RécréationViande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Ici on parle de tout et de rien, excepté de la cigarette électronique !
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Dou2
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Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par Dou2 » lun. 17 janv. 2011, 15:43

Chapitre 11 : Assaut final

- On arrête de jouer maintenant ! lâche Antoine Morelli méchamment, son feu pointé sur les deux femmes en grande discussion.
- Baissez cette arme, monsieur le policier. Nous ne sommes pas l’ennemi. Du moins pas encore…
- Où est l’autre malade avec ses bandages sur la figure que je lui apprenne à me caresser à coups de crosse ? grince le commissaire de Police.
- En haut. Avec mon homme. Ils font diversion pour vous sauver la vie, mon cher ami.
- Que les choses soient bien claires entre-nous, mademoiselle Régeant : tout d’abord, je ne suis pas votre ami ! E surtout, je n’ai pas besoin de deux truands psychopathes pour me protéger.
- Navrée de voir qu’une amitié qui se promettait d’être excitante ne retient pas votre attention, monsieur le policier, mais je devrais m’en remettre, taquine la Grosse. Par contre pour ce qui est des gens que nous affrontons en ce moment, permettez-moi de douter de vos aptitudes à gérer ce type de péril. Au cas où ça vous aurait échappé, c’est la guerre là haut !
A peine Micheline vient elle de dire ça que le plafond en bois de la cave est agité de tremblement. Une tonne de poussière tombe sur les occupants qui se protègent les yeux de leur mieux. Trois quintes de toux malhabilement réfrénées plus tard, Morelli reprend sa diatribe offusquée en prenant Christian Ricard qui sort enfin du potage à témoin :
- Mais je rêve ou elle me prend pour un mouflet en plus !?
- Comprenez-moi bien, monsieur le policier… tente la Grosse.
- …commissaire Morelli. Ah et puis arrêtez de me donner du monsieur, ça commence à vraiment m’agacer !
- …bien commissaire, reprend Micheline amusée. Vous avez un prénom aussi ?!
- Ouais. C’est « Commissaire » pour vous, Régeant ! On est pas à un thé dansant, ma cocotte ! Je vous signale quand même que mon collègue et moi sommes venus pour vous arrêter, vous et vos complices, alors vous seriez bien mignonne de ne pas continuer à vous payer ma fiole !!!
- Certes… Dites-vous bien cependant que les commandos qui nous attaquent n’ont pas cette priorité et qu’elles élimineront tout obstacle qui pourrait mettre en péril leur mission. Y compris deux flics s’il le faut.
- Mais qu’est ce que c’est ce foutoir?! demande Ricard le rouquin en frottant sa mâchoire douloureuse tandis qu’une nouvelle explosion secoue les murs de la cave et fait encore tomber un nuage de cochonneries supplémentaires. Ils ont un canon là haut ou quoi, Antoine ?
- Antoine… lance « la Fouine », faussement pensive. C’est joli ça Antoine.
- Oui bon alors vous, on se fout de votre avis, hein ! s’excite le commissaire de l’Anti-gang en voyant que le contrôle de la discussion lui échappe encore.
- Vous avez un diminutif aussi Commissaire ? reprend la Baleine, un sourire coquin en coin. Je ne sais pas moi… Genre Tonio ? Ou Tony, à l’américaine ?
- Ah ben bravo, Morelli ! s’insurge Ricard totalement lucide. Je te laisse deux secondes et tu es intime avec les suspects !!! Il a dû taper un peu trop fort le fondu au fusil décidément !!!
- Mais ***** non ! C’est elle là qui fait que de m’asticoter !!! couine le trahi.
- Trèves de plaisanterie, messieurs, reprend Micheline. Voilà la situation : le commando « Odalisque » des opérations spéciales de la DGSE - peut être quinze membres au total - attaque en ce moment même cette maison. Ces femmes ne doivent pas être sous-estimées et elles ne laisseront probablement pas de survivants.
- Les deux autres furieux sont restés en haut ? s’exclame Ricard, éberlué. Contre quinze commandos ?
- J’avoue que c’est un peu déséquilibré surtout que les « Odalisques » ne sont peut être pas en effectifs pleins mais elles n’avaient qu’à pas venir ici, raille Micheline.
- Elle est complètement cinoque, cette nana… s’affole Ricard.
- Ah ça… Dis moi plutôt un truc que je sais pas ! acquiesce Morelli.
- Nous avons une chance de passer inaperçus tant que Bibi et Farid résistent mais ensuite, il faudra les repousser d’ici si elle trouvent notre cachette.
- Mais je ne veux pas me cacher, moi !!! Je suis flic et je ne resterai pas dans ce terrier une minute de plus à jouer les spectateurs, s’énerve Ricard.
- Calmez-vous, capitaine ! Mettons plutôt à profit le temps qui nous est accordé à fortifier notre défense au lieu de vous lancer dans un délire héroïque complètement inapproprié.
- Délire héroïque ?! Je suis officier du RAID, mademoiselle Régeant, pas un gamin en sucre…
- Elle m’a fait le même plan ! se lamente Morelli.
- Elles arrivent ! souffle Nathalie Cotré, tétanisée.
- Alors recevons-les comme elles le méritent, répond Micheline en pointant le canon du Spas vers l’escalier d’accès pendant que les deux flics se mettent aussi en position.
Bien callée derrière sa caisse en bois, Catherine Régeant est heureuse de constater que si elle a toujours les paumes moites, le fusil ne tremble pas entre ces mains cette fois-ci.

