s’en sortir.
- Y a pas de justice… Sinon c’était qui les flingueurs.
- Je comptais sur toi pour me l’apprendre vu que je suis arrivée un peu en fin de séance.
- Y parlaient pas Français, murmure le Gisant sur un ton de confidence.
- Ben on avance alors… nous voilà avec 65 millions de suspects en moins. J’hésite à ajouter les Belges à cause des Flamands…
- C’était des vrais pros, ma belle ! J’ai franchement eu une veine de cocu !
- Tu remercieras le facteur, il était de passage juste après ton départ.
- Poilant… grimace Raoul. Gags délirants mis à part, t’as quoi sur ces types ?
- Je n’ai rien trouvé sur tes mecs mais la fouille a été succincte : il a fallu que je fasse fissa car le temps de vous ramener toi et avec l’autre face de carême puis de vous tasser comme je pouvais dans la Mini, j’ai été à deux doigts de me faire épingler par les poulets qui arrivaient toutes sirènes hurlantes.
- Tu as récupéré mon flingue ?
- Oui. Même si je regrette de l’avoir fait rétrospectivement. C’est une belle connerie d’utiliser encore ce soufflant franchement…
- Rhooo ça ne va pas recommencer…
- Attends Bibi : tu devrais vraiment t’équiper d’autre chose que de cette arquebuse moyenâgeuse !!!
- Ouais bon ben c’est peut être un vieux pétard, mais c’est MON pétard… se renfrogne le Tueur.
- Tu n’es vraiment qu’un sale gosse fétichiste des fois ! grince Micheline, mi-agacée, mi-amusée. Un jour, tu paieras définitivement ton stupide attachement, grand couillon !
- Peut être mais en attendant, il m’a plus souvent sauvé que l’inverse j’te ferai dire !
- Rien à en tirer… glousse la Grosse en levant les mains en signe de reddition. Si tu continues comme ça, tu vas même finir par lui donner un nom à ton machin préhistorique, tu verras !!!
- Mais il a DEJA un nom enfin ! s’exclame le tuyauté scandalisé.
- Complètement cintré… Bon, de toutes les façons, je ne veux même pas savoir comment tu as bien pu appeler ce morceau de ferrailles !
- Dommage pasque c’est rigolo…
- Oui et bien compte tenu de ton sens de l’humour désopilant, je me permets de considérer qu’un gag par jour est suffisant alors je vais me contenter du coup de la balle dans tes fesses.
- C’est pas bien de se moquer ! Si tu savais seulement comment ça fait méga mal…
- Oui mais je ne sais pas et je te prie de souffrir en silence pour me laisser regarder la télé : je sens un effet de manque là. Demain on cuisinera l’autre steak trop cuit s’il est en état.
- Micheline…
- Qu’est ce qu’il y a encore ?
- Merci, ma puce.
- Me remercie pas, pauvre andouille. Prépare-toi plutôt psychologiquement à réparer ma voiture: j’ai été obligée de faire sauter les sièges à coups de fusil pour pouvoir monter dedans et vous tasser à l’arrière. Je me demande d’ailleurs si j’ai pas un peu forci en fait ?! minaude la Grosse en tripotant délicatement ses poignées d’amour maxi-format.
- Meuh non. Tu sais bien qu’t’es toujours la plus belle et que je t’ai…
- Dors, le coupe la Baleine gênée, l’index devant les lèvres. Les médocs te font délirer et tu m’ennuies, gros pataud.

