Je me propose de vous indiquer clairement pourquoi votre pharmacien ne pourra plus jamais vous proposer d'e-cig. Pharmacien et nouveau vapoteur depuis quelques jours, ce forum m'a clairement aidé à faire le tour de la question, et je suis en mesure de vous indiquer ce qui est un obstacle certain à la vapote officinale !
D'abord, la nicotine : il n'est pas médical de travailler sur des posologies imprécises : concentration et posologies doivent être titrées de manière rigoureuse : voilà qui élimine tous les conditionnement multidoses (flacons). Une approche plus médicale impose de travailler en cartouches parfaitement titrées. Pour rentrer dans une telle démarche, les marchands d'e-liquides devraient proposer un dossier auprès de l'afssaps assurant de leurs bonnes pratiques de fabrication. C'est contraignant, et nécessite des process de l'industrie pharmaceutique : tout simplement irréalisable.
Le matériel de vaporisation : là encore, pour prétendre au statut de dispositif médical, les fabricants doivent présenter un dossier béton totalement incompatible avec nos joujous : un atomiseur qui chauffe, qui brule parfois les cartouches, etc, ne passerait jamais. Il devrait encore subir la materio-vigilance, qui pourrait le mettre hors-circuit à la moindre défaillance. Des appareils type lecteurs de glycémie sont soumis à cette surveillance...
Pour résumer, l'entrée dans le circuit de distribution impose du matériel parfaitement normé. C'est totalement incompatible avec le côté "bidouille" de nos appareils et le côté "tambouille" de nos e-liquides. Il y a quelques temps, le matériel epure avait tenté une perçée dans les officines, on proposant un système à cartouche (voir premier point) et en s'appuyant sur le réseau d'un fabricant de thermomètres électroniques reconnus. Cela ne suffit pas à l'Afssaps particulièrement exigeante, et c'est heureux.
Ainsi, le côté geek, bidouille, tambouille du matériel à vapoter échappe à la rigueur nécessaire à la démarche médicale. Voilà la très simple raison de sa disparition du circuit officinal. Pour autant, il est évident que c'est bien cet aspect presque folklorique qui permet de recruter de nouveaux candidats au sevrage tabagique. La pratique du vapotage permet ainsi certainement d'atteindre l'objectif de sevrage chez un certain profil de patients, vous en êtes tous ici témoin. Voilà pourquoi un bon professionnel de santé ne devrait pas écarter le vapotage de l’arsenal thérapeutique pour les patients qui pourraient être réceptifs. Je commence pour ma part à indiquer ce forum auprès des clients qui m'interpellent sur le sujet de l'e-cig, tout en fêtant ma première semaine sans cet odieux chameau qui me polluait depuis 17 ans...
Bien à vous