* * * * * * *

Raoul Biscarosse est fatigué. C’est un homme d’une résistance inouïe, capable des réactions les plus surprenantes et impossibles pour rester en vie - il l’a maintes fois prouvé d’ailleurs durant les dernières quarante huit heures – mais son époustouflante énergie vient d’atteindre ses limites.
Même s’il ne l’avouera jamais, il est conscient de former avec le Tunisien un duo aussi improbable que fracassant. Cependant, il sait aussi quand tout est perdu. Et là c’est râpé. Il ne laissera pas les commandos se débarrasser de lui sans avoir à payer le prix fort mais il est assez lucide pour savoir qu’elles auront le dernier mot. Tout ce qu’il peut faire maintenant c’est tenter d’en emmener le maximum avec eux et donner une petite chance à Micheline de se sortir de ce guêpier. Aussi infime soit elle…
- Combien t’en as descendu ? murmure Farid, transformé en statue de sel avec les débris de plâtre qui le recouvrent de la tête aux pieds, l’arrachant à ses pensées morbides.
- J’en sais rien en fait. Je ne sais même pas si j’en ai séché une. Leur fichue tenue urbaine rend les identifications difficiles, répond Bibi. En plus, leurs conneries de grenades offensives me font pleurer du sang et je n’entends plus rien de l’oreille gauche.
- T’avais qu’à moins te branler quand t’étais mioche ! Pis t’as qu’à utiliser la droite, compatit le Tunisien. Moi je suis certain d’avoir sulfaté la première garce qu’est entrée avant que ses copines ne me dégomment la cuisse !
- T’es touché ?
- Ben je viens de te le dire à l’instant ! C’est vrai que t’as les étiquettes amochées dis donc…
- Mais j’ai entendu, banane ! C’était pas une vraie question…
- J’vois l’genre... Ca fait plaisir de s’entendre dire que tu t’en cognes qu’on me fasse du mal ! Chuis pas étonné vu le malin plaisir que tu prends à m’en faire toi même mais enfin quand même…
- C’est pas vrai un rancunier pareil, se pince Bibi. Ah je te dis pas le vieux couple qu’on fait en seulement trois jours ! Heureusement qu’on va y rester sinon il m’aurait demandé de lui passer la bague au doigt !!!
- Tant que c’est pas le doigt dans la bague, glousse le Tunisien blanc de plâtre.
- Putain l’excité du pauvre ! ricane à son tour Raoul. Bon… Farid… Mon cher ami… Où es-tu touché, je te prie ?
- Un peu partout, rigole de plus belle l’arabe. J’ai une bastos dans la cuisse, un truc qui m’a percé le ventre mais qui est ressorti sans que je sache ce que c’était, des éclats de grenade dans le dos et une espèce de clou dans le mollet. Mais le truc qui me fait le plus mal c’est une fichue écharde qu’est rentrée sous l’ongle de mon pouce. Faut t’y être con quand même pour venir se planter là, t’avoueras !!! Vacherie s’que ça fait douiller !!! J’en chiale !!! Et toi ?
- Je sens plus mon bras gauche mais par contre j’ai l’épaule en feu. J’ose même pas regarder tellement ça pisse le sang…
- Elles assurent vraiment, ces salopes là ! Je préférais ces blaireaux d’Albanais… Encore un assaut comme ça et on y passe, mon pote !
Que même cette fripouille se rende compte de leur situation désespérée arrache à Bibi une grimace qui serait une belle ébauche de sourire si sa blessure ne le faisait pas tant souffrir.
- Le pire c’est pas les trous dans la viande, c’est la trappe… Qu’on se fasse pas fumer pour rien, tu vois ? Et là je sais que je tiendrai pas cette position longtemps, Farid. Depuis qu’elles sont entrées dans la cuisine, elles m’arrosent pire qu’à Verdun. De là à ce qu’elles découvrent la cachette…
- Rhhhaaaa le lourd !!! Je t’avais pas dit de prendre autre chose que ton pistolet à bouchon aussi ? Surveille l’arrière à ma place, je vais te montrer comment on fait moi !
- Arrête tes âneries, avec ta guibolle en charpie, elles vont te descendre !!! Elle couvrent tout l’escalier ! Impossible de les mettre en joue, pôv trépané !
- Qui parle de les mettre en joue ? se marre « la Pierrade » et sortant deux « ananas » quadrillés de son blouson et en rampant prestement vers l’escalier en laissant sous lui une trace gluante et écarlate.
- Tu vas faire quoi là, espèce de crétin ? Gaspiller tes dernières grenades en les lançant à l’aveuglette ?
- Ca va pas non ! Je veux pas rater ces saletés !!! Je dégoupille et je descends moi même les leur apporter, p’tit mec !
- Tu vas crever comme une ***** !
- Ouais mais pas seul… crache méchamment Farid, le regard glacial.
- « La pierrade »…
- Ouais Clint ?
- Donne-moi une grenade !!!