* * * * * * *

- Ces enculés sont arrivés les flingues déjà en pogne ! Le petit Ali a quand même essayé de crocher son pétard et ils l’ont séché sans hésiter. Moi ils m’ont emmené dans le bureau et c’est ta meuf qui m’a expliqué ce qu’ils avaient fait à mes frères ! Tchoulés d’fils de putes !!!
Avec le bandage qui lui couvre la moitié de la figure, Farid « la Pierrade » ressemble un peu au « Darkman » de Sam Raimi. Ses lèvres éclatées contraignent ses deux interlocuteurs à tendre l’oreille et Bibi se fend même d’un sourire contre toute attente. Quittant la position allongée, le Tunisien à moitié débraillé s’assied en tailleur, pose ses mains sur ses genoux avec un air mauvais et fait claquer sa langue bizarrement.
- Quoi ? demande Raoul, peu aimable
- Tu trouves ça marrant s’que j’te raconte là, Bibi ? s’énerve-le Momifié tandis que Micheline regarde à son tour son compagnon, surprise.
- Nan c’est un rictus de douleur, rétorque prudemment le moqueur en essayant d’arrêter de sourire devant ce type qui ressemble à un mérou mâchouillant trois kilos de semoules quand il cause.
- Mouais… croasse Farid, l’œil toujours mauvais, avant de reprendre : En tout cas, ces salopards savaient que tu venais. Et ceux là c’était seulement l’avant-garde faite pour nous fumer mes cousins et moi. Un autre mec devait arriver ensuite avec un second groupe. Je trouvais que ça faisait beaucoup pour un seul gus – sans vouloir t’offenser ! – mais faut croire qu’ils avaient raison : cinq soldats à toi tout seul, t’es pire que la gale !
- Comment tu sais tout ça, Farid ? le coupe Raoul. Perso, j’entravais rien de ce qu’ils baragouinaient moi ces types.
- J’ai déjà fait affaire avec des mecs comme eux. J’maîtrise pas l’Albanais à fond les gamelles mais je m’défends assez pour le comprendre, se rengorge l’arabe.
En voyant le regard qu’échangent le grand Tueur et Micheline, Farid comprend que la révélation – sans les surprendre particulièrement - leur fait moyennement plaisir.
- Z’avez eu des embrouilles avec des Albanais c’est ça ?
- On peut le dire comme ça, oui ! élude Raoul en regardant à nouveau Micheline de biais avec inquiétude.
La grosse s’est raidie et elle regarde dans le vide mais elle ne s’effondre pas. Bibi sait que ça doit drôlement la remuer là dedans et qu’elle a obligatoirement retrouvé une bonne partie de son mental passé pour ne pas se mettre à hurler. Il faut continuer à parler. Ne pas lui laisser la possibilité de gamberger surtout. Alors il reporte son attention sur le Tunisien et murmure, menaçant :
- Ah sinon y a quand même un truc que je pige pas trop, Farid. Je comprends pas bien comment ces mecs se sont retrouvés spécialement aujourd’hui à m’attendre chez toi alors que ça fait plusieurs mois que j’étais au vert et que mon second prénom ça s’rait plutôt du genre « Prudence ».
- Ah ça…
- Ouais ça…
- Ben… S’t’a dire que j’avais comme qui dirait un peu entendu des rumeurs… Comme quoi des mecs te cherchaient pour un contrat juteux... Malgré l’épisode avec monsieur Bertrand où tu t’étais sauvé…
- Je ne me suis pas sauvé, j’étais pas là !
- C’est pas s’qui s’dit…
- Farid, n’insiste pas trop avec ça sinon toute momie que t’es, tu vas prendre une tape dans la gueule !