* * * * * * *

- « Mère Poule » à « Poussins » ! Situation, « Poussins » ? demande le commandant Lydia Van Varenberg avec un calme qu’elle doit à ses troupes mais qu’elle est bien loin de ressentir.
- « Poussin Noir » à « Mère Poule » : deux blessées dont une sérieusement qui nécessite des soins intensifs urgents, « Mère Poule ». Et… Marie - enfin Poussin quatre - y est restée.
- *****… se lamente la grande brune athlétique aux cheveux courts parsemés de fils d’argent en masquant son émetteur de la paume. Tu vas me payer ça, Catherine… Je n’ai pas choisi cette mission mais tu vas me payer la mort de mes filles…
- « Mère Poule » ? s’inquiète à nouveau sa correspondante. Mon commandant…
- Oui pardon, « Poussin Noir »… s’ébroue l’officier des Odalisques. Objectifs ?
- Nous tenons l’entrée, la cuisine et nous avons neutralisé l’accès à l’étage. Nous venons de dégager une espèce de trappe qui ressemble à l’entrée d’une cave.
- Couvrez l’accès du premier. Il est impératif de neutraliser les deux cibles hautes avant de poursuivre. « Poussin rouge », en renfort immédiat pour sécuriser cette trappe.
- « Poussin Rouge » bien compris et en mouvement, « Mère Poule ».
- « Poussin Vert » intact et toujours en soutien extérieur. Les cibles ne se montrent plus et il nous est impossible de confirmer si nous les avons neutralisées ou pas.
- « Mère Poule » à « Poussin Vert » : restez en soutien et noyez moi les cibles sous votre feu !
Alors qu’elle se retourne pour faire signe à sa camarade de se relever pour foncer vers la maison, la patronne des commandos se fige en voyant l’énorme type balafré essuyer son poignard sur son binôme qu’il vient tout juste de tuer en silence sans qu’elle s’en rende compte.
Elle lève son PM par réflexe mais le coup de pied frontal fulgurant asséné par le blond le lui arrache des mains. Elle dégaine sa dague de combat et se ramasse sur elle même, cherchant l’ouverture quand l’homme monstrueux s’adresse à elle en souriant :
- « La Fouine » est à moi, « Mère Poule » ! Tu as le choix entre partir ou dire à tes poussins qu’ils vont très bientôt être orphelins…
- J’ai des ordres ! rétorque Lydia, presque en s’excusant.
- Alors on va les changer, « poulette » ! rugit le Monstre en avançant vers elle.

* * * * * * *

L’équipe qui compose « Poussin rouge » dégage l’entrée de la cave protégée par ce qui reste de la section d’assaut « Poussin Noir ». Les deux commandos connaissent leur métier. La première ouvrira la trappe brièvement et la seconde lancera les grenades offensives dans l’ouverture aussi noire que l’enfer. Une fois l’effet de souffle terminé, elles descendront s’assurer que la pièce a été correctement nettoyée des rats qui s’y cachaient.
Fussent-ils humains.
La commando assure sa prise sur l’anneau et sa camarade active la petite boule de mort.
- « Mère Poule » à « Poussins » !
La jeune femme suspend son geste, attentive.
- A tous les « Poussins », ordre de rentrer à la Basse-court, souffle leur officier principal d’une voix forte et saccadée.
Bien qu’interdites, les commandos sont si conditionnées à obéir qu’elles commencent à refluer en bon ordre sans se poser de questions existentielles.

* * * * * * *

Farid jette un œil prudent dans l’escalier et confirme le reflux des commandos à Bibi qui les suit prudemment de la fenêtre massacrée.
- Tu as raison… Je ne vois plus personne en bas. Tu crois que c’est un piège ?
- Franchement j’en doute. Y avait plus grand chose à piéger vu qu’on était cloués au sol comme des punaises et qu’elles avaient toutes les cartes en main, répond Raoul en serrant le garrot qui entoure son biceps criblé d’éclats de toutes sortes.
- Ton bras ?
- C’est plus impressionnant que vraiment méchant…
- Un peu comme toi quoi ! applaudit le Désopilant.
- Mon Dieu, aidez moi par pitié, ce glandu ne fatigue jamais, gémit le grand Tueur.
- On descend voir ?
- D’après toi, mollusque ?! bien sûr qu’on descend voir, on va pas coucher ici... Bon moi je continue à surveiller du haut des fois qu’il y ait embrouille, toi tu t’occupes de faire sortir Micheline et les autres. Ah sinon Farid…
- Ouais, keskia t’il, Clint ?
- Remets ces putains de goupilles sur les grenades, tu me fais peur là !
- Ah ben mince nan mais quel con je suis alors !!!
- Ca…
- Nan mais tu vas pas m’croire mais j’ai bien failli oublier les ananas et les remettre dans ma poche comme ça dis donc !
- Si je te crois. C’est bien ça qui me fait le plus flipper d’ailleurs…