- …Ah… Bon ben alors disons qu’après l’histoire d’avant où on sait pas trop s’qui s’est passé à part que tu t’es pas sauvé, on savait plus trop où qu’t’étais ni qu’est-ce que tu d’venais exactement mais y restait ta réputation !
- Ma réputation de quoi ?
- Ben ta réputation de flingueur, tiens ! Pour ceux là qui t’embauchaient, ça restait une sacrée garantie de bon business. Du coup quand t’as accepté ma proposition, mes frangins y z’étaient vachement contents de bosser avec toi alors l’coté méditerranéen a p’têtre un peu vrillé l’truc, t’vois ?
- Non là je dois avouer que je ne vois pas bien.
- Ah tu vois pas ?
- Non.
- Ben ils en ont peut être UN PEU causé, quoi…
- Causé à qui ?
- Rhaaa mais qu’est ce que j’en sais moi, à qui ? A tout le monde qu’écoutait tiens ! C’est pas non plus tous les jours qu’on embauche une star du flingue, quoi !
- Ah d’accord… je t’avais pourtant bien dit que je souhaitais que mon embauche soit faite discrètement, non ?
- Si.
- Z’êtes vraiment une bande de quiches, les gars !
- Ouais enfin là je suis plutôt une bande de quiche toute seule maintenant, souffle tristement l’Empaqueté avant de se remettre à brailler. Bon d’accord on a merdé ! Mais j’te rappelle tout d’même quand même que c’est mes cousins qui z’ont payé l’prix fort. Surtout qu’attention hein : t’es toujours mon employé, Bibi ! Et on va se les faire ces fumiers chauds !
- On va s’les faire, on va s’les faire… T’en a d’bonnes, le comique : entre ta tronche en bandelettes et mon pruneau dans le cul, va falloir la tempérer un poil ta contre-attaque, mon pote.
- Absolument ! intervient Micheline d’un ton qui n’accepte pas la discussion. Déjà Bibi tu vas retourner t’allonger dans ton lit avant que Max n’ait une attaque en découvrant que tu te ballades dans la piaule de l’autre andouille pour faire la causette et vous allez tous les deux gentiment faire une petite sieste. Pendant que vous vous requinquez en faisant du lard, je vais m’occuper de trouver une piste. Coté lard, y en a un que ça dépaysera pas malgré les trous qu’il a dedans de toute façon…
Les deux blessés regardent la Grosse qui sourit, les poings sur ses monumentales hanches. Farid est estomaqué de constater que cette montagne de bidoche possède une voix aussi charmante. Bibi est pour sa part étonné de voir qu’elle n’est pas tétanisée ou hors d’elle comme il le craignait. Ses yeux brillent même à nouveau de cette lueur qui n’appartenait qu’à elle « avant ». Cet air de se foutre de la gueule du monde sans pouvoir le prouver et qu’il aimait tant. Il en vient à espérer que la grosse Micheline laisse enfin définitivement la place à « la Fouine » après toutes ces terribles années.
- C’est ta meuf ? demande Farid à Bibi une fois que la concernée a quitté la pièce avec l’agilité d’un poids lourd canadien.
- Ouais. Et c’est elle qui t’a ramené jusqu’ici, grogne Bibi menaçant, flairant l’embrouille.
- Vu le morceau, elle a dû plus peiner à se ramener elle même qu’à me porter moi, ricane le Tunisien pour détendre l’atmosphère.
- Farid, je sais pas trop pourquoi mais je savais bien qu’avec la tronche que tu te trimballes, t’étais du style à attirer comme un aimant les calottes dans le beignet ! sourit sadiquement Bibi en approchant du Tunisien explosé de rire et rapidement explosé tout court.