* * * * * * *

Les commandos sont remontés en bon ordre dans les véhicules tous terrains et s’éloignent conformément aux directives de leur commandant. Une main sur son ventre blessé et toujours tenue en respect par le gigantesque tueur, Lydia Van Varenberg dégage le clips de la mentonnière et fait glisser sont casque. L’air frais sur son visage ruisselant de sueur lui fait du bien.
- Pourquoi, Piavic ? Je connais votre dossier et je sais que vous la voulez morte au moins autant que mes employeurs.
- « La Fouine » ne peut mourir que de ma main. Elle est la dernière motivation qui me permet de rester en vie aujourd’hui. Il n’était pas acceptable que tes assassins mettent un terme à une histoire qui ne les concerne en rien. Elle est ma proie.
Rachko Piavic dit « l’Ange » compresse la profonde blessure qui irradie sa hanche et le fait boiter. Cette belle garce l’a surpris et par sa faute, il n’est plus en condition d’achever sa mission.
- Vous allez me tuer ? demande « l’Odalisque ».
- Non. Tu as rempli ta part du marché et je suis fatigué. Suffisamment pour faire une entorse supplémentaire à mes habitudes car je respecte ta science du combat, « Mère Poule ». La dernière personne à m’avoir blessé était justement cette femme que je traque.
- C’est Catherine qui m’a entraînée… sourit timidement Lydia.
- Alors autant que sa technique lui survive à travers toi car elle, je ne l’épargnerais pas.
- Que va-t-il se passer maintenant ?
- En ce qui te concerne ?
- Non. Concernant Catherine.
- « La Fouine » va à nouveau disparaître et tes employeurs la laisseront en paix puisqu’elle est parvenue à garantir l’intégrité des dossiers qu’elle a en sa possession. Qu’ils existent ou pas redevient finalement secondaire… Plus tard, lorsqu’elle baissera sa garde, je la retrouverai. Et je terminerai la partie.
- Vous dîtes ça comme si c’était aussi simple…
- Ca l’est. Lorsqu’elle vous contactera – car elle vous contactera - dis à « la Fouine » que nous nous retrouverons bientôt.
Le commandant Van Varenberg regarde le géant s’éloigner avec la souplesse d’une monstrueuse panthère malgré sa blessure. Lorsqu’il s’arrête et se retourne, elle se dit qu’il vient de changer d’avis et va revenir l’achever. En fait elle distingue une lueur amusée dans ses yeux azur et il déclare :
- J’ai failli oublier, « Mère Poule »… Un de tes poussins envoyé chez le « Monsieur » a survécu. Tu la trouveras inconsciente et ligotée dans le coffre d’une BMW couleur métal à environs un demi-kilomètre au nord d’ici.
- Elle… Elle n’a rien ? s’empresse de demander avec soulagement la brune qui n’imaginait pas une minute que Piavic puisse faire des prisonniers.
- Elle a les avant-bras brisés et probablement une grosse bosse sur la tête mais elle s’en tirera. Ah et elle s’appelle Charlotte Briançon. Elle a 23 ans.
- Je connais son âge, Piavic…
- Bien sûr… Alors adieu, Mère Poule, se détourne une dernière fois le géant.
- Piavic, attendez ! Juste une dernière chose que j’aimerais vraiment savoir… Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pour quelle raison avez-vous épargné Charlotte ? C’est un risque qu’aucun professionnel de votre trempe n’aurait jamais dû prendre.
- Je sais, répond doucement le Balafré sans se retourner. Peut être est ce parce qu’au fond de ses yeux, je n’ai lu que de la peur mais pas de dégoût quand elle regardait mon visage.

* * * * * * *

Agenouillée sur le sol ravagé de la cuisine, Micheline bande le bras de Bibi avec les moyens du bord. Malgré la douleur, il se sent bien. Le regard qu’elle a posé sur lui lorsqu’elle est sortie de la cave valait tous les médicaments du monde et il sourit béatement en se laissant faire comme un gros oiseau blessé entre les petits doigts boudinés.
- Trop mortel ! explose Farid. La tête de niais qu’il se trimballe, le Clint !!!
Ramené sur terre à la vitesse d’une enclume lancée du troisième étage de la Tour Eiffel, Raoul lance au boulet un regard mauvais.
- Tu perds rien pour attendre, cochonnerie ! Attends un peu que mon bras aille mieux et je t’apprendrai à te foutre de moi !!!
- Peuh ! Pour ce que ça changera ! Justement, j’en profite à fond pendant que t’es qu’un pôv crevard vu que de toute façon tu me cloqueras une beigne sur le chignon avec ta mentalité de méchante bête !
- Navré d’interrompre le numéro de duettistes qui aurait probablement fait un tabac à Las Vegas, messieurs-dames, intervient le commissaire principal Morelli, son arme pointée sur Farid toujours armé de son fusil, mais le jeu s’arrête ici. On dépose l’artillerie, « la Pierrade ».
- D’où il sort ce calibre, le poulet ? On les avait désarmés en sortant de la cave… se renfrogne le Tunisien.
- Faut regarder plus souvent la télé, mon bonhomme ! charibote Antoine Morelli. La plupart des policiers ont toujours une arme d’appoint, généralement à la cheville.
- Trop fort… applaudit le « bonhomme » pas du tout impressionné.
- Ouais bon ça va bien… Pose ton bazooka, Farid ! On arrête les frais maintenant.
- Faudra me buter d’abord, flicard, balance Farid pas démonté pour deux sous.
- Ne faites pas l’imbécile, Belkacemi ! renforce Ricard, son arme levée à son tour.
- Tu t’appelles Belkacemi, demande Bibi sans s’occuper des flics qui les braquent.
- Tu t’attendais à quoi ? Martin ou Leblanc, abruti ? répond l’intéressé.
- Non mais je t’imaginais pas avec un nom de famille, c’est tout. Un peu comme Bourvil ou Coluche, tu vois ?! Ou Fernandel, vu ta gueule !!!
- Ben c’est Belkacemi. Ca commence par la même lettre que Bicarosse mais ça sonne moins crétin.
- Dîtes donc les comiques, s’énerve Morelli, ça va là ? On vous dérange pas trop ? On arrête le show s’il vous plaît ! Vous êtes en état d’arrestation.
- Bonjour la gratitude… se poile le Tunisien.
- Nous sommes officiers de police, Belkacemi, intervient le capitaine Ricard. Vous êtes impliqués dans un massacre qui dure depuis plus de quarante huit heures et vous allez avoir des comptes à rendre. Même si je vous concède un bon paquet de circonstances atténuantes. Alors votre laïus sur le fair-play, vous mettez votre mouchoir par dessus.
- Si on était dedans un film… commence Farid.
- Mais on est pas dans un film, la Pierrade, l’interrompt Antoine Morelli, faussement peiné. Pas plus qu’à Chicago pendant la prohibition ! Faut grandir un peu…
- T’as beau être plus sympa que ta truffe de collègue, j’irai pas en cabane… grogne Farid en se relevant et en faisant pivoter le Spas.
- Fais pas le con, ***** !!! hurle le commissaire en pointant son revolver sur la tête du Tunisien, relayé par Ricard.
Les deux policiers appuient au même instant sur les gâchettes mais un « clic » ridicule leur arrache une grimace mêlant étonnement et horreur qui fait exploser Farid de rire.
- Clic, clic, clic, singe « la Pierrade » en basculant sa tête souriante comme un balancier de métronome. Pendant qu’y a des blaireaux qui font dodo, les pas blaireaux vident leurs pétards de secours parce qu’ils regardent la télé ! Non mais attendez les condés, j’ai vraiment à ce point une tête de débile pour que vous ayez cru une micro crotte de seconde que je vous fouillerai pas des pieds à la tête pendant que vous z’étiez dans le cirage ?
- Je peux répondre… tente Bibi.
- Par contre je précise, ricane le Tunisien en désignant son canon de la tête, que mon obusier marche parfaitement, lui. Juste au cas où y aurait un héros… Vu qu’on va pas s’éterniser et que Micheline veut pas que je vous explose, vous retournez à la cave le temps qu’on se trisse, les poulets.
- Là mon gars, vous faites tous une énorme erreur, crache Ricard.
- Je lui ai dit, rétorque Farid, mais elle dit que buter un flic ça porte malheur.
- On se retrouvera, grogne Morelli au Tunisien rigolard en descendant les marches.
- Dac mais vérifie tes flingues alors, le bourre, parce qu’avec tes techniques, ta seule chance de me tuer c’est de rire !!!

* * * * * * *

Laissant derrière eux la maison ravagée de Nathalie, le quatuor s’éloigne en voiture à vive allure après que Micheline se soit brièvement entretenue avec Lydia Van Varenberg, l’officier blessé des Odalisques.
- On va faire quoi maintenant, demande Bibi.
- Une fois que vous serez rafistolés, nous nous ferons oublier quelques temps. Puis Nat et moi reprendront contact avec mes anciens employeurs pour les… rassurer et éviter que nous ne soyons victimes d’un nouveau malentendu.
- T’as de ces mots des fois, Micheline ! s’exclame le Tunisien. Et pis après ? Quand y aura plus de « malentendu » ?
- Nous aviserons… Entre les compétences de Nathalie et les vôtres, je pense qu’on peut surfer sur la réputation de « la Fouine » quelques temps en attendant que je sois à nouveau prête à assumer mon rôle de « Légende Vivante ».
- Ah tu vas faire un régime ! balance très sérieusement « la Pierrade » si bien que même Bibi ne croit pas bon de relever.
- C’est une option qui me semble effectivement séduisante, mon ami, sourit la Grosse en regardant tendrement Bibi. Je pense avoir besoin d’une remise en forme de fond.
Maintenant que la tension s’estompe, la fatigue tombe comme une chape de plomb sur les occupants du véhicule et chacun savoure ce silence reposant.
Mais pas longtemps.
- Elle te disait quoi ta grande copine la commando avant qu’on parte ? demande Farid.
- Que nous devions notre sursis à un Ange… élude Micheline.
- Un Ange ? Elle a un sacré pet au casque, la pétasse ! Tu m’aurais dit le Diable encore, je t’aurais peut être cru, glousse le Tunisien.
- Et bien non pourtant. C’était un immense Ange tout blond. Je l’ai vu pour la première fois lorsque je suis morte il y a cinq ans. Il était simplement normal qu’il revienne veiller sur moi à sa manière lors de ma renaissance…