* * * * * * *

Dans le minuscule bureau que Max « le Pianiste » - le toubib véreux aussi compréhensif et vénal qu’imbibé qui a accepté de les accueillir le temps de souffler – a mis à sa disposition, Micheline réfléchit aux options qu’elle a à sa disposition et à la meilleure façon de gérer les priorités. Elle est grisée de constater qu’elle est à nouveau capable d’organiser ses pensées avec cette froideur factuelle et inspirée qui était sa principale caractéristique.
Elle récapitule sur le vieil ordinateur poussif du toubib disgracié les rares faits avérés en sa possession et arrive rapidement à la conclusion qu’il va falloir les étoffer rapidement d’informations complémentaires autrement plus pertinentes si elle souhaite pouvoir survivre assez longtemps aux emmerdements maousses qu’elle sent pointer à l’horizon. Bien qu’elle ne sache pas « qui », ni « comment » ni « où » ni « quand », elle a eu grâce à Farid la confirmation du « pourquoi ».
Derrière son physique pour le moins… épais, Micheline est une femme extrêmement intelligente. Bien que la raison de l’attaque la terrifie car elle la renvoie à son douloureux passé qu’elle s’est tant efforcée de nier, elle est capable d’accepter que le temps de la passivité est terminé. Pour elle, il n’y a pas l’ombre d’un doute : on a attaqué Bibi pour la faire sortir du bois. Puisqu’ils l’ont retrouvée, elle n’a plus d’autre choix que de les affronter. Avec deux alliés blessés et sa condition actuelle, il est évident qu’elle doit gagner du temps et le mettre à profit pour rassembler les morceaux d’un puzzle qu’elle perçoit déjà comme aussi mortel qu’inévitable.
Si ses opposants sont bien ceux auxquels elle pense, ils n’accepteront pas un nouveau fiasco comme celui d’il y a cinq ans et ils ne s’arrêteront pas avant de l’avoir définitivement neutralisée d’une façon où d’une autre. Reste maintenant à identifier clairement l’ennemi pour aller porter la peur dans son camp. Et avec tous ceux qui voulaient lui faire la peau jadis, une chance qu’elle dispose de la piste Albanaise même si avec le recul, c’est précisément cette facilité qui la rend méfiante.
Quand Micheline était encore « la Fouine », elle disposait d’un réseau d’informateurs qui lui avait souvent sauvé la vie plus sûrement qu’une arme. Était-il seulement toujours actif après toutes ces années ?
Pour s’en assurer, il va falloir qu’elle sorte.
Avec sa robe de chambre miteuse et sa chemise de nuit moulée sur elle pire qu’un string sur un derrière de brésilienne, elle risque de finir au Ballon avant d’avoir été bien loin. Max le pianiste est fort heureusement une armoire à glace à gros bide qui devrait pouvoir la dépanner en frusques le temps qu’elle se refasse une garde-robe acceptable.

* * * * * * *

Lorsqu’elle débarque dans le cybercafé dans sa salopette en treillis après avoir garé la Mini dont elle s’est péniblement extirpée sous les yeux des badauds interloqués, la grosse n’engendre pas la morosité. En poussant la porte de la boutique, Micheline maudit une fois de plus son hôte au matériel informatique antédiluvien pour lequel le Web est une abstraction de l’esprit. L’endroit ne la surprend pas : gavé d’ados tête à claques qui font un foin de tous les diables, le cyber café fait office de néo-tribu. Ici, soit tu fais partie du gang, soit tu peux en faire partie un jour, sinon vaut mieux que tu dégages ou que tu t’imposes. Coté imposition, Micheline ne craint personne !

- J’peux vous aider ? demande le gérant de derrière son comptoir sans même la regarder et sur un ton qui ne dissimule pas vraiment son profond désintéressement.
- J’aurai besoin d’un PC.
- Jeu ou surf ? ricane le crétin à la cantonade maintenant qu’il a levé le nez sur sa cliente.
- J’ai une tronche à jouer ? réponds la Grosse d’un ton neutre, coupant court aux gloussements.
- Heu… C’est que toutes les bécanes sont occupées, m’dame, répond le type qui sent parfaitement le potentiel « embrouille » de cette grosse dondon.
Devant le silence de Micheline qui ne bouge toujours pas, il explique :
- C’est que… on a une cession LAN en cours !
- Où ça ?
- Ben partout. Y a des nouvelles maps de Counter qui viennent de sortir alors c’est un peu l’rush quoi…

Comme elle sait d’expérience que les habitants des lieux vont jouer les pénibles et la charrier si elle demande gentiment qu’on lui laisse un PC à disposition, elle prend les devant en se dirige droit sur une espèce de grande saucisse taillée comme une ablette mais osant le débardeur qui semble être le chef d’un des petits groupes et s’adresse à lui.

- Cette bécane est libre.
- Ben non la Grosse piske j’suis d’ssus !
- C’est pas une question, merdeux. Cette bécane est libre sinon je m’assois sur tes genoux et je te couvre de bisous baveux devant tes copains.
- Hé oh t’es pô bien toi là ! Faut te faire soigner !
- Faut surtout la faire maigrir, crois bon d’ajouter un blondinet avec les tifs gominés juste à coté.
- Toi, on ne t’avait pas sonné mais je le fais quand même, grogne la Baleine en lui retournant une taloche sèche modèle garanti « plus pour vexer qu’esquinter » qui envoie valdinguer l’insolent sur son clavier.

La troupe du cyber est plus habitué à s’étriper sur des jeux en ligne que dans la réalité et le bruit de la gifle ajouté aux couinements scandalisés de la victime ont un effet radical sur l’environnement immédiat : Micheline se retrouve seule comme une mouffette dans une parfumerie dans la seconde qui suit.
Délaissant pragmatiquement les sièges ergonomiques peu conciliables avec son popotin, elle se rabat sur un tabouret malchanceux qu’elle recouvre de sa masse avant de s’immerger habilement dans le réseau Internet sous les regards toujours mauvais mais dorénavant prudents et distants des habitués.