FIN
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Dam7s
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par Dam7s » lun. 17 janv. 2011, 16:26

Voilà c'est complet je vais pouvoir me mettre à lire tout d'un coup maintenant :mrgreen: !
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par Marc » mar. 1 févr. 2011, 13:02

J'ai tout imprimé, 50 pages, ça va faire le tour de la famille et des amis.

Un grand merci Dou2 :respect:

Une maison d'édition en vue ?

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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par Dou2 » mar. 1 févr. 2011, 13:33

Donne moi les retours STP Marc (bons ET mauvais), c'est comme ça que j'améliorerai le contenu :)

Coté édition, je n'y connais rien mais avec un peu d'aide et pas mal de chance, qui sait... ;)
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par Mac » mar. 1 févr. 2011, 17:18

Bon ben voilà qui augure d'une suite qu'elle va être bonne ! :lol: Au boulot maintenant. :|

Ton commando des Odaliques me fait penser à un album d'Astérix, La Rose et le Glaive, où César ne trouve rien de mieux qu'à envoyer une centurie de gonzesses en talons pour que les bonshommes ne leur tapent pas dessus...

Bien Dou², bien. J'ai beaucoup aimé. ;)
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par MISSFIT » mar. 1 févr. 2011, 17:29

C'etais excellent,j'ai vraiment attendu chaque chapitre avec impatience dommage que ce ne soit pas plus long,bravo
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par lyzzye » mar. 1 févr. 2011, 17:46

Mince c'st déjà fini.. j'ai aussi attendu chaque chapitre impatiemment, merci Dou²
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par Dou2 » lun. 7 févr. 2011, 14:13

Merci beaucoup :)

Comme stipulé, savoir les scènes/persos/situations qui selon vous mériteraient un traitement différent m'intéresse !
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par Dam7s » lun. 11 avr. 2011, 11:35

Bon avec (Enormément) de retard je viens de finir l'ensemble de ton oeuvre, avec de sacrés bons moments à la clef ;) ;) ;) .

Deux personnages ont bien retenu mon attention, à savoir Greg "le dég" Marmand et Farid , ces deux-là m'ont fait marrer plus d'une fois vraiment, so top :!:

L'avènement de la vérité sur Micheline est très bien construit, on ne s'y attend pas, bravo :) .

Deux-trois petites réflexions aussi puisque tu le demandes également : aucun détail sur l'internement de Greg "le dég" j'ai trouvé ça bizarre (Et ça aurait été prétexte à faire un récit cocasse), et rien non plus sur l'identité et l'histoire du "Monsieur", que j'ai trouvé dommage car extrêmement énigmatique.

Sinon c'est écrit comme j'aime. Peut-être un poil trop de détails dans certaines scènes et des dialogues très longs entre Bibi et Farid dans les scènes d'action (Même si ces dialogues sont très très plaisants à lire la longueur de leurs phrases est impossible à imaginer dans de telles scènes).

Aucun reproche donc, juste des remarques, et très humblement surtout, car je ne pourrais pas faire tout ça moi-même, même si ça me plairait beaucoup :respect: .
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Re: Viande hachée et Carpaccio - Chapitre 11 (fin)

Message par Dam7s » lun. 11 avr. 2011, 21:04

Ah si !
Un dernier truc, une broutille : les 4 flics qui se gardent au froid grâce à la clim ne devraient pas être dans une 305 (Bonjour le renouvellement des véhicules administratifs :lol: ), mais plutôt une 306 ou une 307 je crois ;) .
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