* * * * * * *

Assis derrière le bureau Empire et dos à la vue splendide qu’il a sur le Trocadéro, l’Homme écoute la voix tremblante d’angoisse qui émane du boîtier de téléconférence ultra moderne. Le rapport fini, il laisse miséricordieusement passer un Ange histoire d’ajouter un cran à la trouille qu’il perçoit de l’autre coté de l’appareil. Il approche sa bouche du capteur vocal et susurre d’un ton rigoureusement neutre qui en dit long sur sa fort méchante humeur pour qui le connait:
- Je n’accepte pas tes excuses, Dragan ! Tes gars ne sont que des nuls lamentables et c’est heureux pour eux qu’il les ait tous liquidés sans quoi je les aurais tués moi même.
- Ils l’ont quand même touché avant d’y passer, Monsieur, rétorque avec fébrilité son interlocuteur invisible.
- Toucher n’est pas tuer, crétin ! explose l’Homme en frappant violemment l’inestimable sous-main ouvragé du plat de la main.
- Monsieur, tente la voix maintenant larmoyante sur une cadence frénétique, notre contact chez les policiers a eu accès au rapport préliminaire et il est évident qu’il n’a pas pu s’échapper seul après avoir perdu autant de sang. Lors du dernier contact avant l’arrivée de la seconde équipe, mes gars avaient confirmé que les arabes avaient été neutralisés. Il a donc obligatoirement bénéficié d’une aide extérieur inconnue.
- Le chef des Tunisiens que nous n’avons pas retrouvé sur le site ?
- J’avoue que concernant ce type, je ne comprends pas bien : lors du dernier rapport, mes hommes m’avaient affirmé lui avoir logé une balle dans la figure !
- Alors c’est elle !!! exulte l’homme en frappant une nouvelle fois sur l’innocent bureau. Ca ne peut être qu’elle ! Elle est sortie de sa réserve et elle a emmené les deux blessés !
L’homme se lève. Il serre les dents et aspire l’air comme s’il le gouttait avec gourmandise, provoquant un sifflement désagréable puis se remet à parler, un sourire sans joie distendant ses lèvres fines :
- Dés que j’ai eu la confirmation qu’il était dans le coup du sauvetage, j’avais fait le nécessaire pour que ce fameux Raoul Bicarosse se retrouve seul et soit traité comme un pestiféré par le Milieu français. Une fois le Tueur effacé, la Fouine était bien obligée de ramper hors de son trou...

L’Homme bascule à nouveau dans son fauteuil, et il pianote sur les accoudoirs, pensif.
- Monsieur ? tente avec anxiété la voix dans le boitier audio.
- La ferme, crétin, je réfléchis, crache l’Homme sans cesser d’agiter ses doigts sur le cuir mordoré. Crétin ?
- Oui, monsieur ? couine l’Insulté.
- Puisqu’il est blessé, même toi et ta bande de mauvais devriez être en mesure de le trouver. Remue les balances et motive les frileux. S’il est aussi sévèrement touché que tu le laisses à penser, il n’a pas pu aller bien loin dans son état, même assisté de cette Garce !
- Avec nos contacts sur le terrain, s’il était dans un hôpital ou une clinique, je le saurais déjà, Monsieur. C’est pour cette raison que nous rendons visite à toutes les personnes « discrètes » susceptibles de tenir un scalpel qui auraient pu lui porter assistance.
- Bien, bien… Voilà enfin une initiative intelligente, Dragan !
- Merci Monsieur. Par contre…
- Oui quoi ?
- Et bien ces gens restent des marginaux habitués à traiter avec des truands. Je ne vous cache pas qu’ils ne sont pas toujours très coopératifs.
- Pas coopératifs ?
L’Homme part d’un rire sec qui prend fin aussi vite qu’il a commencé.
- Dragan, tu connais l’importance de ce dossier. Je pensais que l’exemple fait avec les arabes était suffisant mais il semblerait que je me sois trompé.
- Sauf votre respect Monsieur, nous les avons tous exécutés donc je ne vois pas trop ce que nous pouvons faire de plus…
- Tous sauf un, imbécile !
- Oui, monsieur…
- Peu importe ! Il est visiblement temps de passer à la vitesse supérieure afin d’indiquer aux voyous de ce pays qu’il y a un prix à payer pour ceux qui oseront assister la Fouine. S’agissant de tes toubibs véreux, utilise leur propre matériel sur eux, ça devrait les convaincre de t’aider. Je veux que vous ayez logé le trio avant ce soir. Sinon c’est Rachko qui s’occupera de ce cas. Et du tiens ensuite…
L’homme coupe la communication sans laisser à son interlocuteur le temps de répondre. Il garde le silence un moment puis s’adresse à l’unique personne présente avec lui dans la pièce. Le spectateur debout qui est resté en retrait dans l’ombre durant toute la conversation est un colosse blond dont les traits qu’on devine jadis parfaits sont ravagés par une énorme cicatrice boursouflée qui le défigure de la racine des cheveux aux maxillaires.
- Qu’en penses-tu ? demande l’homme assis derrière le bureau.
- Je pense qu’il vaut mieux que je m’y mette dés maintenant, Monsieur, souffle le géant balafré d’une voix curieusement douce. Dragan et ses équipes de bouchers viennent de prouver une fois de plus qu’on ne pouvait pas leur faire confiance pour les affaires délicates.
- D’accord. Mais compte tenu de l’enjeu, je garde quand même Dragan sur le coup – deux précautions valent mieux qu’une… Si tu trouves la cible avant ce soir, je triple la somme habituelle.
- Gardez votre argent. Vous savez que tout ce qui touche de près ou de loin à « la Fouine » est devenu une affaire personnelle.
- Fort bien mais alors n’échoue pas… cette fois.
Le blond caresse l’horrible entaille grossièrement ravaudée qui barre sa figure et un rictus de haine vient l’enlaidir un peu plus.
- Tranquillisez-vous, Monsieur. Tous les matins depuis cinq ans, j’appelle ces retrouvailles de toute mon âme lorsque je me contemple dans un miroir. Je vais la trouver. Ensuite, je vais la tuer. D’une façon si épouvantable que ceux qui la découvriront resteront hantés par cette vision jusqu’à la fin de leurs jours.
- N’oublie pas son chevalier servant et leur invité basané.
- Je commencerai par eux. Qu’elle voit ce qui l’attend et tremble de trouille avant d’y passer.

* * * * * * *

- Et bien mon ami, c’est à se demander si vous n’avez pas crucifié le chef de l’état puis violé un chien d’aveugle, annonce Max le toubib en entrant dans la chambre de Bibi.
- Pour l’animal, c’était Farid, ricane Raoul avant de demander plus sérieusement. Ca devient chaud bouillant à ce point, Doc ?
- Pire que ça, mon cher Bibi ! se rembrunit le colossal barbu en écartant les bras. Les recherches policières sont certes intenses mais sans comparaison possible avec le déchaînement de violence d’un certain petit groupe d’excités qui semble fort pressé de vous mettre leurs viriles paluches dessus.
- Des Albanais ?
- Possible vu les accents mais non confirmé dans la mesure où il semblerait que ces messieurs soient plus disposés à poser les questions qu’à y répondre. Une chose est sûre, ils ont la méthode pour parvenir à leurs fins pour le moins… expéditive !
- J’ai eu affaire à eux. Je confirme - et ma fesse ne me contredira pas - qu’ils ne font pas dans la dentelle de salon.
- Seul bon point, amusant invité : ce sont des méthodiques ! Donc une engeance facilement prévisible. Compte tenu du fait qu’on m’a appris il y a deux minutes qu’ils viennent juste de trancher la main de André « Bistouri » Capelle, j’estime être le prochain point de chute sur leur sanglante liste.
- Ils ont coupé la main de « Bistouri » ?!
- Et pas franchement avec du matériel adapté visiblement.
- Ah oui quand même… grimace Bibi. Déjà que quand il avait deux paluches, c’était pas une foudre, voilà qui ne va pas arranger la réputation de ce pauvre Dédé.
- Faut voir… J’ai longtemps estimé qu’au vu des résultats déplorables de mon détestable confrère, il devait opérer les inconscients qui le consultaient avec ses pieds. Donc le préjudice semble négligeable, facteur esthétique et fonctionnel occultés s’entend.
- Bon sans rigoler, on a combien de temps selon toi, Doc ?
- Vous, autant que vous le souhaitez puisque que je quitte pour un temps non défini la Capitale sur l’heure et que je vous laisse l’officine en libre exploitation.
- Ce qui en clair veut dire ?
- Que je m’arrache !
- Sympa…
- Mon cher Bibi, mon amour de Peter Pan s’oriente résolument plus clairement sur la fée Clochette que le crochet du capitaine éponyme aussi m’en vais-je mettre mes mains – et le reste – à l’abri chez une tendre amie incontestablement amoureuse de mon passif d’interne en gynécologie.
- Nos flingues sont où ?
- Dans l’entrée. Avec des bonus. Et j’ai mis à ta disposition une chemise épaisse et un jean dans l’armoire. Ca va probablement bailler aux hanches mais la taille devrait faire l’affaire.
- Merci, Doc. Par contre…
- Oui, Bibi ?
- Ben… Si tu as raison concernant la logique de ces mecs, ça va chauffer sévère… T’es assuré pour ton bouclar ?
- Je suis surtout assuré de pouvoir facilement trouver un nouveau cabinet avec ce que ta compagne m’a versé comme frais de consultation.
- C’est tout Micheline ça, de dépenser honteusement la thune des autres.
- La nature dispendieuse de la femme, mon ami, souffle avec emphase le poète du scalpel. Tu n’as donc plus qu’à laisser la clef dans la boîte aux lettres au cas où il en resterait une après votre amicale explication. Ah et pour ce qui est des blessures, je t’ai recousu avec du solide. Tu devrais pouvoir donner dans tes excès coutumiers après la transfusion que tu as subie.
- Aucun risque pour que je me mette à piquer du pif pour cause de coup de mou en pleins milieu de l’action, c’est sûr ?
- Vu que tu as étrangement survécu au cocktail médicamenteux de ma composition, tu devrais plutôt avoir l’impression d’être le rejeton de Superman durant les quatre-vingt prochaines heures. Après par contre…
- Après on s’en fout, Doc : dans quatre-vingt heures, je serai soit mort, soit suffisamment peinard pour passer les trois prochaines semaines au pieu donc ça me va plutôt bien !
- Dernier point : pour ce qui est de ton ami…
- Cette andouille de la Pierrade n’est PAS mon ami !
- …je l’ai pansé avant de partir vu qu’il avait ramassé – distrait qu’il est – un nouveau gnon sur ce qui lui restait de nez. J’ajoute qu’il est de fort méchante humeur et envisage très sérieusement– je le cite – « d’éclater ta tronche salingue de pourri sournois » une fois vos visiteurs éconduis.
- Ah ? Bon ben je vais le tuer avant alors, se marre Bibi en se levant joyeusement du lit. Merci pour tout en tout cas, Doc.
- C’était un plaisir, mon cher Bibi.
Max le pianiste sort de la pièce et se retourne une dernière fois, affichant un sourire taquin entre les poils :
- Si par hasard tu trouvais le morceau égaré d’André dans les affaires des vilains, mets moi donc sa paluche dans le bac de congélation, je lui grefferai à mon retour. Il faut savoir se donner un coup de main entre collègues.

* * * * * * *

Prochain épisode : la police est invitée
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par lyzzye » lun. 3 janv. 2011, 16:24

c'est excellent!! me tarde la suite :)
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par rinarach » lun. 3 janv. 2011, 22:17

Idem. Très bon ces histoires!
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par Dou2 » mar. 4 janv. 2011, 08:57

lyzzye a écrit :c'est excellent!! me tarde la suite :)
Merci beaucoup, je m'en occupe ce matin, promis ! :)
rinarach a écrit :Idem. Très bon ces histoires!
Une seconde lectrice qui apprécie, me voilà comblé! :respect:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par Dam7s » mar. 4 janv. 2011, 09:12

Couché trop tard pas pu lire désolé.... Pourtant j'ai imprimé ces3 chapitres et ils sont posés sur mon chevet ;) .
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par Dou2 » mar. 4 janv. 2011, 09:59

Tu bégaies, Damss: il m'a semblé voir ce message déjà ailleurs... :twisted:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par Dam7s » mar. 4 janv. 2011, 10:01

Je ne bégaie pas je radote cher ami ;) . Une différence entre ces deux termes se fait clairement sentir :D .
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par Dou2 » mar. 4 janv. 2011, 10:15

"Bégaie", "radote"... Ouais bon tu as un pet au casque et pis voilà ! :twisted:
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par Dam7s » mar. 4 janv. 2011, 10:19

Oui :mrgreen: . La carafe est en berne ce matin :) .
Cela n'empêche personne d'employer les bons termes :lol: .
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 3

Message par Dou2 » mar. 4 janv. 2011, 10:33

Les bons termes c'est ceux que je choisis nanmého ! :D
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